‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 209 sur 332 · EN AUTRICHE · texte numérisé non relu

EN AUTRICHE

alzbourg. Si, d'ailleurs, les affaires ecclésiastiques res-

rent longtemps soumises en Autriche au système jo-

Iphiste, si l'Église continua à y être régie par l'État, ce

it autant la faute des évêques que la volonté du gouver-

sment. Beaucoup de prélats, naguère conseillers ecclé-

astiques ou référendaires au nom de l'État dans les affai-

is de l'Église, avaient conservé de leur ancienne position

conviction que l'Église ne pouvait être autrement gou-

rnée et maintenue. De fâcheuses expériences firent pren-

re des mesures qui, quelque bonnes qu'elles pussent

re, étaient de véritables empiétements du pouvoir tem-

orel, sinon sur les principes, du moins sur l'administra-

on. Ainsi, en 1802 « la Chancellerie impériale » publia

eux décrets en faveur de l'augmentation du clergé sécu-

er et de la restauration de la discipline dans les couvents,

ins la coopération de l'épiscopat. En 1804, parurent de

ouvelles ordonnances sur les écoles populaires qui, de-

ant être placées sous la surveillance du clergé, le furent

on sous celle des évêques, mais sous celle des consistoi-

bs, parce que ceux-ci étaient subordonnés à l'État, et ne

éalisaient que les plans impériaux concernant les métho-

es d'enseignement, les livres classiques, les examens et

îs modes de surveillance. En 1810, on introduisit en place

u droit ecclésiastique de Péhem celui de Rechberger, qui

enfermait toujours le système gouvernemental en vigueur,

[uoique traitant d'ailleurs l'Église un peu moins comme

me pure institution de l'État. On avait cependant, dès 1808,

.ccordé une plus grande part d'influence aux évêques dans

out ce qui concernait les écoles, les établissements théolo-

jiques, la surveillance de l'orthodoxie et de l'esprit ecclé-

iiastique des étudiants. Toutes ces mesures, jointes à la

•estauration des séminaires et des facultés de théologie ca-

.holiques, contribuèrent à la publication d'excellents ou-.

/rages, dont l'influence se répandit au loin, notamment sur

a pastorale ( Powondra, Reichenberger, Zenner, etc. ) et

sur l'histoire ecclésiastique ( Dannenmayer, Klein, Raus-

ïher, Ruttenstock)

L'empereur François eut soin aussi, dans le choix des Wêques, de ne confier les diocèses qu'à des hommes éclairés, distingués par leur savoir, donnant aux fidèles Pexem-

Î08 f; 407. — l'église catholique

pie d'une vie sainte et pure (1), consacrant leurs soins et leur zèle aux écoles élémentaires, à l'instruction publique de tous les degrés, et particulièrement à l'enseignement du clergé dans les séminaires. Tels furent Sigismond, comte de Hohenwarth, archevêque de Vienne depuis 1803; Wenceslas-LéopoldChlumezansky, évêque de Leitmeritz depuis 1802 et prince-évêque de Prague depuis 181-4 ; Léopold- Maximilien, comte de Firmian, archevêque de Salzbourg, et depuis 1822 de Vienne ; Jacques Fiïnt, évêque de Saint - Pœlten ; François-Salms, évêque de Gurk-Klagenfurth (+1822), qui accueillit avec une généreuse bienveillance les pieux et savants moines de Saint-Biaise, chassés de leur couvent. Pour opposer une digue à l'esprit destructeur du siècle et donner à la jeunese une éducation sérieuse, solide, également éloignée des phrases sonores et creuses du philosophisme et de la stérile immobilité des ennemis du progrès, on rétablit (1820) dans l'Empire l'ordre des Jésuites, si longtemps méconnu. Les membres de la Compagnie rentrèrent à Vérone, à Inspruck, à Linz, à Lemberg, à Tarnopol ; les Rédemptoristes étaient déjà établis à Ravenne en 1816. Les ordres religieux ne furent pas les seuls, du reste, à combattre pour l'Évangile et l'Église. Frédéric Schlegel, associé à quelques écrivains partageant ses convictions, lutta avec vigueur et adresse contre l'envahissement des idées protestantes, dans le Musée Germanique, Y Observateur autrichien et dans ses autres ouvrages. Ses efforts réveillèrent l'esprit catholique, surtout dans les classes élevées. En Hongrie, où le principe protestant est plus enraciné que dans aucune autre province de la monarchie autrichienne, l'archevêque de Gran, primat de Hongrie, assembla, le 8 septembre 1822, avec le consentement de l'empereur, un concile national, dont le but était « d'arrê » ter la décadence des mœurs, de détourner les maux dont » le fléau de l'impiété menaçait l'Église et l'État, et de ré- )) tablir l'ancienne discipline ecclésiastique dans le clergé, » le peuple et les écoles (i). r Dans les autres parties de l'empire autrichien, de langue allemande, les questions

(i) Voyez la liste des évêchés autrichiens dans le Catholique, 1825, t. XV, p. 375 et suiv. Gams, 1. cit. p. 50C-533.

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ecclésiastiques et théologiques à l'ordre du jour furent débattues dans le Journal théologique de Frint [depuis 1808] et dans la continuation de cette feuille par Pletz [depuis 1828]. La disparition de ce journal rendit d'autant plus utile et plus importante la société des Méchitaristes pour la propagation des bons livres catholiques, et l'association léopoldine pour la propagation du Christianisme. On vit naître plusieurs autres feuilles périodiques, telles que la Gazette ecclésiastique de Vienne, par Brumer [depuis 1848] ; la Gazette de théologie catholique de Vienne [depuis 1850], par Scheiner et Hausle. La Hongrie et la Bohême, où le clergé manifesta une activité semblable, eurent leurs feuilles religieuses en langue nationale [Journal de Sion, etc.). Les évêques hongrois déployèrent, à l'occasion de la question des mariages mixtes (1), à l'exemple de Ziegler, évêquede Linz [1838], une rare activité, mêlée à une grande prudence. Après avoir adressé au clergé une lettre pastorale et une instruction générale à ce sujet, ils envoyèrent à Rome Févêque Lonovics, pour obtenir du Saint-Siège un bref qui déterminât les mesures spéciales nécessaires à prendre en Hongrie à cette occasion, l'instruction du pape pour les États autrichiens (2) paraissant ne pas pouvoir s'appliquer généralement en Hongrie. L'empereur, pour mettre un terme aux réclamations contraires des partis, décréta, par une décision du 5 juillet 1843 et du 25 mars 1844, que l'éducation religieuse des enfants nés de mariages mixtes seraitlaissce au choix des parents, mais que les membres du clergé catholique ne pourraient être contraints à aucun acte religieux relatif à la célébration de ces mariages (3)

L'Eglise catholique serait certainement parvenue à un état beaucoup plus prospère en Autriche, si le gouverne-

(1) Cf. le Sion, 1841, rr 127-130; la Circulaire du corps épiscopal est dans le Catholique, 1841, févr., suppl. p. LIX et suiv.; et la lettre du primat Jos. Kopacsy aux États du comitat de Pesth qui avaient menacé d'une amende de 600 florins le prêtre qui refuserait do bénir un mariage mixte (Sion. n» 7, suppl.). Cf. encore le Catholique, 1842, janv., suppl., p. IV; mars suppl., p. CXIX et suiv.

(2) Le Catholique, 1841, déc, suppl., p. LXXXV et suiv., avec l'instruction archiépiscopale, 1842, fév., p. LXIV et suiv. Mailath, Les troubles religieux de la Hongrie. Ratisb. 1845. 3 vol.

(3) Gazette d'Auçsb., 1844, n° 139, suppl.

110 § 409. — l'église catholique

ment de l'empereur François et celui de son successeur Ferdinand 1er [l"r mars 1835 1849] n'avaient mis maintes entraves à son libre développement parune perpétuelle méfiance et par l'application rigoureuse du régime bureaucratique. Quoique le catholicisme soit la religion de l'État, le gouvernement autrichien donna une preuve de tolérance envers les protestants, en leur accordant, en 1821, l'établissement à Vienne d'une école théologique pour les confessions d'Augsbourg et de Suisse.

§ 409. — L'Église catholique en Bavière.

Concordat et serm. constit.des catholiques en Bavière, Augsb., 1847. Remarques sur le nouveau concordat de Bav. comparé aux concordats récents de France et autres anciens concord. bavar. de 1807, écrites en janv. 1818. Gains, 1. cit., t. I, p. 472-509.

Peu de pays ont été, autant que la Bavière, atteints de la contagion philosophique et de la folie des Illuminés depuis la fin du dernier siècle et le commencement de celui-ci. Nous en avons vu la preuve plus haut. Dès le commencement du règne de Maximilien-Joseph [16 février 1799] on imagina, sous l'influence toute puissante du ministre Montgelas, la sécularisation de plus de soixante-dix fondations et abbayes ; bientôt après on ferma et détruisit quatre cents couvents, on profana et dissipa les trésors de l'Église, on réglementa son culte, on porta une main frivole et sacrilège sur les choses les plus saintes. Cependant Montgelas était au moment, en 1807, après bien des tergiversations, de conclure un concordat avec le Saint-Siège, par l'entremise du nonce délia Genga, lorsque Napoléon intervint pour l'empêcher et faire sentir au pape que l'Église ne pouvait être maintenue sans lui. Cette négociation importante ayant été retardée jusqu'en 1816, les institutions de l'Église furent réduites à un si triste état que Pie VII en versa des larmes «mières. Le concordat repris fut retardé encore. Le gouvernement prétendait prendre possession de tous les bénéfices, même paroissiaux. Enfin, le 24 octobre 1817, le pacte fut conclu, le concordat signé. Quoique le Saint- Siège eût fait les plus larges concessions, les ennemis de

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