EFFORTS DE MÉLANCHTOX ET DE LUTHER
les dilapidations de ses prédécesseurs, en cassant beaucoup de fonctionnaires inutiles ; mais il excita par là le plus violent mécontentement et ne fut pas plus heureux dans ses efforts pour défendre l'île de Rhodes contre les Turcs [25 décembre 1522]. La douleur de voir échouer ses plus nobles projets lui arracha bientôt la vie. » Qu'un pape est » malheureux 1 s'écria-t-il en mourant, puisqu'il ne peut » faire le bien, même quand il le veut ! » Les Romains exprimèrent leur joie grossière et indigne par l'inscription qu'ils mirent, le jour de sa mort [14 septembre 1523], sur la porte de son médecin (1).
§ 306. — Efforts de Mélanchthon et de Luther pour répandre les nouveaux principes.
Après la diète de Worms, Mélanchthon publia ses Hypothèses [Hypothèses theologiœ seu Loci communes rerum theologicarum) [1521]. Elles présentaient dans un beau langage tout l'ensemble de la doctrine de Luther (2). Mélanchthon combat d'abord systématiquement la liberté humaine :
« L'adultère de David et la trahison de Judas sont l'œuvre « de Dieu, aussi bien que la vocation de Saint-Paul (3). a Il soutient, en l'exagérant outre mesure, la doctrine de la prédestination, et admet pour tout homme une inspiration immédiate. Luther avait déclamé, dans les universités, contre la philosophie d'Aristote et sa méthode. Mélanchthon exprime formellement le désir de voir rejeter du monde les Œuvres de Platon. Pour accomplir à la lettre la parole de l'Écriture : « Tu mangeras ton pain à la sueur
(1) Liberatori patriae S. P. Q. R. — L'épitaphe faite pour lui par ses amis lui rend plus de justice: «Ci-git Adrien VI, qui regarda comme son plus grand malheur d'être obligé de régner. » Ainsi que cette autre d'un habitant des Pays-Bas: « Combien il importe pour le meilleur et le plus loyal des hommes de vivre dans un temps plutôt que dans un autre ! »
(2) Prima edit. Vit., 1521, in-4, et deux autres éditions iû-8. Augusti etfit. Lipsiae, 1821 ; Strobel, Hist. littér. de Phil. Melanchton, Locis theologicis. Altdorf et Nuremb., 1776.
(3ï II dit dans son commentaire sur l'Épltre aux Romains : « Hrec sit certa sententia, a Deo fieri omnia, tarn bona quam mala. Nos dicimus p.or. solum permittere Deum creaturis ut operentur, sed ip-