RENAISSANCE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, ETC
chef, Daniel O'Connell (i). A ses côtés agissaient des hommes pieux, actifs, intelligents, tels que le docteur Doyle (2), évêque de Kildare [f le 15 juin 1834], champion aussi célèbre de l'émancipation qu'écrivain et professeur illustre au collège de Carlow; Thomas Kelly, primat de l'Église catholique d'Irlande [-J* le 14 juin 1835] ; Thomas Moore, le poëte généreux et enthousiaste, auteur du Voyage d'ungentilhomme à la recherche dune religion. En même temps, le clergé se montrait si actif et si dévoué à son ministère, que l'anglican Steele [août 1841], attestait publiquement que « depuis que le monde est monde, jamais on ne vit d'u- » nion morale si admirable entre des hommes, que celle » des prêtres catholiques d'Irlande. » L'Église d'Irlande est tout élective. Les curés choisissent dans leurs propres rangs, ou dans le reste du clergé irlandais, l'évêque du diocèse; d'autres fois, le papo le choisit parmi trois candidats. Le gouvernement anglais ayant offert en 1831 une espèce d'émancipation, à condition qu'on lui accorderait le veto dans la nomination des évêques, cette offre fut repoussée avec indignation, malgré les représentations de quelques laïques catholiques et tous les efforts des partisans protestants de l'émancipation. Ce fut encore ainsi que les évêques refusèrent d'une commune voix la dotation proposée par le gouvernement [1837]. Ils aimèrent mieux rester pauvres, mais libres. Les catholiques irlandais sont d'ailleurs toujours prêts à nourrir leurs pasteurs. De tous les côtés du pays s'élevèrent, sous la direction du clergé, de nouvelles églises, telles que l'église de Saint-Pierre, à Little-Bray [1838], et les dons apportés chaque semaine par les classes inférieures servirent à fonder et à bâtir de magnifiques cathédrales. Parmi les journaux les plus importants de l'Irlande, nul ne l'emportait sur le Dublin Review, dirigé par O'Connell, le docteur Wiseman et le docteur Michael. La moralisation et le bien-être temporel du peuple irlandais furent aussi très-redevables aux efforts de l'infatigabie promoteur des sociétés de tempérance, le P. Mathew, de Cork.
(1) Cf. Entretiens par lettres sur l'Irlande et O'Connell (Feuilles hist. -polit., t. XIII, p. 547 et suiv.).
(2) Mémoires du capitaine Rock; Voyages d'uu Irlandais, etc.; Hist. de l'Irlande.