‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 176 sur 332 · CONVENTION NATIONALE, ETC · texte numérisé non relu

CONVENTION NATIONALE, ETC

le 10 novembre 1793, on célébra dans l'antique église de Notre-Dame de Paris la fête de la déesse Raison, représentée par une chanteuse de l'Opéra, qui fut processionnel lement portée sur un char de triomphe, escortée par les législateurs et les philosophes jusque dans la cathédrale, où on l'assit sur l'autel, au milieu des vapeurs de l'encens et du chant des hymnes patriotiques. Les adversaires les plus fanatiques du culte des saints se montrèrent les plus ardents prosélytes du culte nouveau, et vénérèrent, comme de précieuses reliques, la perruque de Rousseau, l'épée de Mirabeau, les poils de la fourrure de Voltaire. Du schisme était née l'hérésie, qui avait promptement engendré l'athéisme et le paganisme. Cependant l'irréligion n'était pas générale en France : la Bretagne, l'Anjou, le Poitou, virent se lever une véritable race de géants, combattant avec une héroïque valeur pour leur roi et la religion de leurs pères. Les Vendéens succombèrent, mais non sans profit pour leur cause (1), car ils obtinrent une paix honorable et la liberté religieuse. Mais le règne de la terreur n'en fut que plus terrible dans les autres parties de la Francs, où une amende considérable frappait quiconque donnait asile aux prêtres, dont la tête était mise à prix.

Le triomphe de la déesse Raison fut de courte durée, et Robespierre fit décréter par la Convention nationale qu'elle reconnaissait l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme. On célébra pompeusement et ridiculement la fête de l'Être suprême [8 juillet 1794], et la folie succéda au blasphème. A la chute de Robespierre [28 juillet 1794], la Convention revint peu à peu à des sentiments plus modérés et plus sages. Lecointre avait hardiment déclaré à la tribune de la Convention « qu'un peuple sans religion, sans culte, » sans Église, est un peuple sans patrie, et sans mœurs, » qui s'expose nécessairement à la servitude; que le mé- » pris de la religion avait ruiné la monarchie française, et » que tel serait le sort de tout peuple dont la législation ne » reposerait pas sur la base immuable de la morale et de » la religion. » Un décret de 1795, qui autorisa l'exercice de la religion catholique dans les églises non aliénées, fut

(l) Cf. Mazas, t. II, p. 131 et sniv. « La guerre de la Vendée. »

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