‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 202 sur 332 · EN PORTUGAL · texte numérisé non relu

EN PORTUGAL

ment promis, et qui demeurèrent à la charge des communes. Le pape déplora, dans l'allocution du 1er août 1834, la triste condition où l'on avait réduit l'Église catholique en Portugal, et menaça des censures prononcées par le concile de Trente contre les spoliateurs de l'Eglise, les ennemis de la liberté et du pouvoir spirituel (1) ; ce qui n'empêcha point le patriarche de Lisbonne de se montrer disposé à sacrer les évêques nommés par don Pedro. Après la mort de ce prince [24 septembre 1834], le Portugal, gouverné par sa fille Dona Maria, tomba presque entièrement sous la dépendance de l'Angleterre, en même temps qu'il reçut une constitution pour laquelle le peuple ne paraissait guère mûr encore, tant il s'y montra indifférent. Cette constitution nefit qu'augmenter les divisions qui affligeaient l'Église du Portugal, dont tout un parti refusait de reconnaître les évêques nommés par don Pedro sans être confirmés par le souverain pontife. On parvint enfin à s'entendre avec le Saint-Siège, à la suite des négociations ouvertes [184 1] à Lisbonne par l'habile internonce Cappacini, qui, en retour des avances faites par le cabinet portugais, reconnut formellement la reine, au nom du pape, en lui remettant, selon l'usage, la rose d'or [mars 1842]. Les concessions accordées par l'internonce, notamment en ce qui concernait les biens des ordres religieux, permirent de s'entendre sur les bases d'un futur concordat. Aussi, dès le 3 avril 1843, le pape confirma les nominations du patriarche de Lisbonne, de l'archevêque de Braga et de Tévêque de Leiria : la cause des autres prélats fut déclarée pendante par Cappacini, et tout annonçait la conclusion du concordat, qui, malgré la sagesse et l'esprit conciliateur du Saint-Père et la condescendance de l'internonce, n'est pas encore définitivement arrêté. Lorsque la reine mourut le 15 novembre 1853, elle eut pour successeur don Pedro, toutefois, le roi Ferdinand, père de la princesse, gouverna le royaume pendant sa minorité, jusqu'au 16 septembre

(l) L'original latin est dans le Catholique, 1834, octobre, suppl., p. viij et suiv.

78 § 403. — l'église catholique en France

§ 403. — L'Eglise catholique en France, sous Louis-Philippe.

Cf. Boost, Nouv. hist. de France, 5e période, p. 344 et suiv.L. Blanc, Hist. de Dix ans, ch. 18.

L'Église de France ne resta point à l'abri de la tempête qui renversa le trône des Bourbons en 1830. La nouvelle Charte déclara la religion catholique, non plus religion de l'État, mais seulement religion de la majorité des Français. Quoique le pape, sur la demande de M. de Quélen, archevêque de Paris, eût déclaré que les évêques devaient se soumettre au nouveau gouvernement et ordonner pour le roi Louis-Philippe les prières d'usage, la malveillance des libéraux tint longtemps le clergé en suspicion. Le 14 février 1831, pendant que les légitimistes assistaient, dans Saint- Germain-i'Auxerois, à un service funèbre célébré en mémoire du duc de Berri, une multitude poussée par quelques fanatiques et enivrée par les excès du carnaval, envahit l'église et en dévasta l'intérieur. Le lendemain, le palais de l'archevêque eut le même sort. Durant deux jours, la multitude furieuse parcourut la ville, effaçant partout les lis de l'écusson de France, et se disposant à dévaster de nouvelles églises, lorsque la garde nationale arrêta le tumulte. A ces effrayants scandales s'ajoutèrent d'autres malheurs. Les premières nominations d'évêques, après la révolution de Juillet, ne furent pas très-heureuses. L'abbé de Lamennais fonda, avec MM. Gerbet, Lacordaire et de Montalembert, un journal, sous le titre significatif l'Avenir, et se crut appelé à exercer une grande influence sur l'avenir politique et religieux de la France. Il poussa jusqu'à ses dernières limites le principe de l'indépendance de l'Église et de la non-intervention de l'État dans les affaires spirituelles, et prétendit que le clergé ne devait plus accepter de salaire du gouvernement ; que, rendue à sa pauvreté primitive, l'Église n'aurait plus à recourir à aucun autre pouvoir qu'à celui de son chef unique. A ces points de discipline se joignirent bientôt des points de doctrine tout à fait erronés, comme, par exemple, que la certitude n'a pas sa base subjective dans la raison de chacun, mais bien dans ce qu'il appelle la raison générale ou le sens commun. Cette doctrine d'une séparation complète entre l'Église et l'État, tout comme celle dite du sens commun,

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