L'ÉGLISE CATHOLIQUE
Prusse, ils avaient tous adopté depuis longtemps l'avis des deux archevêques, sauf, toutefois, le prince-évêque de Breslau, qui se vit forcé de renoncer à l'administration de son diocèse [août 1840] (1).
L'avènement de Frédéric-Guillaume IV [7 juin 1840] au trône de Prusse ranima les espérances des catholiques, qui comptaient que le nouveau roi mettrait promptement fin à ce malheureux conflit. En effet, Frédéric-Guillaume, sans se laisser égarer par les clameurs et les sophismes de la presse, envisagea la question du véritable point de vue, et concilia les intérêts de l'État et de l'Église en autorisant le retour de Mgr Dunin dans son diocèse [29 juillet 1840] (2). Aussitôt arrivé, l'archevêque adressa une lettre pastorale à son clergé [27 août 1840], l'exhortant à vivre en paix avec les non-catholiques, et lui recommandant, puisque la loi temporelle défendait de demander des garanties pour l'éducation des enfants, lors de la conclusion des mariages mixtes, de s'abstenir du moins de tout acte approbateur
(1) Exposition de la conduite du gouvernement prussien à l'égard de l'archevêque de Cologne, par de Moy, 1838, Berlin. Ce travail envisage la conduite du gouvernement sous le point de vue du droit, de l'histoire et de la politique; Mémoire romain du 4 mars 1838, émané du secrétariat d'Etat; J.-J. Gœrres, Athanase. Ratisb., 1838, in-4. Peu après parurent successivement : l'Emprisonnement de l'archevêque de Cologne, par un jurisconsulte (Lieber). Franc.-sur-le-Mein, 1837-38; J.-J.Dœllinger, les Mariages mixtes. Ratisb., 1838, dont il y eut cinq éditions; J.-J. Gœrres. La triade, H. Léo, Marheinecke et le docteur Bruno. Ratisb.. 1838, Joël Jacoby, une Voix de Berlin, 1838; J.-J. Ritter, Irenicon. Lipsiae, 1810; Kunstmann et Kutsschker, les Mariages mixtes, p. 1019, note 2; deuxième allocution du pape du 13 sept. 1838; la réponse dans la Gazette d'État de Prusse, du 31 décembre 1838 ; réponse de l'archevêque de Posen, du 5 janv. 1839 (Gazette polit, de Munich, 1" févr. 1839) ; Mémoires d'État, publiés à Rome en réponse à la Gazette prussienne du 31 décembre 1838. Cf. les Consultations légales et défenses de l'archevêque de Posen, par Guill. de Schütz et Rintel, et plusieurs travaux de G. Gœrres et de Philipps dans les Feuilles hist.-polit. C. Hase, les Deux archevêques, fragment de l'hist. ecclés. contemporaine. Leipzig, 1839; Bretsehneider, le baron deSandau, ouïes Mariages mixtes ; 3e édit. Halle, 1839; Gœlz, le baron de Wiesau, contre-partie du baron de Sandau. Ratisbonue, 1839. Voyez aussi d'autres travaux dans fiheinwald, Répertoire, 1838 et 1839.
(2) Retour de l'archevêque de Gnesen à Posen (Feuilles hist.-polit., t, VI, p. 428-42).
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de ces unions. Pku tard [mars 1842], il engagea les prêtres, ministres d'un Dieu de paix, venu, non pour perdre les âmes, mais pour les sauver, à s'abstenir de toute excommunication publique, et à prêter une oreille favorable à ceux qui, engagés dans les liens d'un mariage mixte, s'approcheraient du tribunal de la pénitence, ou, en cas de maladie, demanderaient les sacrements pour se réconcilier avec Dieu, dont la miséricorde dépasse l'iniquité des hommes (1).
Le pieux archevêque [f 26 décembre 1842] montrait d'autant plus volontiers cette indulgence éclairée, que le roi donnait chaque jour de nouvelles preuves de sa bienveillance envers TÉglise et de son respect pour la liberté. Une série d'actes royaux vint confirmer cette confiance de l'archevêque. Un décret du 1er janvier 1841 permit aux évêques de correspondre librement avec Rome ; un autre décret, du 12 février suivant, créa, aux ministères des cultes et de l'instruction publique, une division spéciale pour les affaires catholiques, sous la direction du conseiller intime M. de Duesberg.
L'affaire de Cologne fut également terminée, grâce à la volonté persévérante du roi, d'une manière satisfaisante pour les deux parties (2). A la suite des négociations entamées et dirigées à Rome par le comte Brühl, le roi de Bavière autorisa Mgr de Geissel, évêque de Spire, administrateur à la fois ferme et conciliant, de quitter ses États et d'accepter la coadjutorerie de Cologne. De son côté, le roi de Prusse déclara publiquement n'avoir jamais admis que l'archevêque de Cologne eût pris part à des intrigues politiques et révolutionnaires. La proclamation injurieuse publiée lors de l'enlèvement de l'archevêque de Cologne et de sa translation à Minden, fut publiquement désavouée par M. de Bodelschwingh, premier président. A la suite de ces satisfactions honorables, Clément-Auguste renonça
(1) La première lettre pastorale est dans le Sion, 1840, n° 11, en latin et en allemand, 117; sur la seconde, voyez le Catholique, 1842, juin, suppl., p. CIX et suiv.
(2) /.-/. Guerres, l'Église et l'État, d'après les derniers errements de Cologne. Weissenb., 1842. En môme temps parut l'écrit intitulé : la Paix de l'Église et de l'État, d'après l'affaire de Berlin, par Clém.« Aug. baron Droste de Vischeriny. Munster, 1843.
à l'administration du diocèse. « Désormais, dit-il dans une » touchante lettre d'adieu (1) adressée aux fidèles de son » diocèse, et jusqu'au jour de ma mort, je n'aurai plus » qu'à lever les mains vers le ciel, comme autrefois Moïse, » pour attirer sur mon peuple, par l'ardeur de mes » prières, les grâces du Tout-Puissant [f 19 octobre )) 1845]. » Le roi continua à donner d'éclatants témoignages de sa bienveillance envers l'Église de Cologne, en contribuant par des sommes considérables, et par un appel fait à toute la chétienté (2), à l'achèvement de sa magnifique cathédrale.
§ 412. — Province ecclésiastique du Haut-Rhin.
Essais sur l'histoire contemporaine du catholicisme en Allemagne, par J. M. L. fi.... Strasbourg, 1823. Longner, des Rapports des évèques, sous le point de vue légal, dans les diocèses du Haut- Rhin. Tubingue, 1840. Situation du catholicisme dans le duché de Bade. Ratisbonne, 1841-43, 2 part. Mack, Gatholica, ou Communications sur le catholicisme du Wurtemberg. Augsb., 1841. Cf. les Feuilles hist.-polit., t. VIII, p. 1-16; J38 et suiv., 294 et suiv., 358 et suiv., 545 et suiv. Réflexions sur la situation religieuse et politique du duché de Bade; Lettres du Haut-Rhin, dans le Catholique de 1843. Gams, 1. cit., 1. 1, p. 405-472.
Le nombre des catholiques conquis par les gouvernements protestants du Wurtemberg et de Bade, à la suite de la sécularisation, était si considérable, qu'ils formèrent ici les deux tiers, là le tiers de la population totale. Les droits des catholiques n'en furent pas plus respectés ; l'Église fut soumise, comme en Prusse et en Bavière, par des édits de religion et des ordonnances spéciales à la surveillance inquiète de la bureaucratie de l'État. Ainsi, le 20 mars 1803, le gouvernement du Wurtemberg ordonna « que désormais
(1) La lettre du roi de Prusse à Clément-Auguste (Catholique, 1842, févr., suppl. p. LXX et suiv.). Adieux de Clément-Auguste (Catholique, 1842, mai, suppl., p. LXIII et suiv.). Lettre pastorale du coadjuteur, dans le Sion 1842, mars, n°3.>7.
(2) Sur une association formée à Mexico pour la continuation de la cathédrale de Cologne, après l'appel au roi de Prusse, voyez la Feuille la Callièdrule de Coluyne, 1843, n° 43.
toute publication ecclésiastique imprimée porterait en tête : par autorisation royale, afin d'épargner par là toute incertitude au clergé, » ordonnance qu'il renouvela (14 juin 1803) et fortifia par des menaces de châtiment en cas d'infraction. Bientôt après, le 2 mars 1805, il décréta « que les dispenses de jeûne données par l'évêque devaient avoir, comme tout autre acte, \e placet du gouvernement, qu'aucune fête, aucun office divin, même accidentel, ne pourrait être célébré dans l'église en dehors du dimanche ; qu'il fallait substituer le travail à la fréquentation des églises. » La nomination des bénéfices ecclésiastiques fut subordonnée au droit de patronage seigneurial, et dépendit du conseil ecclésiastique et royal par lequel les aspirants seraient jugés à la suite d'un concours. Ce conseil eut aussi la haute main sur les études; enfin il devait connaître de toutes les demandes de dispenses pour les mariages. — Les biens meubles et immeubles des couvents furent, ici comme ailleurs, dévastés et dispersés, les religieux souvent maltraités, et les catholiques si invariablement exclus de toutes les charges publiques, qu'une vive fermentation se manifesta dans l'Oberland badois, qu'elle appela l'attention de Napoléon, en sa qualité de protecteur de la Confédération du Rhin, et le détermina à envoyer une note menaçante au gouvernement de Bade, contre le système en vigueur, et d'après lequel « on excluait les catholiques et les habitants des pays nouvellement unis à Bade, de toute participation aux affaires et aux emplois de l'État. On privait Mannheim, Fribourg et d'autres villes importantes de tous les établissements qui pouvaient contribuer à leur bienêtre et à leur splendeur. » Cette note produisit un prompt effet : le grand-duc Charles-Frédéric nomma le baron d'Andlaw, catholique zélé, ministre de l'intérieur (mars 1810). L'administration ecclésiastique de Bade, pour les catholiques nouvellement conquis, résidait à Constance, "Würzbourg et Bruchsal. Le vicaire général de Wessembei'g résidait à Constance, dont plus tard l'archevêque Dalberg le nomma coadjuteur; il prit, à côté de quelques mesures fort bonnes, une voie tout à fait déplorable et contraire aux intérêts de l'Église, dont non-seulement le pape témoigna son mecontement (fév. 1810), mais dont le gou-
reniement de Fribourg et le roi de Wurtemberg lui-même se plaignirent. Le roi fit plus, car, pour entraver l'influence de Wessemberg dans son royaume, il ordonna (1811), «vu que l'arbitraire introduit par le bas clergé dans le culte divin en abolissant la langue latine propageait la discorde de village en village, détruisait l'uniformité du culte et troublait les consciences, que la langue latine serait conservée ou rétablie partout où elle avait été en usage, et qu'on ne ferait pas le moindre changement dans les rites anciens et les coutumes traditionnelles. » Par contre, l'influence de Wessemberg dominait la commission catholique établie à Carlsruhe [1803 devenue plus tard la division des cultes [1812], et dans laquelle fonctionnaient, comme membres ecclésiastiques, Brunner, un prétendu catholique éclairé, et Hœberlin, l'adversaire du célibat des prêtres. Après la mort du prince-évêque de Wiirtzbourg, Georges-Cbarles de Fechembach, l'archevêque Dalberg soumit la partie badoise de son diocèse à la juridiction du vicariat de Bruchsal [1808]. Cependant, ici comme en Bavière, Napoléon empêchait secrètement l'érection des nouveaux évêchés, qu'avaient sincèrement entreprise les gouvernements de Bade et de Wurtemberg [1807-1808] : il ne voulut point tolérer en Allemagne la présence du nonce délia Genga, que le pape fut obligé d'envoyer à Paris. Dès le 21 septembre 1807, le comte de Champagny, ministre de l'empereur, avait remis au cardinal Caprara une note catégorique qui portait « qu'en sa qualité de protecteur de la Confédération du Rhin, l'empereur devait s'intéresser à la religion de ce grand pays ; — qu'il désirait en conséquence que le concordat de l'Allemagne fût négocié sous ses yeux, à Paris : — l'empereur se plaignait d'ailleurs hypocritement « de ce que le pape n'avait donné aucune attention aux plaintes des Églises d'Allemagne, et les avait négligées depuis dix ans. » — Ce qui était vrai, c'était que, grâce à l'omnipotence de l'État, au protestantisme des hommes charges de la direction des affaires et à l'influence anti-ecclésiastique de WTessemberg, l'Église catholique était foncièrement ruinée dans le grand-duché de Bade. — Dans le Wurtemberg, la sollicitude du roi Frédéric avait fait ériger un vicariat général à Elhvangen, à
la tête duquel était placé l'ancien coadjuteurd'Augsbourg, François-Charles, prince de Hohenlohe, évêque de Tempe [1812]. L'archevêque Dalberg avait consenti à séparer de son ressort la partie wurtembergoise du diocèse d'Augsbourg, ce qui ne fut approuvé que beaucoup plus tard par le Saint-Siège [21 mars 1816]. A la même époque, c'est-àdire dès le 30 octobre 1812, une université catholique fut érigée à Elwangen . Les étudiants de théologie catholique du Wurtemberg devaient seuls la fréquenter. Plus tard, en 1817, elle fut incorporée comme faculté de théologie catholique à l'université de Tubingue, et le vicariat général tranféré à Rottenbourg.
La mort du prince-primat Charles-Théodore de Dalberg, archevêque de Ratisbonne [10 février 1817], entraînant la vacance des évêchés de Constance et de Worms, suscita de nouvelles difficultés aux catholiques du grand duché de Bade et du royaume de Wurtemberg, subordonnés à ces évêchés. Cependant on voulut mettre un terme aux incertitudes de cette situation. En conséquence, les envoyés des princes protestants (Wurtemberg, Bade, les deux Hesse, Nassau, Mecklenbourg, les duchés saxons, Oldenbourg, Waldeck, Lübeck, Brème, Francfort et Hambourg) se réunirent, le 24 mars 1818, à Francfort-sur-le-Mein, pour y poser les bases d'une convention avec le Saint-Siège. Les catholiques augurèrent mal des résultats de l'assemblée, lorsqu'ils reconnurent, dans le discours d'ouverture de l'envoyé de Wurtemberg, baron de Wangenheim, la manière dont les princes protestants se posaient vis-à-vis du pape. Leurs appréhensions furent promptement justifiées; car les membres de la conférence établirent pour bases de la négociation les principes de la punctation d'Ems, et la pensée d'une église nationale d'Allemagne. Aussi les envoyés du Wurtemberg et de Bade ne purent-ils faire agréer par Rome les propositions" qu'ils présentaient, au nom de la Confédération, sous le titre de Magna charta libertatis Ecclesiœ calholicœ romance. De nouvelles négociations furent reprises à Francfort, et de nouvelles communications avec Rome eurent d'abord pour résultat la publication de la bulle de Pie VII Provida solersque [16 août 1821], érigeant l'archevêché de Fribourg et les évêchés suffragants de
Rottenbourg, de Mayence, de Fulde et de Limbourg (1). Le pape espérait de la sagesse des princes intéressés qu'on s'entendrait sur les questions encore en litige. Son espoir fut trompé d'abord; car il lui fut impossible de donner l'institution canonique aux évêques désignés par les princes protestants pour occuper les nouveaux sièges, notamment au baron de Wessenberg (2), qui, après avoir été coadjuteur du prince de Dalberg, à Constance, avait été élu vicaire capitulaire après la mort du prince-primat, et avait été repoussé par le Saint-Siège pour de graves et légitimes motifs [15 mars 1817]. Le pape avait appris, en effet, que ces évêques s'étaient engagés, d'une manière générale, à adhérer aux principes établis par l'État, dans une prétendue pragmatique ecclésiastique (3), condamnée par Rome en 1819. Les négociations ainsi interrompues ne furent reprises que sous Léon XII, qui, ayant égard aux conditions locales, régla, par la bulle Ad Dominici gregis custodiam [11 avril 1827], ce qui concernait le mode futur d'élection, le procès d'information, la constitution des chapitres, la nomination de leurs membres, les séminaires, la liberté de communication avec Rome et l'exercice des droits épiscopaux (4). En conséquence de cette bulle, le 21 octobre 1827, le premier archevêque et métropolitain de la province ecclésiastique du Haut-Rhin, Bernard Boll,
(1) La bulle se trouve dans les ouvrages cités en tête du § 399. Walter, Droit canon; 8' édit., p. 723 etsuiv.
(2) Le Saint-Siège avait pour raison principale de ce refus les soupçons qu'il avait conçus sur les vraies dispositions du prélat à l'égard de l'Église, par suite de plusieurs mesures que celui-ci avait prises en sa qualité de coadjuteur du diocèse de Constance. Et s'il fallait une preuve éclatante de la justice de ces soupçons, on la trouverait dans un ouvrage de M. de Wessenberg lui-même, et qui porte le titre de Histoire des des conciles du XIVe et du XVe siècle, Voyez la critique, de cet écrit par Hefele, dans la Feuille ecclés. de l'Allemagne mérid., 1841, n°» 32, 33, 38. Même quand on donnerait à ses idées la meilleure interprétation possible, toujours est-il que l'auteur reprocbe aux Jésuites d'avoir confondu le christianisme avec l'Eglise, d'où il suit qu'il paraîtrait préférer un christianisme sans Eglise. Voyez son ouvrage, t. IV, p. 377 Pour l'histoire de son épiscopat, voyez le travail sur le catholicisme dans le duché de Bade, p. 30 et suiv.
(3) Pragmatique ecclés. pour les provinces cathol. du Haut-Rhin, avec des notes par Laurent Wolf. Wurtzbourg, 1823.
(4) La bulle est dans Walter, Droit canon, 8« édit., p. 735.
premier évêque de Fribourg (substitué à Constance), entra solennellement dans la majestueuse cathédrale de Fribourg. Dix-huit mois plus tard [19 mai 1829), l'cvêque de Rottenbourg fut installé à son tour. Cependant les gouvernements intéressés, qui devaient régler d'un commun accord les rapports de l'État et de l'Égù?e, déterminer le mode d'action, de surveillance, de protection à exercer par l'un sur l'autre, ne voulurent publier ce règlement qu'après avoir vu le pape nommer aux cinq sièges épiscopaux encore vacants. Ces nominations faites, après de longs débats, et l'engagement pris de part et d'autre d'exécuter les résolutions arrêtées, on publia, le 30 janvier 1830 (1), un règlement en trente-neuf paragraphes, qui, n'étant au fond que la reproduction de la pragmatique précédemment rejetée par le pape, privait l'Église de toute liberté réelle et soumettait tous ses actes au placet de la police. Le baron de Hornstien s'éleva avec vigueur contre ce règlement, dans les chambres de Wurtemberg, et démontra clairement combien plusieurs de ces paragraphes blessaient la justice et les droits de l'Kglise. Le pape Pie VIII se plaignit à son tour, accusant les évoques de la province ecclésiastique du Haut- Rhin d'avoir gardé le silence, alors qu'il eût été de leur devoir d'élever la voix, et de déclarer, comme les apôtres, qu'il faut ubéir ä Dieu plutôt qu'aux hommes (2). Les craintes des catholiques et du souverain pontife étaient d'autant plus fondées, qu'on chargea de l'exécution du règlement ceux-là mêmes qui
(1) Walter, p. 738 et suiv., et Revue trimestr. de Tubingue, 1830, p. 162 et smv.
(2) Dans le bref adressé aux évêques des provinces du Haut-Rhin, il est dit : Vestrum enira omni no erat, ea sedulo prœstare, quas tanta verborum gravitate Paulus apost. Timotheo discipulo suo et ejus persona episcopis omnibus inculcat, qunm ait : « Preedica verbnm, » insta opportune, importune, argue, obsecra, increpa in omni pa- » tientia et doctrina, etc.. Tu vero vigila, in omnibus labora, opus » fac evan?elistae, ministerium tuum impie. » Vestrum erat vocem tollere pastoralem, ita ut errantium castigatio esset simul fraeno ac timori vacillantibus, juxta Hlud ejusdem apostoli : « Peccantes co- » ram omnibus aru^ue, ut et o;eteri timorem habeant. » Denique vestrum erat, exemplum iinitari apostolorum, qui silentium indicentibus evangelica libeitate responderunt : « Obedire oportet Deo ma- » gis quam hominibus, »
avaient préparé et conduit toute l'affaire. u'Église devint, en quelque sorte, une branche du ministère de l'intérieur et des cultes, et les autorités ecclésiastiques ne furent plus pour ainsi dire, que des fonctionnaires dépendants de l'autorité civile et administrative. Ainsi, l'église de la province ecclésiastique du Rhin fut réellement privée de toute liberté, de toute indépendance. La tutelle de l'État devint pour l'Église un vrai despotisme, qui obligea, dans les dernières années de sa vie, le plus pacifique et le plus tolérant des hommes, l'archevêque Boll, à renoncer à l'administration de son diocèse, dont il n'avait pu, malgré ses vives instances auprès des Chambres, renvoyer le professeur Reichling-Meldegg, qui avait osé nier la divinité de Jésus-Christ, dans ses cours de théologie catholique à l'uni\ersité de Fribourg.
La discussion religieuse soulevée en Prusse [1837], et qui avait vivement ému toute la catholicité, devait avoir du retentissement dans un pays dont la foi catholique avait été si noblement défendue par les travaux de l'immortel Mœhler. Le Wurtemberg, dont la situation, quant aux mariages mixtes et à la liberté de TÉglise catholique, était encore pire que celle de la Prusse, vit, surtout parmi le jeune clergé, se manifester une réaction générale contre l'exercice du jus in sacra, usurpé par le gouvernement. L'évêque de Rottenbourg crut de son devoir de présenter, dans la deuxième chambre, une motion dans laquelle il réclamait en faveur de l'autonomie de l'Église, garantie par la constitution (1). En vain l'évêque fit valoir les mo-
(1) Les principaux points de la motion de l'évêque nous font comprendre quelle était la persécution qu'on faisait peser sur l'Église. (Le Catholique 1842, févr., suppl., p. XC et suiv.) Il demande pour le maintien de la liberté religieuse : l» qu'on laisse exclusivement à l'évêque la haute direction et la surveillance du clergé. Cependant, d'après un projet de règlement administratif présenté par l'officialité de l'évêque, cette direction est limitée et l'objet d'une jalouse surveillance. La suspension des ecclésiastiques est d'abord prononcée parle conseil ecclésiastique ; celle de l'ordinaire ne vient qu'ensuite; 2° aucun autre pays ne tient si peu de compte des principes de l'Église dans la question des bénéfices ; 3" d'après le droit canon, l'évêque doit avoir l'administration des biens ecclésiastiques, dans lesquels rentrent également les fonds intercalaires ; mais les empiétements du conseil ecclésiastique ont réduit cette direction à sa plus simple expression ;4° la visite des
tifs les plus sérieux ; il trouva si peu d'assentiment parmi les hommes chargés de la défense des droits garantis à tous, que l'un des membres de la chambre, connu par l'exagération de son libéralisme ecclésiastique, Carové, crut devoir reprocher à ses collègues d'avoir méconnu, en cette circonstance, la justice et le véritable esprit du siècle. L'évêque de Rottenbourg [f le 17 octobre 1845], n'eut pas plus de succès lorsqu'il réclama contre la mesure violente qui éloignait de l'université de Tubingue l'orthodoxe professeur Mack, et renvoyait du collège de Guillaume les répétiteurs animés de l'esprit du maître. Les ennemis de l'Église trouvèrent ce moyen de réfutation facile et commode. On imposa silence, en les destituant, aux hommes influents de diverses universités du cercle du Rhin. Ainsi le docteur Riffel, professeur de théologie catholique à l'université de Giessen (grand duché de Hesse), ayant exposé l'histoire des commencements de la réformation, fut, non pas scientifiquement réfuté, mais administrativement mis à la retraite (1).
doyennés par l'évêque ou par des commissaires délégués par lui est un des droits les plus essentiels de l'épiscopat. Or, dans le pays de Bade, on adjoint un commissaire du gouvernement à celui de l'évêque; 5° l'Église catholique, non plus que l'Église protestante n'a jamais vu de bon œil les mariages mixtes; néanmoins elle les tolère et ne les regarde pas comme non valides. Mais prendre des mesures acerbes contre tout prêtre qui refuse de les bénir, par délicatesse de conscience et par des motifs qui ont leur source dans un profond respect pour la religion, c'est attaquer la liberté religieuse et la constitution tout à la fois; 6° l'évêque ne peut reconnaître au conseil ecclésiastique aucun droit inquisitorial sur les membres du clergé, ni "le laisser confirmer par l'autorité supérieure, sans avoir préalablement communiqué l'affaire à l'ofïîcialité diocésaine pour être approfondie par elle; 7° l'autonomie de l'Église assure à l'évêque la pleine direction du séminaire diocésain et ne lui impose aucune entrave quand il s'agit de l'ordination; 8° la censure des livres de théologie est considérée par le corps du clergé et par tout le public lettré comme une oppression honteuse. La presse devrait être libre pour les catholiques comme pour les protestants. La mauvaise presse catholique ne tarderait pas à trouver des adversaires et se tuerait elle-même. 9° L'évêque a le droit de se convaincre par lui-même de la capacité des candidats pour les fonctions de prédicateur, en leur faisant subir, au siège même de l'Evèché, un examen public qui permette de leur conférer les bénéfices de l'Église. (1) Cf. le Catholique, 1841, déc, suppl., p. XCII et suiv.; 1842,
Cependant la première chambre de Wurtemberg se montra plus juste, en votant, le 6 juin 1842, une adresse au roi pour le prier de régler, d'une manière plus nette et par les voies convenables, la position de l'Église catholique vis-à-vis du pouvoir politique (1). Mais ici aussi la justice se fit attendre de la part du gouvernement, et il fallut de nouveaux événements pour lui arracher de nouvelles concessions.
Les affaires de Bade ne marchaient pas mieux. En vain, après la mort de l'archevêque Boll, ses successeurs Démêler et Mgr de Vicari firent de fréquentes réclamations. A l'oppression de la bureaucratie gouvernementale se joignait l'influence des chambres, qui, dans l'excentricité de leur libéralisme, favorisaient le clergé hostile au célibat. C'est ainsi que Dominique Kuenzer, doyen de l'église de l'Hôpital à Constance, mis en demeure par l'ordinaire épiscopal de quitter une association, ayant pour but l'abolition du célibat et de diverses autres institutions ecclésiastiques, put chercher et trouver de l'appui auprès de la division des cultes de Carlsruhe et menacer te clergé de la colère des chambres (1830). La bienveillance personnelle du grand-duc Leopold ne pouvait atténuer cette hostilité que par des actes privés, comme Tappet d'hommes dévoués à l'Église, à la faculté de théologie de l'université de Fribourg, l'érection du séminaire supérieur pour les théologiens [1842]; encore le gouvernement parvenait-il la plupart du temps à annuler ces bonnes dispositions. Aussi les chambres repoussèrent-elles les motions faites en 1846 par Buss, en 1850 par Hirscher, pour l'abrogation des lois et des institutions contraires à la liberté de l'Église (2). Enfin, lorsque la catastrophe de 1848 eut porté ses fruits les plus amers pour l'État comme pour l'Eglise, précisément dans le pays de Bade, l'archevêque de Fribourg, Hermann de Vicari, crut devoir revendiquer l'autonomie
janv.. snppl., p. XXXVII et suiv.; leSion, 1842, avril, n° 46 et suiv., et le Droit du libre examen, dans les Feuilles hist.-polit., t. IX, p. 158-68.
(î ) Voyez la Circulaire du Vieux de la Montagne, qui prit une place importante dans les débats des Chambres.
(2) Motion du député Kirscher sur la question religieuse. Frib. 1850.
et les droits de l'Église sans lesquels ne prospèrent véritablement ni l'État ni la société [21 mars 1848]. Mais au moment où, après les plus pénibles expériences, la Prusse, le plus grand État protestant de l'Allemagne, avait cru devoir accorder à l'Église l'extension de ses droits et de sa liberté, au moment où tout en Allemagne poussait à l'union et à l'unité, dans la législation, les monnaies, les poids et mesures, les octrois, le gouvernement crut pouvoir encore refuser aux catholiques, prépondérants par leur nombre dans le pays de Bade, la liberté de leur Église. Il s'entendit à Carlsruhe avec les commissaires des autres souverains de la province ecclésiastique du Haut-Rhin, dont les évêques avaient joint dans un mémoire leurs réclamations à celles de l'archevêque de Fribourg [1851]. La décision se faisait attendre, malgré les pressantes instances des évêques. Alors le métropolitain (1) réunit ses suffragants de Mayence, Rottembourg, Limbourg et Fulde, dans une conférence à Fribourg [février 1853], dont le résultat fut notifié aux divers gouvernements par les évêques, qui déclarèrent qu'après qu'ils auraient motivé dans un second mémoire détaillé toutes leurs demandes, ils passeraient outre et agiraient comme si on avait fait droit à leurs justes demandes. Les gouvernements les repoussèrent pour la plupart [5 mars 1853], avant même d'avoir reçu le mémoire, qu'en effet les évêques, réunis de nouveau à Fribourg, rédigèrent et remirent le 18 juin 1853, « bien » persuadés d'ailleurs, disaient-ils, qu'on ne voudrait pas » violenter leur conscience d'une manière inouïe et les » contraindre d'exposer le salut de leur âme immor- » telle, en interdisant dans leurs diocèses, comme incon- » ciliable avec les droits de l'État, l'usage des droits qui » sont d'une nécessité absolue pour maintenir l'Église » conformément à la doctrine et aux préceptes du Fils de » Dieu, droits qui ont toujours été exercés en Allemagne » sans contestation, qui ont été stipulés clairement dans » les bulles Provida solersque, et Ad Dominici gregis custo- » diam, qui sont reconnus dans un des États de la province
(l) Mast, Essai histor. et dogmatiqua sur la position légale des archevêques. Frib. 1847.
» ecclésiastique du Haut-Rhin (la Hesse électorale), des ») droits qui portent en eux-mêmes leur justification, et qui » sont tellement fondés en vérité, qu'il est impossible de » les contester et de les interdire plus longtemps. » — Les évêques revendiquaient : 1° le droit d'élever et d'instituer librement leurs prêtres et d'imposer aux prêtres et aux laïques la discipline catholique; 2° de posséder et d'ériger des écoles catholiques; 3° de faire fleurir la religion catholique par toutes les institutions et les associations en usage clans l'Église catholique; 4° d'administrer librement les biens appartenant à l'Église catholique, et garantis par le traité de paix de Westphalie et les résolutions de la députation de l'Empire à Ratisbonne. — Le gouvernement répondit qu'on en resterait aux concessions faites le 3 mars 1 853, et menaça de réprimer et de punir toute tentative d'aller au delà. Ces menaces n'effrayèrent pas le vieil archevêque Hermann et ne l'empêchèrent pas de sommer les membres du conseil supérieur ecclésiastique (ancienne division des cultes) d'agir conformément aux demandes du mémoire, ou de renoncer à leurs fonctions, les menaçant, en cas de refus, de l'excommunication, et de faire les examens et le concours des candidats du séminaire sans les commissaires du gouvernement. Celui-ci donna, à son tour, plein pouvoir au directeur de la ville de Fribourg, Bürger [7 novembre 1833], chargé d'apposer sa signature à tout acte archiépiscopal, sous peine de nullité, de poursuivre tout ecclésiastique qui obéirait aux ordonnances de l'évêque noncontre-signées. L'excommunication dont le prélat avait menacé fut en effet prononcée publiquement en chaire contre les commissaires et les membres du conseil supérieur ecclésiastique, et on y lut en même temps une lettre pastorale dans laquelle il protestait contre les empiétements de l'État. Bientôt après, il nomma aux cures vacantes, et qui n'étaient ni sous le patronage de l'État ni sous celui d'un particulier, et fit expliquer et justifier l'exercice légitime de ses droits par le clergé, dans quatre prédications suivies, qui suppléèrent au silence des journaux du pays, auxquels le gouvernement avait défendu de prendre sa défense, pendant qu'il arrêtait et confisquait les journaux étrangers qui l'avaient entreprise. Le
gouvernement donna alors suite aux menaces du 7 novembre, fit emprisonner les ecclésiastiques qui, fidèles à leur devoir, avaient obéi aux ordres de l'arcbevêque. Mais la presque totalité des ecclésiastiques ayant, au grand étonnement du gouvernement, obéi à l'évêque, et leur emprisonnement devant interrompre tout exercice du culte, on changea la prison en amendes pécuniaires ou en retenues d'appointements. Cette conduite du gouvernement fut hautement désapprouvée dans deux allocutions du pape Pie IX [19 décembre 1853 et 9 janvier 1854] et dans de nombreuses adresses de félicitations signées par presque tous les évêques d'Europe et d'Amérique, par beaucoup de savants, d'ecclésiastiques et d'associations pieuses de divers diocèses. De nombreuses souscriptions furent aussi recueillies et envoyées à l'archevêque de Fribourg pour son clergé persécuté. Le gouvernement, persévérant dans sa voie, porta plus directement encore la main dans l'administration des biens de l'Église par ses arrêtés du 18 avril et des 6 et 18 mai ; l'archevêque y répondit par une ordonnance du 5 mai 1854, chargeant un avocat assermenté d'administrer les biens de l'Eglise, dans chaque localité, conformément aux prescriptions du droit canon. Les communes catholiques furent plus profondément agitées qu'elles ne l'avaient été jusqu'alors. Les unes, en grand nombre, prirent parti pour l'archevêque, d'autres pourle gouvernement. Dans l'Odenwald on craignit une opposition ouverte; des troupes furent envoyées dans les localités rebelles et augmentèrent par leur présence les rigueurs d'un temps de cherté. L'archevêque, poursuivi criminellement pour avoir, alléguait-on, violé la fidélité jurée au souverain et l'obéissance aux lois, fut gardé à vue dans son palais par des gendarmes [23-30 mai]. A cette nouvelle, les cloches et les orgues se turent dans la plupart des églises du diocèse; mais, de toutes parts, retentirent des prières pour la liberté de l'Église et deson chef. Rendu à le Cherté quelques jours après, l'archevêque se justifia de nouveau dans une lettre pastorale lue aux fidèles pendant le service divin [3 juin 1854] contre l'accusation dont on avait osé charger le pasteur octogénaire, qui, aux portes du tombeau, protestait que, dans des temps de déca-
dence et de rébellion presque générale, il était resté toujours fidèle à l'État et le lui avait prouvé. Cependant le gouvernement avait envoyé à Rome, pour y entrer en négociation, le comte Lêiningen et le conseiller Brunner : les évêques du Haut-Rhin avaient depuis longtemps déclaré, à la suite de leur mémoire, « qu'ils étaient prêts à obéir à tous les ordres du saint Père, clans le cas où le gouvernement trouverait bon de le consulter. » Enfin, après de longues et pénibles négociations, on stipula à Rome [17 juin et 7 septembre] des articles préliminaires, d'après lesquels le procès intenté à l'archevêque devait être annulé, les amendes prononcées contre le clergé restituées, l'administration des biens de l'Église remise en l'état antérieur à la discussion actuelle, l'archevêque laissé libre dans l'exercice des droits contestés, des administrateurs nommés provisoirement aux cures vacantes, avec les émoluments ordinaires. La pub'ication de ces articles fut faite par le ministère et l'ordinaire ecclésiastique dans la seconde moitié de novembre 1854 (1).
(l) Les actes et les écrits les plus importants sur cette controverse sont : Restauration du droit canon dans la province du Haut-Rhin, par un homme d'Etat. Stuttg., i*53; Mémoire de l'épiscopat du Haut-Rhin. Frib., 1853; Réponse de Farchev de Fiib. aux décisions du gouvernement grand-ducal de Bade au 5 mars 1*53. Frib., 1*53; Explications et décisions des administrations de la province du Haut- Rhin, relatives au mémoire des évêques du mois de mars 1851. Schall., 1*53; le Droit de l'église dans la controverse ecclés. de Bade; Justification des excommunications. Mayence, i»53; De quoi s'agit-il dans la controverse de Bade ? Mayence, 1*54; les Empiétetements du gouvern. de Bade. Mayence, 1*54; Mémoire des évêques badois aux deux chambres. Ratii-b., 1*54; hidor Kaïm, Éclaircissements sur la comrov. badoise. Leipz., 1-54; Hirseher, Orientation dans lacontrov. actuelle, trib., 1*54; Lieber, Affaires de la province eccles. du Haut-Rhin. Frib., 1*53; Kettehr, évêque de Mayence, le Droit canon et l'Église catho). en Allemagne. Mayence, 1854; Riancey, la Liberté de l'Eglise et la persécution relig. dans le grandduché de Bade. Paris, 1853 ; Seitz, les Vrais rapports des évêques cathol. allemands avec les gouvernements al". Mayence, 1854; Exposition d'après les actes de la controv. dans la Revue trira. allem, de 1*54, p. 65, 66 et 68 ; Explications et discussions du droit et du fait dans les Feuilles hist. de 1^53 etlö54; dans la Volkshotle de Cologne ; dans la Feuille pop. de Stuttgart ; dans le Journal de Mayence dans le Pèlerin chrét. de Spire ; dans l'Ami de la religion et l'Univers 1853-54; Adresses à l'archev. de Frib. Herrn, de Vicari, des diffé