CHAPITRE II
Voir les sources en tête du § 381. Gieseler, Coup d'oeil sur les tendances théologiques des cinquante dernières années. Gœtting, 1837. Du même, Manuel de l'hist. ecclés. de 1814 à nos jours, 5 vol. Bonn, 1855. Schwarz, Pour servir à l'hist. delathéol. actuelle, Leipz, 3e édit. 1864. Vilmar, là Théologie des faits opposée à la théologie de la rhétorique, 2e édit. Marb, 1856. Bauer, Hist. ecclés. du 19« siècle, 5 vol.; Dorner, Hist. de la théologie protestante, p. 741 et suiv. Kahnis, Marche intérieure du protestantisme allemand depuis le milieu du siècle dernier, Leipz, 1860. Rippold, Manuel de l'hist. ecclés. moderne, p. 213. — Dissolution intérieure du protestantisme, Schaffh. 1843, surtout le 2" vol. Jœrg, Histoire du protestantisme dans les dernières années, Frib. 1858,2 vol. Ritter, Manuel de l'hist. eccl. t. II, p. 575-601.
lre Section. — Histoire de la théologie et de l'Église allemandes.
§ 424. — Vaines tentatives pour le maintien du Protestantisme symbolique.
Pour arrêter les funestes progrès que, depuis les écrits deBahrdt (m, 371), les doctrines nouvelles faisaient parmi le peuple, une Société, pour la propagation de la saine doctrine et de la vraie félicité, avait été fondée [1775] par le pasteur Ulsperger, d'abord à Augsbourg, puis à Baie. Une autre s'était formée à la Haye [1786] pour la défense de la religion. La censure prohiba, en Saxe, les lettres de Krug sur la perfectibilité de la religion révélée et les écrits dans lesquels Eck prétend expliquer, par des causes naturelles, les miracles du Nouveau Testament. Frédéric-Guillaume II de Prusse prit, à l'instigation de son ministre IV. 14
242 § 424. — vaines tentatives
Wœllner, une mesure plus décisive pour la défense du Protestantisme évangélique ; il fit promulguer [9 juill. 1788] un édit de religion contre les doctrines philosophiques patronnées par Frédéric II, en tant qu'on les enseignerait au peuple du haut de la chaire. On défendit [1790] aux consistoires de nommer aucun candidat qui professerait des erreurs sur les vérités fondamentales du Christianisme et qui n'adopterait point le catéchisme national. Le pasteur Hermès et le professeur Hilmer de Breslau, ayant été adjoints àWœllner pour l'exécution de ces ordres, on forma, dans le consistoire supérieur de Berlin, un comité d'examen qui exigeait de tous les pasteurs, professeurs et maîtres d'école, une déclaration écrite, à leur entrée en fonctions. Le procès et la destitution du pasteur Schulz, à Gielsdorf [1791], produisirent une grande sensation. Les écrits nombreux (1), qui parurent à l'occasion de cet édit, portaient principalement sur la valeur obligatoire des symboles et le droit des princes en matière religieuse. Mais à peine Frédéric-Guillaume III fut-il monté sur le trône [1797], qu'il supprima le comité d'examen et déclara qu'aucun moyen de contrainte ne devait être employé dans les choses de religion.
Kant [f 1804], partant d'un tout autre point de vue, s'était élevé, de son côté, contre la théologie superficielle de son siècle, et notamment contre l'affaiblissement du principe moral. Se posant tout d'abord en adversaire de la philosophie populaire de Steinbart, qui ne faisait de la vertu qu'un simple moyen de bonheur, il voulut rendre au principe moral sa valeur véritable. Ses travaux devinrent le point de départ et la base philosophique de presque tous les théologiens rationalistes de l'Allemagne. Après avoir essayé d'établir, dans sa critique de la raison pure, que la raison de l'homme est impuissante à démontrer, d'une manière apodictique, les plus hautes vérités, Kant admet, dans sa critique de la raison pratique, la conscience
(1) Henke, Critique de tous les écrits auxquels l'édit de religion de Prusse a donné naissance. Kiel, 1793. "Voir surtout les Mélanges d^ Tholuck, ï1 partie, pag. i?5 et >niv. Volkmur, Procès du pasteur Schulz de Gielsdori, ami ue la lumière au iö' siècle, d'après les pièces. Leipz. 1846.