CONVENTION NATIONALE, ETC
vers la liberté, et prévenir la coalition de toute l'Europe. D'après l'analogie qui règne entre la nature physique et *a nature spirituelle, dit Boost, il semble que la loi de progression géométrique de la chute des corps se retrouve dans la décadence progressive de la morale et de la religion chez un peuple. Aussi, les Français se précipitèrent avec une fureur croissante dans les plus abominables excès, une fois qu'entraînés dans leur fausse route par les préceptes des prétendus philosophes et l'exemple des grands, ils eurent abandonné Dieu et l'Église. La révolution, tombée entre les mains de la plus vile populace, méconnut tout droit, viola tout ce qui était sacré, prétendit niveler toutes les conditions en les soumettant à son joug sanglant. La liberté et l'égalité, tant promises, ne se trouvèrent plus, pour les Français, que sur les champs de bataille, l'écha- • faud et dans la tombe; et la fraternité, qui devait embrasser tous les hommes en une seule famille, ne fut plus que l'exclusive association des clubistes, unis entre eux par leur commune haine contre le reste du genre humain La Convention réunie le 21 septembre abolit la royauté. Girondins et Jacobins s'entendirent pour condamner l'innocent et trop faible Louis XVI, qui monta sur l'échafaud le 21 janvier 1793. « Je pardonne, dit-il, en mourant, » aux auteurs de ma mort, et prie Dieu que le sang qu'ils » vont répandre ne retombe pas sur la France. » Ces nobles paroles resteront comme un éclatant témoignage de la magnanime et chrétienne résignation de ce prince infortuné. La mort du roi fut le signal d'une nouvelle et plus sanglante persécution des prêtres, d'une effroyable guerre civile, de la proscription successive de tout ce qui était grand, noble ou vertueux en France. Les tribunaux révolutionnaires, répandus sur la surface de la France, faisaient d'innombrables victimes. Le Christianisme ne pouvait échapper à la ruine générale. On le déclara une pure invention humaine, hostile d'ailleurs à la liberté. Une loi de 1792 avait décrété la liberté des cultes et dans le fait le Christianisme seul n'était pas toléré. Le peuple poussait à leurs dernières conséquences pratiques les maximes de la philosophie dont on l'avait imbu. Les prêtres persécutés