SOUS LOUIS-PHILIPPE
retentit de paroles sincèrement chrétiennes ; des hommes d'État influents, tels que MM. Mole, Pasquier, y proclamèrent publiquement et avec chaleur leurs convictions religieuses. Malheureusement, les réclamations de l'épiscopat pour la liberté d'enseignement et contre le monopole universitaire ne furent pas écoutées, quoique vivement soutenues dans la presse et à la chambre des pairs par le comte de Montalembert. Cependant, la foi réveillée était vivement entretenue dans la chaire chrétienne par la parole du P. de Ravignan, du P. Lacordaire, de l'abbé Bautain, et, ailleurs, par la réimpression fréquente et soignée de l'Écriture sainte, de l'Imitation, des livres de prières ; par les éditions nouvelles des œuvres de Bossuet, Fénelon, Massillon, Bourdaloue, etc. Elle se manifestait par l'intérêt vif et soutenu des fidèles pour les missions étrangères (1), auxquelles la France contribue plus que toutes les nations chrétiennes ensemble ; par la multitude d'associations de bienfaisance qui se formèrent, telles que la Société de Saint-François Régis, de Saint-Vincent de Paul, les écoles dites du dimanche, pour les ouvriers (2); par l'estime et l'admiration que tout le monde accordait aux sœurs de charité, chargées du soin de presque tous les hôpitaux, des maisons centrales de correction, de détention [ordonnance ministérielle du 22 mai 1841] ; enfin, par les mesures plus efficaces prises dans l'intérêt religieux des soldats, notamment dans les colonies, et par l'érection, si importante pour l'avenir, de l'évêché d'Alger.
(1) Annales de la propagation delà foi.
(2) Cf. Feuilles hist., t. X, p. 549-64, et le Catholique de 1843, février, supplément, p. 39 et suiv. Société de Saint- Vincent de Paul, rapport général de Tannée 1843. Paris, 1844. Conférences de Paris, ibid.. 1844.