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jugea à propos, par une bulle du 12 juillet 1844, de réunir tous les diocèses du Haut et du Bas-Canada en une province ecclésiastique comprenant l'archevêché de Québec et les évêchés suffragants de Montréal, de Kingston et de Toronto, auxquels on adjoignit, en 1847, ceux de Bytown sur Ottawa, de Saint-Boniface pour le fleuve Bouge et les pays de la baie d'Hudson, et ceux des Trois-Bivières, de Saint-Hyacinthe, de Londres et d'Hamilton. Dans la Nouvelle-Ecosse, Burke [f 1827] avait 20 ans travaillé à la propagation du Christianisme. William Frazer [1821-1840] et "William Walsh lui succédèrent à Halifax, qui devint évêché en 1842, et archevêché en 1852. Les évêchés qui lui sont subordonnés sontceux de Charlottetown, d'Archiat, transféré depuis 1844 à Mac-Kinnan, de Frédéricktown (Saint- Jean dans le nouveau Brunswick) et de New-Foundland (1).
Dans le Nouveau Mexique (qui fait partie des États-Unis depuis 1848), les catholiques possèdent l'évêché deSanta- Fe. Leur nombre s'y accroît prodigieusement malgré la pénurie de prêtres. Les nombreuses missions de la Vieille et de la Nouvelle-Calédonie, que dirigent les Jésuiteset les Franciscains, promettent beaucoup pour l'avenir, quand auront disparu les traces des persécutions suscitées par l'ancien gouvernement et des ravages causés par les chercheurs d'or. Outre l'archevêché de San Francisco et l'évêché de Monterey, il y a dans ce pays un grand nombre de stations et d'autres établissements religieux. La mission de la Floride a jusqu'ici donné peu de résultats.
Bien de plus consolant et de plus étonnant que les succès du Catholicisme aux États-Unis. Ici règne une multitude de sectes protestantes et l'immoralité la plus effrayante (2).
(i) Gams, 3« v. p. 644 et suiv.
(2) Lettre à M. de Beckedorf, sur la situation actuelle du catholicisme dans les États-Unis, surtout dans ses rapports avec la liberté et le protestantisme, Ratisb. 1842. La Gazette d'Augsb. 1841. n° 221 s'exprime ainsi : « Tandis que le protestantisme se divise de plus en plus en sectes innombrables, le nombre des chrétiens augmente de jour en jour, parce que l'unité de leur doctrine leur sert de point d'appui au milieu des fluctuations de toutes ces sectes. D'ailleurs les Américains eux-mêmes sont fatigués de la damnation éternelle dont les menacent sans cesse le Puritanisme et le Presbytérianisme; ils se sont jetés avec joie dans les bras d'une Eglise où ils
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Cette décomposition du protestantisme devait faire ressortir davantage l'unité, la dignité et la gravité de l'Église catholique. En 1789, lorsque ces pays, jadis colonies anglaises, s'étaient, depuis plusieurs années déjà, séparés de la mère patrie, les États-Unis ne comptaient que dixhuit mille catholiques avec un évêque et trente prêtres ; en 1843, ce nombre s'était élevé à un million et demi, soumis à une organisation ecclésiastique régulière (1). Par un bref du 8 avril 1808, le Pape Pie VII érigea en archevêché l'évêché de Baltimore, qui est situé à peu près au centre de la république américaine, et lui donna pour sufïragants les évêchés de la Nouvelle-Orléans, de New- York, de Philadelphie, de Pittsbourg, de Boston et de Bardstown. La Louisiane, entièrement catholique et annexée à l'Union en 1803, reçut également un évêque en 1815. Les Jésuites, rétablis en 1814, accoururent à Georgetown, dans le Maryland, et y fondèrent un noviciat et une maison d'éducation ; ils ouvrirent encore un nouveau noviciat à Witt-Marsch, près de Washington. Dès 1823, on dut créer un grand nombre d'autres évêchés. Tous les trois ans, ces évêques se conformant aux prescriptions du concile de Trente, (sess. XXIV, ch. n de réf.), se réunissent en concile provincial, où ils traitent des intérêts spirituels de leurs diocèses, ainsi que de l'érection de nouveaux sièges épiscopaux . A la première assemblée, tenue à Baltimore en 1831, il n'y avait que six évêques, un délégué épiscopal et onze docteurs. Dans le concile qui eut lieu en 1852, les évêques proposèrent de nouveaux évêchés. Le pape Pie IX agréa leur demande, de sorte qu'en 1853 les États-Unis comptaient sept archevêchés, quarante-trois évêchés et cinq vicariats apostoliques. Les métropoles sont : Baltimore, New-York, la Nouvelle-Orléans, Cincinnati, Saint-
trouvent pardon et espérance. Parmi les Indien», les missionnaires catholiques sont les seuls qui fassent un bien réel, parce que leur vie est plus conforme à leurs doctrines, et ainsi l'Indien, meilleur juge à cet égard que l'Européen, demeure convaincu de leur sincérité. Je ne puis en établir ici les raisons diverses, mais Henri Clay lui-même a reconnu la vérité de ce fait qui est devenu proverbial en ces contrées. »
(1) Vogt, l'Église catholique dans les États-Unis, Revue trim. de Tub. 1841, p. 191-223. Gains, 3° v. p. 650-667.
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Louis, Orégon-City et San Francisco en Californie. Un décret pontifical du 25 juillet 1858 a décerné à l'archevêque de Baltimore la présidence de tous les conciles, synodes et autres assemblées ecclésiastiques, ainsi que la prééminence sur tous les archevêques des États-Unis.
Un deuxième concile national a été tenu, en 1866 (du 7 au 21 octobre), à Baltimore. Sept archevêques, trente-six évêques, quatre abbés mitres ainsi qu'un grand nombre de docteurset de prêtres réguliers y assistaient. Les décisions qui y ont été prises, ont trait principalement à l'uniformité de la discipline ecclésiastique, aux jours de fêtes et déjeune, à la tenue des synodes, à l'éducation d'un clergé indigène, à l'admission des prêtres étrangers, à la défense des intérêts catholiques et aux soins à donner aux nègres devenus libres. On y décida aussi de proposer à Pie IX la création de plusieurs nouveaux évêchés et vicariats apostoliques (1).
La mission du Texas a été rétablie en 1840, et un vicariat apostolique y a été alors érigé. Il y a 1 50 ans, des Franciscains y avaient pénétré pour en convertir et civiliser les tribus sauvages ; mais ils furent expulsés en 1812, et, lorsque la mission fut rétablie, sur une population de 130.000 âmes, il ne se trouva plus que 10,000 Catholiques. En 1847, le vicariat apostolique du Texas a été réuni à l'évêché de Galveston. Le nouvel évëque Odin a fait, en Europe, plusieurs voyages dans l'intérêt de son diocèse, et il en a ramené des collaborateurs; il a réussi également à obtenir du gouvernement la restitution des biens ayant appartenu aux catholiques. Bientôt de nouvelles églises furent bâties et les missions du Jésuite Weninger produisirent le plus grand bien. Outre des Lazaristes et des Oblats de Marie Immaculée de Marseille, il y a au Texas des Bénédictins de Saint-Vincent qui s'y sont établis pour procurer aux Allemands les secours spirituels. Les frères de Marie, les sœurs de l'Incarnation et les Ursulines de la Nouvelle- Orléans dirigent les écoles et les pensionnats. Le nombre des prêtres n'était, en 1856, que de quarante et un. Depuis cette époque un grand séminaire a été fondé.
(1) Niedermayer, Le concile de Baltimore, 7-21 oct. 1866, ou tableau de la vie catholique en Amérique, Francf. sur le M. 1867.
Le Mexique, qui s'estséparé de l'Espagne par une guerre longue et acharnée [1806-1824], qui s'est ensuite divisé en une multitude de républiques et est tombée en pleine anarchie, a dû son salut au catholicisme qui l'a relevé et raffermi, malgré lesépreuveset les persécutions cruelles qu'il eut lui-même à endurer. Outre l'archevêché de Mexico, il possède, depuis 1848, les évêchés de Puebla. Chiapa, Durango, Guadalaxara, Méchoacan, Nueva Reyna de Léon, Oaxaca, Sonora, TIascala et Yucatan, dans lesquels 1852 prêtres avaient, en 1857,1e soin d'une population d'environ deux millions de catholiques. On comptait trente sept maisons d'éducation dirigées par des ecclésiastiques, trente- neuf couvents d'hommes et deux cent trente- six de femmes. Le clergé avait également la direction d'une université (Saint-Louis) et de trente-cinq collèges. Le cardinal-archevêque de Mexico, Francesco Antonio de Lorenzana, d'origine espagnole, mort le premier avril 1804, a rendu de grands services à l'Église mexicaine (i). Il y a quelques années, le président Comonfort, qui s'est montré lun des plus ardents persécuteurs du catholicisme, a été renversé. Zuloaga, qui fut mis à sa place, écrivit, le 31 janvier 1858 au pape Pie IX, cette lettre si chrétienne et si consolante (2) : « Les Mexicains ont, de tout temps, regardé comme leur premier et plus sacré devoir, l'attachement au Saint-Siège apostolique. Aujourd'hui qu'ils sont revenus à un état plus régulier, ils regrettent amèrement ces tristes jours où l'Église a été si durement persécutée parmi eux. Les lois qui ont été portées alors contre les biens et la liberté de l'Église ont pu faire croire à Votre Sainteté qu'il y a, au Mexique, une foule de gens qui ont abandonné la foi de leurs pères et sont devenus les ennemis du Saint-Siège. Je puis affirmer à Votre Sainteté, que la nation entière lui est aussi dévouée que ferme dans la foi. Les nouveaux décrets du gouvernement ont été accueillis par le peuple avec de sincères démonstrations de joie ; ils seront, pour Votre Sainteté, une preuve convain-
(1) Wittmann, 1" v. p. 191-212. Gams, 2° vol., p. 49-56. 3« vol. p. 674.
(2) Feuille ecclés. de Fribourg 1858, p. 157.
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cante de la bonne intelligence qui règne de nouveau entre le gouvernement et l'Église. »
Les espérances des Catholiques s'accrurent encore, lorsque l'archiduc Maximilien, appelé au trône du Mexique par la fraction catholique, aborda à la Veracruz le 20 mai 1864, et fit son entrée à Mexico le 12 juin suivant. Les excellentes intentions de ce prince ne purent se réaliser, car doublement trahi, il fut fnsillé le!9 juin 1867 par l'ordre du président républicain Juarès. Sa mort tragique a jeté de sombres nuages sur la situation religieuse de ce peuple si agité.
L'Amérique centrale, située au sud du Mexique, outre sa lutte opiniâtre pour se rendre indépendante de l'Espagne [1815-1821], a eu à supporter une terrible guerre civile entre les monarchistes et tes républicains, pendant laquelle l'Église catholique eut beaucoup à souffrir. En 1839, Carrera fut élu dictateur de Guatemala, la plus importante des cinq républiques dont se compose l'Amérique centrale. Bientôt [juillet 1843] les Jésuites qui avaient laissé dans le pays les meilleurs souvenirs, furent rappelés par le congrès; le zèle qu'ils déploient présage de nouveaux succès pour l'avenir. Un grand nombre de couvents furent rétablis, et un concordat [1852] fut conclu avec Rome. La république de Costarica voulut aussi avoir un concordat, et elle obtint qu'un évêché fut érigé à San-José. Les choses ne vont pas aussi bien dans l'Etat et évêché de Nicaragua, dans l'évêché de Comayagua de l'État de Honduras. La cathédrale de San-Salvador, dans l'état du même nom, a été détruite le 16 avril 1854, ainsi que la majeure partie de la capitale par un tremblement de terre.
Dans la Nouvelle-Grenade, jadis gouvernée par un viceroi, aujourd'hui partagée en trois républiques, celles de la Nouvelle-Grenade, de Venezuela et de l'Equateur, la situation de l'Église est assez triste. Léon XII avait réuni, en provinces ecclésiastiques, les archevêchés de Santa-Fe, de Bogota et de Caracas ainsi que plusieurs évêchés; un septième évêché, celui de la Nouvelle-Pampelune y avait été ajouté par Grégoire XVI, et l'on fondait sur le rappel des Jésuites, les plus belles espérances, lorsque éclata dans la Nouvelle-Grenade, la plus violente persécution, p'abord
les Jésuites furent de nouveau chassés, les couvents et les biens des églises confisqués, les évèques dépossédés de leurs sièges. Le président Lopez, fit prononcer la séparation de l'Église et de l'État. Le chef suprême de la catholicité, le Pape Pie IX éleva alors la voix dans une allocution du 27 sept. 1852 ; il fit surtout l'éloge de l'archevêque Mosquera, qui s'était opposé comme un mur aux impies, fut ensuite envoyé en exil et mourut à Marseille, en se rendant à Rome [10 déc. 1853]. Une constitution politique élaborée par une démocratie des plus radicales est le principal obstacle que rencontre l'action de l'Église dans la Nouvelle-Grenade. Une presse sans pudeur et sans frein y répand aussi des doctrines irréligieuses et antisociales, et les attentats à la vie des personnes y sont à l'ordre du jour. La république de l'Equateur a également chassé les Jésuites après les avoir rappelés. Quito, qui en est la capitale, est le siège d'un archevêché et il y a des évêchés à Cuença et à Guayaquil. La religion est loin d'y fleurir (1). Dans la république de Bolivie se trouve l'archevêché de Gharcas, dont le siège est àChuquisaca (autrefois la Plata), avec les évêchés de La Paz de Ayamcho, de Santa Çruz de la Sierra à Miske Pocona, S. Juan de Cejo et Cochambamba. A l'archevêché de Charcas appartiennent aussi les évêchés de Buenos-Ayres , de la Nouvelle-Gordoue et de Tucuman, où l'Église fut entièrement paralysée sous la dictature de Rosas [1835-1852]. Lorsque ce dictateur eut été renversé, on noua des négociations avec Rome. En Guyane, les missionnaires ont travaillé avec fruit dans ces derniers temps (2). Le P. Lombard avait donné, vers le milieu du siècle dernier, dans la Guyane française, l'exemple d'un rare dévouement. La confiance qu'il avait su se concilier, prépara la voie aux travaux et aux succès des missionnaires Besson, Garnave, Tourrée, Autilhac ei Huberlant dans la préfecture apostolique de Gayenne. Dans la Guyane hollandaise, le généreux P. Grove fit preuve, à l'occasion d'une affreuse épidémie, d'un dévouement vraiment catholique et de la plus admirable confiance en Dieu. Dans la Guyane anglaise, le P. Hynks, dominicain,
(1) Gams, 3« vol. p. 700 et suiv.
(2) Wittmann, 1K vol. p. 136 et suiv.
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travailla avec bonheur, depuis 1825, au salut des nègres. Au Brésil, les oeuvres de conversion furent détruites par la persécution que Pombal suscita contre les Jésuites. Ces religieux furent arrachés, avec de mauvais traitements, aux Brésiliens qui les pleuraient et expédiés en Portugal.
Le Paraguay, qui avait été si admirablement organisé (m, 242), vit s'évanouir le bien que les Jésuites y avaient fait. Les Lazaristes se montrèrent au Brésil leurs dignes successeurs. Le peuple brésilien est resté sincèrement attaché à Rome, il l'a prouvé lors de l'hostilité que le gouvernement fit au pape, en refusant de sanctionner le choix que celui-ci avait fait pour le siège épiscopal de Rio Janeiro. Il y a, pour tout l'empire, l'archevêché de Bahia ou San Salvador, et huit évêchés : Rio Janeiro ou Saint-Sébastien, Bélam ou Para, Cubaba, Olinda ou Pernambouc, Goyas, Saint-Louis de Maranhas, Marianne, Saint-Paul et Saint-Pierre dans la province de Rio Grande di Sul. Tous ces diocèses comptaient, en 1852, une population de 6,300,000 catholiques. Au Chili et au Pérou, le catholicisme est resté plus vivant que dans les autres États formés des débris de l'ancienne monarchie espagnole, surtout au Pérou où la capitale a donné naissance à Sainte Rose de Lima et a eu pour archevêque le vénérable Turibius. Cependant de longues guerres civiles et le manque de prêtres ont beaucoup nui ici encore au développement de la vie catholique. Les Jésuites travaillent de nouveau au Chili avec un gand succès. Un grand nombre de maisons religieuses renferment des écoles où l'instruction est donnée gratuitement, et Santiago possède une école normale où se forment des maîtres pour la province. La république du Pérou a un archevêque à Lima et des évêques à Aréquipa, Cuzco, Truxillo, Maynas ou Chachapoyas, Guamancha ou Ayachucho. Au Chili se trouve l'archevêché de Santiago, avec les évêchés de La Conception, Serena, Carlo di Àncuo. Dans les Antilles, la situation religieuse est très-diverse. L'île d'Haïti, habitée par des nègres, se montre toujours, malgré les tentatives de Grégoire XVI et de Pie IX, rebelle au zèle religieux, depuis que les protestants y ont semé cette agitation haineuse qui a trouvé de l'écho
en Europe (V. plus loin p. 284). Aussi les eflorts tentés pour établir solidement le catholicisme à Port-au-Prince la capitale, ont-ils échoué, et ses progrès à Saint-Domingue, l'ancienne capitale et la résidence d'un archevêque, ne sont pas bien remarquables. La religion catholique est plus florissante dans l'île de Cuba qui appartient à l'Espagne, et qui a un archevêque à Santiago et un évêché à la Havane, ainsi que dans l'île de Porto Rico, qui a un évêque à San- Juan et dans la colonie anglaise de la Jamaïque qui possède un vicariat apostolique. Le catholicisme est plus prospère encore dans les petites Antilles dont la Trinidad occupe le centre. Port-d'Espagne, la capitale de cette île, possède un vicariat apostolique qui a été érigé en archevêché [1850] ; il a pour suffragant l'évêché de Roseau sur la Dominique. Le protestant Talbot a fait le plus grand éloge de la moralité des Catholiques de Sainte-Lucie. Les deux préfectures apostoliques de la Martinique et de la Guadeloupe embrassent toutes les Antilles françaises et renferment 140,000 catholiques.
L'Océanie (1), où les efforts des Méthodistes s'opposent aux travaux des missionnaires catholiques, compte d'abord, dans le groupe des Philippines, l'archevêché de Manille [1621, évêché 1525], avec les évêchés florissants de Néo- Caceres, Cebu ou Saint-Nom-de-Jésus et de la Nouvelle- Ségovie. La mission d'Australie (Nouvelle-Hollande, terre de Van-Diémen, île Norfolk), possède, depuis 1835, à Sidney, un vicariat apostolique, dont le titulaire est le docteur Polding (2), bénédictiu anglais. C'est ici que la Grande-Bretagne déporte ses malfaiteurs. La Providence se montra pour eux bien clémente; ils demandèrent euxmêmes avec instance des missionnaires. Cette mission, à laquelle le gouvernement britannique s'opposa d'abord, ne remonte pas au-delà de 1818. Elle comptait déjà, en 1840,
(1) Le P. Charles de Saint-Aloyse, p. 104-107.
(2) Les missions catholiques en Australie, (FeuiUes hist. polit., t. IV, dans trois articles) . Michelis, Les peuples de la mer du sud et les missions protestantes et catholiques. Munster, 1847. Le catholique, 1848. La Feuille des missions, n" 18, ai, 22, 25, 27, 28, 29, 30, 52 et 53. Gains, 3" vol. D. 745-758.
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vingt-trois prêtres dont trois sur La terre de Van Diémen, et deux sur l'île de Norfolk. Ces criminels repentants et les éniigrants formèrent des colonies florissantes, qui s'agrandirent d'année en année. Le nombre des Catholiques s'y accrut rapidement, grâce au zèle du docteur Polding et de l'infatigable missionnaire Ullathorne. En 1842, Sidney devint archevêché et les nouveaux évêchés d'Adélaïde (capitale de l'Australie méridionale) et de Hobbertown (terre de Van Diémen), lui furent adjoints comme suffragants. En 1845, le catholicisme avait, dans ce pays, cinquantesix missionnaires, trente et une écoles et vingt-huit églises ou chapelles. Des 65,000 habitants que comptait Sidney en 1855, 20,000 étaient catholiques. Ils possédaient, pour 'éducation de la jeunesse, quatorze écoles primaires, une institution dirigée par des Bénédictines donnant aux jeunes filles une instruction plus élevée et une école supérieure pour les jeunes gens. Un évêché fut érigé àPerth [1845], et d'autres à Melbourne [1847] et à Victoria (1). Les vicariats apostoliques de l'Océanie occidentale, de l'Océanie orientale et de l'Océanie centrale, établis dès 1833 pour les autres îles, s'occupent surtout des indigènes.
Les missions de la Nouvelle-Zélande, de Wallis et de Futuna, méritent une mention particulière. La première possède les évêchés de Wellington et d'Auckland. La mission entreprise avec succès par la société de Picpus, aux îles Gambier (Mangareva, Akena, Akamarou et Taravaï) semble devoir être un point d'appui solide pour le zèle des missionnaires catholiques ; déjà elle a étendu sa bienfaisante influence sur les îles Marquises et sur les îles Sandwich (2). Ainsi l'Océanie s'ouvre peu à peu à la diffusion de la vraie foi. Le sang des martyrs, qui en a déjà arrosé le sol, sera ici aussi une semence de nouveaux chrétiens. Dans l'île de Wallis le Père Chanel périt de la main du cruel Muru-Muru [28 mai 1841]. Sur l'île d'Isabelle, fut assassiné par les sauvages l'évêque missionnaire Épale, et, en 1856, ces farouches insulaires mirent encore à
(1) Sion, 1842, n° 84.
(2) Sur l'activité des missionnaires dans les Marianes et les Carolines; Wittmann, t. I, p. 300-330. Lexique ecclésiast. de Frib. t. I, » Australie ».