‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 177 sur 332 · ASSEMBLÉE LEGISLATIVE [1791-92], ETC · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE LEGISLATIVE [1791-92], ETC

accueilli par la partie saine de la nation comme un immense bienfait. On se reprit à respirer librement, après avoir dû comprimer, pendant les tristes jours de la terreur, les plus nobles et les plus impérieux sentiments de l'âme. « Que le Christianisme semble doux, dit Mercier, » après la morale d'un Robespierre, d'un Marat et de leurs » consorts ! Combien nous avons besoin qu'on nous parle » du Dieu de la paix, après tant de scènes sanglantes et » effroyables ! » On n'exigea plus alors des ecclésiastiques qu'une promesse de se soumettre aux lois de la république et de reconnaître le principe de la souveraineté du peuple, ce qui fut une occasion de persécutions nouvelles ; car les terribles décrets de la justice divine qui avaient successivement frappé les auteurs et les moteurs de la révolution, le duc d'Orléans, Mirabeau, Danton, Marat, Robespierre, Chabot, Gobel, etc., n'avaient pas réveillé encore, parmi la majorité des Français, le désir de rentrer dans le sein de l'Église. L'irréligion, née du rejet du Christianisme, se développa sous une phase nouvelle. On vit apparaître, sous la tutelle du Directoire [1796], la secte des théophilanthropes (1), composée de prêtres mariés, d'anciens membres des clubs, de jacobins et d'orateurs des sections. La secte, formée d'abord de réunions partielles de cinq pères de famille, grandit, se plaça sous le patronage de La Réveillère-Lépaux, l'un des cinq membres du Directoire, s'empara peu à peu de dix paroisses de Paris, et fut favorablement accueillie dans quelques villes de province. Le pur déisme des sectaires ne put se soutenir vis-à-vis de l'indifférence des uns, en face du Christianisme sérieux des autres, et, poursuivie par les sarcasmes de l'opinion publique, la théophilantropie tomba, dès que l'attrait de la nouveauté eut disparu et que le premier consul [9 novembre 1799] eut défendu aux théophilanthropes d'exercer leur culte dans les églises [1802]. Malgré ce retour à la vérité, le clergé constitutionnel prédominait encore et disputait de toutes façons la juridiction au clergé orthodoxe et fidèle.

(1) Manuel des Théophilanthropes. Paris, 1797; Aunée religieuse des Théophilanthropes (recueil des discours). Paris, 1797; Grégoire, Histoire des Théophilanthropes.

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