DB PIE IX
aux emplois publics, la presse eut ses coudées plus franches. Des autorisations furent accordées pour la construction de voies ferrées. Ces réformes causèrent quelques inquiétudes aux esprits sérieux; cependant le pape fut acclamé par toute l'Italie, et l'Europe protestante se joignit ellemême à ce concert de louanges. ^
Toutefois, ces concessions faites si généreusement par Pie IX, furent loin de réconcilier et de pacifier les esprits. Les radicaux sortis de prison ou revenus de l'exil, attaquèrent toutes les colonnes de l'ordre dans l'État aussi bien que dans l'Église. Lorsque, au commencement de 4 848, après les événements de France, des soulèvements se firent dans presque toute l'Italie, de la Lombardie à la Sicile, ils crurent le moment favorable pour agir aussi à Rome. Ils animèrent et fanatisèrent le peuple par des démonstrations sans fin, et pressèrent avec importunité le pape, qu'ils venaient d'acclamer, de leur accorder des concessions plus larges encore. Gomme par exemple d'éloigner les Jésuites de Rome. Sous le masque du respectais voulaient faire du pape un instrument des Mazziniens, et le forcer à déclarer la guerre à l'Autriche; ils le sollicitèrent d'appeler toute l'Italie à « une croisade ». Ce n'était pas assez pour les mécontents qu'une constitution leur eût été donnée le 44 mars 1848, qu'un ministère réformateur eût été établi et deux chambres créées pour le vote des impôts et la confection des lois, ils excitèrent de nouveaux soulèvements et exploitèrent le refus du pape de faire la guerre à l'Autriche, de manière à lui enlever tout pouvoir et à lui imposer le révolutionnaire Mamiani pour ministre.
Vainement Pie IX recommanda (31 mars) aux Italiens la modération; vainement il leur rappela dans son allocution du 29 avril « qu'en sa qualité de père de tous les catholiques, il ne pouvait prendre part aux factions politiques, mais uniquement souhaiter la paix au monde entier, et surtout à l'Italie. » Le premier enthousiasme des démagogues se changea bientôt en froideur et en haine contre Pie IX.
Le pape dut congédier le ministère Mamiani. Après plusieurs combinaisons de ministères qui ne réussirent point, il confia la conduite du gouvernement au comte Rossi, qui