RÉPUBLIQUE ROMAINE
Il tint à Paris [25 août 1797], sous la présidence de l'évêque Grégoire, un synode dont les décrets renouvelèrent en partie la constitution civile du clergé.
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Pie VI avait condamné la constitution civile par la bulle Caritas, et défendu aux ecclésiastiques de prêter le serment exigé. Lorsque la guerre entre la France et les puissances étrangères eut éclaté, Pie VI leva une armée pour ladéfense des États pontificaux. Cet armement devint le prétexte de la guerre que les Français déclarèrent au Saint-Siège, après les victoires remportées par Bonaparte sur l'Autriche, la Sardaigne et Naples, dans la haute Italie, et Pie VI fut obligé d'accepter un armistice, conclu par l'intermédiaire du chevalier Azara, ambassadeur d'Espagne, qui enlevait au pape une partie de ses États et le frappait d'une contribution de 21 millions de francs [1796]. Bonaparte, ayant en même temps exigé le retrait de tous les décrets portés contre la France, déclara, sur le refus du pape, l'armistice rompu [1er février 1797], et contraignit, bientôt après, le souverain pontife à la paix de Tolentino [19 février 1797], en vertu de laquelle, outre le comtat laissé à la France, le Bolonais, le Ferrarrais et la Romagne cédés à la république cisalpine, Pie VI devait payer 30 millions de francs et livrer à la république française un grand nombre de manuscrits et d'objets d'art. La paix fut de courte durée. Le général Duphot ayant été tué à Rome dans une émeute, la France fit envahir les États du pape par le général Bertbier et proclamer la république [1798]. Le parti démocratique se montra aussi servilement adulateur à l'égard du général, que lâche et cruel vis-à-vis de l'infortuné Pie VI. Il dressa, à l'entrée du pont Saint-Ange, une statue de la Liberté foulant aux pieds la tiare et les autres symboles de la religion. Les insignes de la papauté furent peints, par dérision, sur le rideau du théâtre Alberti ; les vases sacrés, enlevés aux autels, servirent aux infâmes orgies célébrées en l'honneur de la république nouvelle.
Ces excès rendaient la présence du chef de l'Église d'au-
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tant plus précieuse à la saine partie du peuple romain. Aussi, fidèle à son devoir, inébranlable dans sa mission, Pie VI (1) ne quitta Rome que lorsque, malgré son grand âge, le courageux octogénaire fut de vive force arraché du Vatican, mené à Sienne, et de là transféré au couvent des Chartreux de Florence. Les touchantes preuves de compassion et de respect qu'il y reçut excitèrent les jalouses inquiétudes des philosophes et du Directoire, et il fut résolu que l'auguste vieillard serait emmené en Espagne ou en Sardaigne. Mais la guerre empêcha la réalisation de ce projet, et l'on finit par transférer le pape à Valence, où une douce et sainte mort [29 août 1799] sauva Pie VI des tortures d'un nouvel exil.
On enleva aux fidèles serviteurs qui l'avaient suivi, et l'on vendit comme propriété nationale, les minces effets laissés par le pape, comme marques de souvenir et de gratitude, à ses amis. On n'osa pas même ensevelir les dépouilles du saint pontife avant d'avoir reçu des ordres supérieurs tant il y avait de pusillanimité dans l'exercice d'un pouvoir qui se prétendait libre et populaire. Ce ne fut que plusieurs mois après sa mort que Pie VI obtint la sépulture, en vertu d'un décret consulaire de Bonaparte [30 décembre 1799]. Deux ans après [17 févier 1802], les précieux restes du pape furent transportés à Rome et solennellement déposés dans la basilique de Saint-Pierre, au milieu des marques d'un respect mêlé de joie et de douleur (2).
(1) « Combien Pie VI me parut grand, lorsque, contre l'opinion du plus grand nombre, il s'obstina à rester, quoiqu'il pût arriver près des tombeaux des apôtres, dans l'église-mère de la chrétienté! Dieu veuille seulement qu'il puisse y rester, le nob!e vieill rd octogénaire, api es ces vingt-deux ans de pontificat et les rudes épreuves auxquelles Dieu le soumet! » Mém. de /. de Müller, lettre du 4 mars ny? (Œuvres, t. XXXI, p. 187). Cf. aussi les paroles remarquables de Saracin de Genève, qui rentra dans le sein de l'Église (Nouv. Histoire de l'Église chrét., 2* édit., t. I, p. 66-68).
(2) Cf. Nouv. Hist. de l'Église chrét.. t. I, p. 152-156.