LES MISSIONS DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
mort le Père Mozzuconi avec dix-huit matelots de la Gazelle. Le gouverneur anglais de Sidney s'offrit d'envoyer un vaisseau de guerre pour punir les meurtriers. Les missionnaires refusèrent cette offre. « Nous n'avons point l'habitude, répondirent-ils, de venger nos martyrs, mais de prier pour les meurtriers. » Ces pieux missionnaires n'ont pas à endurer que ce martyre sanglant. Ils ont encore à souffrir en voyant les mœurs dissolues des sauvages, l'anthropophagie qui règne parmi eux, les périls de mort sans cesse suspendus sur leurs têtes, les préjugés de ces infortunés qui les regardent comme les auxiliaires et l'avant-garde des armées conquérantes de l'Europe, sans parler des privations et de l'amère solitude dans lesquelles se passse leur vie (1).
Un des principaux caractères de l'histoire de notre siècle, c'est le prosélytisme de l'Europe qui ne néglige aucun sacrifice pour transplanter et propager sa civilisation et sa culture intellectuelle dans les autres parties du monde. L'Église se voit donc, plus que jamais, dans l'heureuse nécessité de hâter l'accomplissement de sa sublime mission, en s'associant aux efforts des nations européennes, et en portant aux peuples idolâtres, avec le nom et la foi du Christ, l'unique gage de la puissance et de la durée de la civilisation moderne. Les rapides progrès des missions nous font espérer le prochain accomplissement de cette prophétie : « Sa domination s'étendra de la mer aux extrémités de la terre. »
(1) Kalkar, Hist. des missions cathol. rom., p. 30%