‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 175 sur 332 · ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE

et mis à mort; les églises profanées, pillées, renversées, vendues ou transformées en temples de la Raison ; le vieux calendrier remplacé par les décades et les fêtes républicaines (1); le mariage déclaré un simple contrat civil ; la religion catholique abolie en vertu d'un décret du 7 novembre 1793; le culte de la déesse Raison institué; l'existence de Dieu publiquement niée ; les cimetières désolés et portant pour toute inscription : « La mort est le sommeil éternel : » tels furent les résultats rapides du mouvement révolutionnaire. Le clergé constitutionnel donna les plus déplorables exemples. Gobel, évêque constitutionnel de Paris, parut à la Convention à la tête de son clergé, et proclama qu'ils avaient jusqu'alors trompé le peuple et enseigné une religion à laquelle ils ne croyaient point euxmêmes. « Le peuple, dit-il, ne veut plus d'autre culte » public et national que celui de la liberté et de l'égalité; » je me soumets à sa volonté et dépose ma crosse et mon » anneau sur l'autel de la patrie. » En disant ces mots, Gobel et son clergé foulèrent aux pieds les insignes de leurs fonctions, et l'indigne évêque, en place de la mitre, se mit un bonnet rouge sur la tête (2). Une grande partie du clergé constitutionnel se maria : un de ses membres alla même jusqu'à fouler aux pieds le crucifix, en s'écriant : » Il ne suffit pas d'anéantir le tyran des corps, écrasons » le tyran des âmes. » Enfin, le 20 brumaire, c'est-à-dire

(1) Léo, Manuel d'hist. univ., t. V, p. 88, et surtout p. 114-17.

(2) La justice divine ne tarda pas à le visiter ; il mourut sur l'échafaud, le 13 avril 1794. Dans sa prison, il reçut encore une fois les grâces du Seigneur et fut atteint d'un repentir profond, comme le prouve la lettre suivante écrite à l'abbé Lothringer, un de ses grands vicaires : « Mon cher abbé, je suis à la veille de ma mort; je vous envoie ma confession par écrit. Dans peu de jours je vais expier, par la miséricorde de Dieu, tous mes crimes et mes scandales contre la sainte religion. J'ai toujours applaudi dans mon cœur à vos principes Je vous demande pardon, cher abbé, si je vous ai induit en erreur. Je vous prie de ne me point refuser les derniers secours de votre ministère, en vous transportant à la porte de la Conciergerie> sans vous compromettre, et, à ma sortie, de me donner l'absolution de. mes péchés, sans oublier le préambule : ab omni vinculo excornmunicationis. Adieu, mon cher abbé; priez Dieu pour mon âme, afin qu'elle trouve miséricorde devant lui. » J.-B. Gobel, évêque de Lydda. {Feiler, Dictionnaire historique, voyez art. Gobel.)

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