EN PORTUGAL ET EN ESPAGNE
s'est aussi accomplie pour Pie IX; son zèle s'est comniu-, nique à la plupart des pays catholiques, et y a produit un renouvellement de vie religieuse (1).
Ce renouvellement s'est fait sentir moins qu'ailleurs en Portugal et en Espagne, à cause des séditions et des luttes de partis qui agitent sans cesse ces deux royaumes.
Le Portugal compte près de 4 millions d'habitants, tous catholiques. Ils sont répartis en trois provinces ecclésiastiques, ayant chacune à sa tête un archevêque. L'archevêque de Lisbonne porte le titre de patriarche ; il a pour suffragants les évêques de Gastelbianco, de Guarda, de Lamego, de Leira, de Portalègre, des Açores, d'Angola, d'Angra, de Funchal, de Santiago, du Cap-Vert et de Saint -Thomas. De l'archevêque et primat de Braga dépendent les évêques d'Aveiro, de Bragance, de Miranda, de Coïmbre, de Porto, de Pinhel et de Vizno. De l'archevêché d'Évora relèvent les évêchés de Béja, d'Elvas et de Faro. Comme dans d'autres pays catholiques, les évêques sont désignés par le roi. En 1856, quelques difficultés, qui survinrent au sujet de la nomination aux évêchés de l'Inde, donnèrent lieu à un compromis avec Borne, le gouvernement portugais s'étant toujours refusé à un concordat.
Le 3 juillet 1862, Pie IX adressa, aux évêques de Portugal, un bref dans lequel il les exhorte instamment à remplir leurs devoirs avec un zèle tout particulier dans la triste situation où se trouve l'Église portugaise, de veiller avec soin sur la conduite du clergé, de se préoccuper de la bonne éducation des aspirants au sacerdoce, et de ne permettre pour l'étude de la théologie que des livres approuvés par l'Église. Il attire également leur attention sur le rétablissement de la discipline dans les monastères, sur l'éducation religieuse de la jeunesse, sur la nécessité d'instruire et d'édifier le peuple. En terminant, il se plaint de ce que les évêques de Portugal n'ont pas paru à Borne aux fêtes de la canonisation, le 8 juin 1862, ni, du moins, écrit pour faire connaître qu'ils s'y associaient.
Au reste, bien difficile est la position de l'épiscopat et
(1) A. Niedermayer, Luttes et progrès de l'Eglise de nos jours. Frib., 1862.
du clergé portugais vis-à-vis d:un gouvernement hostile à l'Église. Soutenu par le parti libéral qui domine, il ne cesse d'entraver l'exercice de la religion catholique, de léser ses intérêts, de nuire à ses institutions. Dans la question romaine, il a pris parti pour les ennemis du Saint- Siège, et le mariage du jeune roi Louis avec une fille de Yictor-Emmanuel n'a pu que l'affermir dans ces sentiments. Ce qu'il y a surtout de déplorable, c'est le manque de prêtres. Pas plus dans la mère patrie que dans les colonies, ils ne suffisent aux fonctions les plus pressantes du ministère sacerdotal. En maintes circonstances, les baptêmes et les mariages doivent être faits par des laïques. Les monastères d'hommes ont tout à fait disparu ; le nombre des monastères de femmes est petit, et ceux qui existent menacent de s'éteindre, car, depuis 1834, on n'a pu admettre aucune novice. Quelques sœurs de la Charité, la plupart françaises, ont été elles-mêmes, en 1858, chassées de Lisbonne par la force brutale, et ont dû invoquer la protection de la France.
Les journaux catholiques qui paraissent en Portugal sont: îa Naçao, à Lisbonne, organe des légitimistes, dont le rédacteur, Eugenio de Locio, a envoyé, en octobre 1860, à Pie IX, une adresse couverte de 58,994 signatures; le Dirito, à Porto; la feuille hebdomadaire Uniao catholica, à Braga ; encore à Lisbonne, le Bern publico, qui paraît tous les huit jours, et la Fe catholica tous les quinze jours; enfin, à Porto, une autre feuille hebdomadaire, Os Bilhos de Maria. Ces journaux luttent souvent avec succès contre la mauvaise presse.
Pie IX porte le plus grand intérêt à l'Espagne. Il ne cache point ses sympathies pour une nation jadis si éminemment catholique. Dès 1847, il y envoya un légat pour s'entendre sur les moyens de faire cesser la vacance de plusieurs sièges épiscopaux. Un compromis eut lieu en 1848 avec Rome; après avoir rencontré toutes sortes d'obstacles, il fut ratifié en 1859, mais il ne devint loi de l'État qu'en 1861. Le nouvel évêché de Vittoria fut érigé par la bulle in celsissima du 26 septembre 1861 ; d'autres évêchés fuient créés à Madrid et à Ciudad-Réal, Valladolid devint un archevêché, et on fit une nouvelle division