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LES SAINT-SIMONIENS

deux classes inégales, et, par là même, répartit inégalement le bonheur et les peines parmi les hommes. C'est, dit-il, ce contraste entre la vie idéale et la vie réelle des hommes, cette opposition entre le monde d'en deçà et la sphère d'au delà de la tombe, que les immenses efforts de l'industrie moderne rendent plus frappants encore, qui fait de la terre une vallée de douleurs et de larmes. Il en conclut que le Christianisme a désormais accompli sa mission, et doit céder la place à une autre puissance et à une sagesse nouvelle, capables de mettre un ternie à ce contraste et de procurer aux hommes un bonheur réel, non pas seulement dans la vie future, comme le promet l'Évangile, mais dès cette vie, comme le réclame le cœur de l'homme. Le protestantisme a accompli sa tâche, purement négative, en abolissant et détruisant le catholicisme, et partant le Christianisme. Mais l'accomplissement de la partie positive, l'inauguration de l'âge d'or sur la terre, est réservé au saint-simonisme, Évangile éternel. La révélation apportée par Saint-Simon embrasse à la fois, disent ses disciples, l'esprit et le corps, unit Dieu et le monde, présente tout ensemble les vérités du spiritualisme catholique et celles du matérialisme philosophique, engendre enfin cette félicité et cette fraternité éternelles que le Christianisme avait promises sans les réaliser. Désormais, tous ont des droits égaux à la propriété, qui n'appartient qu'à Dieu, et qu'il a donnée en fief à l'humanité ; la loi de l'hérédité est abolie ; avec le temps, il y aura communauté de biens. Désormais nulle famille n'est exclusivement vouée à la culture du sol ou aux fonctions inférieures de la société. Chacun est rétribué selon sa capacité ; la société tout entière est placée sous la direction des ministres de Dieu. La hiérarchie se compose de prêtres, de théologiens et de diacres. Au point de vue religieux, la forme du gouvernement saint-simonien est théocratique ; au point de vue de l'unité, elle est monarchique; en raison des talents, des vertus et du mérite des chefs, elle est aristocratique ; mais, vu son but, qui est le bonheur de la majorité, elle est démocratique. Parmi les prédicateurs les plus ardents et les plus éloquents de la secte se distinguaient MM. Olinde Rodrigucs, Michel Chevalier et Lherminicr. Des prédica-

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tions nombreuses, des missions fréquentes, des'brochures sans cesse renouvelées, serraient à la propagation de la société saint-simonienne, qui resta unie jusqu'au moment où l'un des chefs, le Père Enfantin, exerçant de préférence son apostolat parmi les femmes, qu'il considérait comme la manifestation la plus sub-ime de la Divinité, prétendit établir la polygamie mahométane parmi ses adeptes, dont plusieurs étaient mariés ; il y eut commencement de schisme [1831], et le Père Rodrigue signala la doctrine d'Enfantin comme une désertion des principes de Saint- Simon. Enfin, les saint-simoniens ayant provoqué des troubles parmi les ouvriers de Lyon, on ferma la salle où se tenaient leurs assemblées, et plusieurs de leurs chefs furent condamnés en police correctionnelle [1832]. Depuis cette époque, ils n'osèrent plus se montrer en public ; le ridicule s'attacha à leurs œuvres et à leurs paroles ; beaucoup d'entre eux abandonnèrent la doctrine qui avait un moment excité leur enthousiasme ; un petit nombre seulement restèrent fidèles à ses principes, et passèrent en Egypte pour y dépenser une activité paralysée en France. La rédactrice du journal « la Femme libre, » Marie-Reine, devenue le chef des saint-simoniens, mit fin à ses jours en se noyant dans la Seine, le 29 juin 1836.

405. — Renaissance de l'Église catholique dans la Grande- Bretagne.

Discussion amicale sur l'Eglise anglicane et en général sur la ré- ] forme, dédiée au clergé de toutes les communions protestantes, rédi- I gée en forme de lettres, par M. J'évèque de Strasbourg (le Pape de I Trévern); 4e édition. Paris, 1835, 2 vol. Cf. Weber, Situation de la I relig. en Angleterre {Pletz, Nouv. Rev. théol., iv année, 4* livr.). |

Nous avons déjà vu que l'oppression sous laquelle le gouvernement protestant d'Angleterre fit, pendant des siècleSj gémir les catholiques de la Grande-Bretagne, et notamment ceux d'Irlande, commença à s'alléger à l'époque de la guerre de l'Indépendance et de la Révolution française, qui jeta au delà de la Manche de nombreux

prêtres (1), dont la piété, le savoir et l'éducation détruisi rent bien des préjugés. Antérieurement déjà, la guerre de l'indépendance des États-Unis et la perte des colonies an glaises de l'Amérique avaient contribué à affaiblir le joug. En 1793, le parlement fit quelques concessions aux Irlan dais catholiques : on leur accorda la liberté d'assister aux offices divins sans être gênés, de s'absenter des offices de l'Église établie sans payer d'amende ; mais on ne leur concéda encore aucun droit civil ni politique. Cependant, en 1794, les catholiques de Dublin réclamèrent hautement la jouissance de ces droits. En même temps, il se forma un parti révolutionnaire parmi les protestants d'Irlande, auxquels, après une longue résistance, s'unirent beaucoup de catholiques séduits par l'espérance de l'affranchissement prochain ou entraînés parla crainte de leurs compatriotes. La révolution éclata en 1798, engendra une cruelle guerre civile qui priva l'Irlande de son indépendance politique. Elle fut dès lors, comme nous l'avons déjà dit, et resta unie à l'Angeleterre [1801]. Enfin, après de nombreux et infructueux essais pour arriver à l'émancipation tant désirée, O'Connell [1809] se mit à la tête du peuple irlandais, et entreprit avec un courage, une constance et un talent prodigieux, la libération de sa patrie, en la tenant à la fois dans la stricte voie de la légalité et dans une perpétuelle agitation (2). Cependant, une division née parmi les catholiques d'Irlande et d'Angleterre au sujet du veto réservé au roi dans l'élection des évêques, et auquel était liée l'émancipation elle-même, entrava ces progrés. En 1817, les Irlandais réclamèrent de nouveau la liberté que la chambre des pairs refusa de nouveau avec une opiniâtreté sans exemple [mai 1824]. O'Connell, loin de se laisser abattre, exalta au contraire l'héroïque courage et la noble ré^Ss-

(1) Dès les mois de septembre et d'octobre 1792, l'Angleterre avait vu arriver 6,000 prêtres français, dont le nombre s'éleva bienlôt à 8,000. La famille- royale mit le palais de Winchester à leur disposition, et 660 y trouvèrent une noble hospitalité. Le peuple anglais, de son côté, ouvrit une souscription en leur faveur: elle avait déjà, au mois d'août 1793, produit 67,000 liv. sterl., qui servirent au soulagement de 4,800 réfugiés.

(2) Wyse, History of the catholic association. Lond., 1829, 2 vol.

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tance de ses compatriotes, si bien qu'enfin la crainte et la politique obtinrent des torys des concessions si longtemps demandées au nom du droit et de la justice. Le duc de Wellington se prononça pour l'émancipation, et en porta le bill à la chambre haute, le jour même de l'élection de Pie VIII [31 mais 1829]; le discours énergique de sir Robert Peel le fit adopter par le Parlement, et, dès le 13 avril 1829, il reçut la sanction royale (1). Cette loi, abolissant l'ancien Test, prescrivit un serment civil compatible avec la foi romaine, et accorda aux catholiques le droit d'entrer au Parlement et d'occuper la plupart des fonctions publiques. L'année 1829, disait le cardinal Wiseman, fut pour nous ce que la sortie des catacombes a été pour les premiers chrétiens. Mais cette première concession, arrachée au mauvais vouloir des protestants, bien qu'elle rendît la position des catholiques plus indépendante, était insuffisante pour calmer leurs esprits; car, comme le dit alors lord Russell lui-même dans le Parlement, l'émancipation avait tiré les catholiques d'un cachot souterrain pour les jeter dans un cachot situé sur le sol. Ne voyait-on pas 7Uü,000 protestants anglicans posséder en Irlande toutes les propriétés foncières, consacrées jadis par la pieuse libéralité des fidèles à l'entretien des églises, des couvents, des hospices et des collèges ; bien plus, les catholiques n'étaient-ils pas forcés de payer au clergé de l'Église épiscopale la dîme de toutes les productions du pays, de sorte que 2,000 ministres, dont les cures n'avaient souvent pas une seule ouaille anglicane, se partageaient chaque année un revenu de 60 millions de francs (2) ? Cette criante injustice provoqua, en 1831, un refus général de payer la dîme qui, toujours réclamée et toujours refusée, ne fut perçue qu'au moyen de procédures sans termes, au

(1) Liste des pairs et des baronnets catholiques de la Grande-Bretagne dans la Gazette cathol. et ecclésiast., 1841, n° 9.

(2) Le comté de Kilkenny, dans le sud de l'Irlande, renferme 380,000 catholiques et 1,000 anglicans; cependant les premiers payent un évêque anglican et soixante-quatre ministres, dont le revenu, assuré par la dime légale, égale six fois celui que touche le clergé catholique par suite de dons volontaires. (Le Catholique, 1831, t. XLI, p. 57-81. Gazette de Cologne, 23 juin 1843.)

milieu des scènes les plus sanglantes, et de telle sorte que les frais de la perception en dépassèrent les produits. Lord J. Russell obtint de la chambre des communes [7 avril 4835] que l'excédant des véritables besoins de l'Église épiscopale serait attribué aux fonds nécessaires à l'enseignement populaire catholique; mais la chambre des lords rejeta cette proposition [24 août]. Cependant, au milieu de ces luttes continuelles, l'enthousiasme des Irlandais pour l'Église de leurs pères ne se refroidit pas un instant, et une activité merveilleuse se manifesta, surtout au moment où le grand agitateur arbora le drapeau du rappel, pour mettre un terme à l'union désastreuse de l'Irlande et de l'Angleterre. Ces efforts patriotiques parurent au gouvernement une excitation flagrante à la haine et à la révolte; il raya de la liste du jury tous les catholiques électeurs, et douze jurés protestants de Dublin prononcèrent contre O'Connell un verdict de condamnation [mars 1844] qui fut annulé en appel (O'Connell, f 15 mai 1847).

Quant à l'Angleterre, pays classique de la publicité, s'il est étonnant d'y voir l'oppression et le mépris peser, comme en Irlande, sur les catholiques et leurs institutions, il faut l'attribuer à ce que, d'une part, ils y étaient trop appauvris pour disposer des organes nécessaires à la revendication de leurs droits, au redressement de leurs griefs, au rétablissement de la vérité ; et à ce que, d'une autre part, l'abaissement politique faisait mépriser leur religion même, plus que partout ailleurs. Les Irlandais ont donc été à la fois victimes de l'ignorance religieuse et des antipathies politiques, qui datent du temps de Henri VIII. Ce n'est qu'après l'émancipation de la presse catholique, après la discussion publique et journalière des dogmes et des institutions de l'Église romaine, que la haine et le mépris ont enfin cédé à des sentiments plus vrais et plus équitables. C'est certainement à l'action de la presse qu'est dû le mouvement si marqué qui éclate aujourd'hui, en Angleterre, en faveur de Eglise romaine. Gother et Challoner (I) combattirent avec le plus grand succès, et détruisirent, du moins parmi les esprits droits et généreux,

(1) Challoner, le vrai Catholique et le Catholique méconnu.

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les préjugés les plus saillants répandus contre elle. Le vicaire apostolique J. Milner (1), Baines, Fletcher, Butler, Howard, Mac-Haie, Combe, défendirent la cause catholique avec le même zèle; Cobbet, quoique protestant, mit à nu, avec beaucoup d'esprit, avec une rare adresse et une parfaite connaissance des choses, les parties vulnérables du protestantisme, et dénonça d'une manière éclatante et formidable à toute l'Europe les violences exercées contre les catholiques ; Dallas, anglican zélé, prit avec chaleur la défense des Jésuites, si honteusement calomniés; l'historien catholique J. Lingard fit connaître par des études consciencieuses, avec une impartialité sévère qui ne ménage personne, et imprime à son livre un caractère de véracité inattaquable et incontesté (2), la véritable histoire de l'Angleterre; Lanigan publia une histoire ecclésiastique de l'Irlande jusqu'au XIIIe siècle; l'Irlandais Thomas Moore, l'ami de lord Byron, fit l'apologie de l'Église de Rome ; Wiseman (3), mit à la portée de tout le monde, par une exposition claire, méthodique, et dans un langage éloquent et populaire, les idées les plus profondes de la science et du culte catholique ; et miss Agnew conquit plus d'un cœur à l'Église par son célèbre roman de Géraldine (4). Un auteur qui ne se nomme pas, a raconté, dans l'excellent ouvrage Mores catholici, les merveilleux progrès que le catholicisme a fait faire à la science, à l'art et à la civilisation pendant le moyen âge, dans les siècles de foi.

(1) Milner, Lettres à un bénéficiaire, en réponse aux observations de Sturgis sur la papauté. Le but et la fin de toute controverse religieuse, ou Correspondance entre des protestants et un théologien catholique. Baines, Defence of the Catholic religion. Fletcher, Book of the Church. Howard, Remarks of the erroneous notions entertained respective the catholic religion. Mac-Hall, Evidence and doctrines of the cath. Church. Coomb, Essence of religious controvcrsy.

(2) Vie de Lingard, dans la Revue de Bonn, 9e livr., p. 100-115.

(3) Horae Syiïacœ ; Stérilité des missions du protestantisme. Augsb., 1835. Explication des principales doctrines et usages de l'Église catholique. Douze discours sur les rapports de la science avec la révélation. La chapelle papale et la liturgie adoptée pour la semaine sainte.

(4) Géraldine, ou Histoire de la conduite d'une âme. — Mores catholici or the âges of faith. Lond., 1831, 8 vol. — Macaulay, Histoire d'Angleterre.

Après lui Macaulay a supérieurement traité le même sujet. La littérature périodique apporta sa part d'action et d'influence dans ce mouvement de retour vers des idées proscrites jusqu'alors, et les travaux du Catho lie Magazine, du Tablet, dirigé par Lucas, ancien quaker, et de la société des traités catholiques de Londres, qui, en 1842, en avait déjà distribué 162,000, contribuèrent au succès commun. Tel fut aussi l'effet de la fameuse déclaration des évêques, des vicaires apostoliques et de leurs coadjuteurs (1), publiée depuis 1826, à Londres, en trois éditions successives.

Les onze chapitres de cette docte et énergique exposition des dogmes attaqués le plus vivement par les protestants, traitent successivement du caractère général de la doctrine catholique, de la sainte Ecriture, du reproche d'idolâtrie et de superstition, de la confession, des indulgences, de la soumission au souverain et de l'obéissance au pape. Ce document important se termine ainsi : « Nous » nous sommes efforcés, dans les articles qui précèdent, » d'exposer dans leur simplicité les points de doctrine de » notre Église les plus exposés, dans ce pays, à être mé- » connus et défigurés; nous espérons donc que tous nos » compatriotes recevront dans un esprit de vérité et de » charité notre déclaration et nos explications, et que » ceux qui, jusqu'à ce jour, ont ignoré ou méconnu nos a croyances, nous rendront cette justice que nous ne sou- » tenons, comme catholiques, aucun principe religieux, » ni aucune idée qui ne soit parfaitement compatible » avec nos devoirs de chrétiens et de sujets britanniques.» En mai 1838, les quatre vicaires apostoliques d' Angleterre se réunirent en concile, et décrétèrent des mesures obligatoires pour tous les prêtres catholiques dans les missions des quatre districts d'Angleterre.

Cette activité des écrivains et des prêtres catholiques excita dans tous les. rangs de la société un zèle admirable en faveur de la vieille Église, et chaque jour vit grossir le nombre des anglicans revenus au catholicisme (2). On fit revire les anciennes institutions exclusivement catholiques.

(1) Revue de Bonn, 17e livr., p. 203-222.

(2) Parmi beaucoup de beaux écrits de ce genre, il faut surtout citer le Dr Sibthorp, « Mon retour au Catholicisme. »

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tels que des couvents de femmes. En 1838, un institut catholique (I) se fonde à Londres, sous la présidence du comte de Shrewsbury, avec trois instituts secondaires. En même temps il se Forme, sous la direction de lamarquise de Wellesly, une société de dames pour l'entretien, en ornements eten vases sacrés, des chapelles indigentes. Londres compte dans son sein onze associations pour des écoles gratuites, et quatre associations destinées à soigner et à secourir les malades nécessiteux. Le nombre des chapelles et des églises s'accrut en proportion. Les catholiques construisirent à Londres une grande cathédrale, et York vit s'élever également, en face de sa fameuse abbaye, une magnifique église catholique (2). Liverpool, compta, dit-on, près de cent mille catholiques; Manchester, environ trente mille, l'Angleterre plus de deux millions. Les méthodistes revinrent en assez grand nombre à l'Église mère. L'université protestante d'Oxford, et notamment l'école du célèbre Pusey, manifestait depuis longtemps une réaction favorable à l'Église romaine (3). Depuis 1843, un grand nombre de puseistes, parmi lesquels plusieurs membres du clergé, revinrent au catholicisme. On remarqua surtout parmi eux Newman (4), qui restaura l'ordre de l'Oratoire en Angleterre [1847]. Cette tendance au catholicisme se montra aussi dans la secte écossaise et presbytérienne du prédicateur Irwing [7 1834], dont les partisans prétendaient jouir du don des langues (yXw(7<7«tç Xkàuv), et qui ont trouvé un habile et éloquent défenseur en Allemagne dans le pro-

(1) Gazette ecclésiast. de Hœninghaus, 1839, n°31. Cf. n° 91.

(2) Gazette d'Augsb., n° 147, 27 mai 1842.

(3) Sur les tendances catholiques qui se sont récemment manifestées dans le sein de l'Église anglicane, tendances qu'ont annoncées avec joie toutes les feuilles publiques et Grégoire XVI, cf. les Feuilles hist., t. VIII, p. 688-701 ; t. IX, p. 65-79; — sur le puséysme, voyez surtout t. X, p. 693-696; t. XI, p. 329 etsuiv., et la Feuille ecclésiast. de l'Allemagne mérid., 1S42, n° 36, p. 285 et suiv. Pusey, la Sainte Gène, la consolation des pénitents; sermon prêché à Oxford. J, Gondon, du Mouvement religieux en Angleterre. Paris, 1814. 1 vol. in-8. Le même, Conversion de cent cinquante ministres anglicans. 1 vol. in-18.

(4) Newmann. Justification de son retour à l'Église cathol. — Situation actuelle des cathol. d'Angleterre. Ratisbonne, 1852.

fesseur de théologie de Marbourg, Thiersch. L'éducation devint également l'objet de soins assidus. La reine accorda au collège de Sainte-Marie, près de Birmingham, et au collège des Jésuites de Stonyhurst, tous les privilèges des collèges universitaires. Ce mouvement religieux de l'Angleterre intéressa à sa régénération complète toute l'Europe catholique. Tandis que le docteur Wiseman annonçait à Rome que les hommes les plus éclairés de la Grande-Bretagne se dépouillaient de leurs préventions contre l'Église, lord Spencer parcourait la France pour lui demander des prières en faveur de la conversion de sa patrie ; Grégoire XVI, pour en hâter le moment, divisait en huit districts l'Église d'Angleterre [11 mai 1840]; et Pie IX, dans sa bulle du 24 septembre 1850, substitua aux anciens vicaires apostoliques, un certain nombre d'évêques et d'archevêques catholiques. En 1852, 92 membres de l'université d'Oxford, et 43 de l'université de Cambridge, étaient rentrés clans le sein de l'Église catholique. On comptait parmi les premiers 63 ecclésiastiques et 19 parmi les seconds.

En Ecosse, la vie spirituelle n'a jamais défailli, et le catholicisme renaît peu à peu de ses antiques ruines. On n'y comptait, en 1829, que cinquante et une églises catholiques; en 1839, ily en avait soixante-dix-huit, et 87 en 1848. Une grande association catholique s'est créée à Edimbourg; on y a fondé, pour l'instruction du peuple, la Revue catholique (Catholic Review), le Magasin catholique et le Penny Orthodox Journal. On y tient des conférences publiques, et les efforts des ministres protestants pour défigurer les dogmes de l'Église romaine ont précisément pour résultat d'inspirer à ceux qui les ignorent le désir de connaître ces principes tant décriés. L'éducation est dirigée principalement par le clergé de Sainte-Marie, à Blairs. Le nombre des catholiques s'accroît considérablement.

L'Irlande avec ses sept millions de catholiques, ses quatre archevêchés et ses vingt-deux évêchés, continuait, comme autrefois sous Grattan (1) et Curran, à combattre glorieusement pour la foi et la liberté sous son illustre

(1) Memoirs oflho life and timesof Henry Grattan. London, 1842.

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