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DE GRÉGOIRE XVI

rains. C'en était fait alors, selon le dire de certaines gens, de la dignité, de la grandeur papales. Grégoire trompa ces sinistres prévisions. Dans l'encyclique qu'il adressa à l'épiscopat [15 août 1832] (1), en se déclarant ouvertement l'adversaire d'un faux et dangereux esprit d'innovation, il protesta solennellement de sa ferme résolution à conserver et à maintenir l'antique tradition apostolique. A peine la tranquillité fut-elle rétablie dans les États pontificaux, que le pape appliqua son énergique activité à réformer d'anciens abus et à en prévenir de nouveaux. Les universités, fermées pendant la révolution, rouvertes [automne 1833] et réorganisées (2) ; des économies considérables réalisées dans toutes les branches de l'administration; de hauts fonctionnaires destitués pour cause d'infidélité ou d'oppression; les recettes et les dépenses, depuis 1817, soumises à une révision nécessaire pour constater la légalité des privilèges, des pensions, des subsides accordés jusque alors; une nouvelle collection des lois promulguée; un nouveau code pénal soumis à l'examen des présidents de tous les tribunaux de l'État; une répartition plus équitable

(1) Revue de philosophie et de théologie cathol. de Bonn, 3e livr., 197-208, où se trouve l'original latin.

(2) Pour la philosophie, nous rappelons le nom de Pasquale Galuppi, Saggio filosofico sulla critica délia coscienza, qui fut suivi, en 1820 et 1827, de la Logique pure et mêlée, ainsi que de la Morale philosophique. Puis vinrent, en 1830, les Nouvelles recherches sur l'origine des idées, par Ventura (de Methodo philosophandi), Orsi, Ant. Rosmini-Serbati, Bonelli, mort à Rome, le 22 octobre 1840, et d'autres. Cf. «la Philosophie en Italie,» dans les Feuilles hist., t. VI. p. 243 et suiv., 298-306; t. XI, p. 294-305, 470-79, 542 53, 665-71, öuatre articles écrits par un Italien. Cf. aussi les Archives théol. de Munich, 2e année, 1843, 4° liv, Bonelli composa Disquisitio historica prœcipuorum philosophie systematum. Romte, 1829; Institutiones logicœ et metaphysic*. Rompe, 1833 ; éd. II, 1835. Les Institut, ont été adoptées pour l'enseignement dans plusieurs séminaires de France et d'Italie. Pour la dogmatique, citons Perrone, Prtelectiones theologicte, Romae; dans l'histoire sacrée. Delsignore, Institutiones historiée ecclesiast., ed. Tizzani. Roma;, 1837. Palma, Prslect. hist. ecclesiast., Romae, 1838 et sq. Pour l'exégèse, Patritius, S. J, De interpretatione script, sacr. Rom. III, éd. 1844. Idem, De evangeliis, libb. III, 2 t. in-4°. Dans l'hist. profane, l'ouvrage de Garzotti sur l'état et la constitution de l'Italie sous la domination romaine, édité par Marsilio. Milan, 1838, 3 vol. César Cantù, Storia universale.

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de l'impôt foncier, proposée aux députés convoqués de toutes les parties des États pontificaux (1) ; des tribunaux de commerce établis dans Rome, dans les villes de province et les ports de mer; les cours d'appel et'les tribunaux criminels composés désormais déjuges laïques; la justice la plus sévère exercée à l'égard de tous laïques ou prêtres (2) ; les arts et les sciences protégés avec autant de munificence que de goût ; le musée étrusque fondé au Vatican ; la basilique de Saint-Paul relevée des ruines de. l'incendie du 15 juillet 1823 : tels furent les travaux des premières années du pontificat de Grégoire XVI, qui, sur le trône, continuait à vivre en simple moine, conformément à la règle austère des Camaldules (3), couchant sur la dure, mangeant peu, veillant tard, travaillant beaucoup, priant toujours. Grégoire XVI, s'entourant et se servant des hommes éminents de son temps, nomma le savant cardinal Lambruschini aux fonctions de secrétaire d'État, fit entrer dans le sacré collège, comme autrefois Léon X y avait introduit Bembo et Sadolet, le savant philologue Angelo Mai' [-f 1854], et le polyglotte Mezzofanti [f 1849] (4).

Le cœur paternel de Grégoire XVI fut mis à de rudes épreuves, lorsqu'à peine consolé de la pacification des affaires de France, de Belgique, de Suisse et de Pologne, il vit l'Espagne, à son tour, agitée par la guerre civile, bouleversée clans sa constitution, ébranlée dans sa foi et son antique attachement à l'Eglise romaine ; lorsqu'il vit un des plus éloquents défenseurs du Christianisme et de

(1) Tournon (Etudes statistiques sur Rome. Pans, 1831) dit : « Il n'y a peut-être aucun État dans lequel il soit pius difficile d'accomplir des réformes que dans celui de l'Eglise ; car nulle part il n'y a autant de précautions à prendre, nulle part il n'est si facile de commettre des erreurs qui augmenteraient plutôt qu'elles ne diminueraient les abus. » Et il ajoute que sous les formes du gouvernement le plus absolu, on y trouve dans la réalité la plus grande humanité et l'administration la plus douce. Tournon était préfet de Rome sous Napoléon, de 1810 à 1814,

(2) Le 4 oct. 1843, le prêtre piémontais Dominique Abo fut décapité au château Saint-Ange.

(3) Conf. Géramb, Voyage de la Trappe à Rome, p. 127. Aix-la- Chapelle, 1839.

(4) Sur Mezzofanti, conf. Feuilles hist., t, X, p. 200-208 et 271-281.

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