LE NOUVEAU LUTHÉRANISME
qui doit exister entre les maîtres et les élèves, il répondit que la confiance d'irn élève dans un maître rationaliste n'était point un devoir, mais un péché. Maislorsqu'en 1835, il abandonna ses alliés les vieux luthériens, pour devenir le défenseur décidé de V Union prussienne, sous prétexte que : « la différence qui existe entre les doctrines luthérienne et calviniste sur la Cène est sans importance, — qu'il ne faut point mêler à la foi trop de théologie, ni se remplir le cœur de choses secondaires, parce que les choses principales n'y trouveraient plus de places, — qu'on ne devait plus séparer ce que Dieu avait uni, » on reprocha avec raison à Hengstenberg que ce rôle de prophète qu'il avait pris n'était autre chose qu'une fluctuation méprisable entre le servilisme politique et la démagogie religieuse (1). Il faut toutefois convenir que Hengstenberg, ainsi que les laïques savants qui l'entouraient et qui manifestèrent souvent des tendances catholiques, parmi lesquels nous pouvons mentionner Gœschel, Henri Leo, Gerlach, Huber et Stahl, a beaucoup contribué à conserver au catholicisme son caractère divin et ses principaux dogmes, à maintenir la morale chrétienne et à réveiller la vie religieuse. Ils ont aussi vigoureusement combattu la funeste influence des libres-penseurs et des francsmaçons.
Pour s'opposer aux conséquences extrêmes auxquelles se laissèrent aller des Luthériens « officiels et autoritaires, » comme Vilmar, dans la Hesse électorale, et Klieford, dans le Mecklembourg, se levèrent d'autres Luthériens, qui voulaient que l'on fît une plus large part à la théologie nouvelle et au principe fondamental du protestantisme : le libre examen. LeSj principaux représentants de ces idées furent : de Hotmann d'Erlangen , dans les écrits Prophétie et Réalisation [1841-1844] et Démonstration Scripturaire [1852-1855, 3 vol.] ; Kahnis de Leipzig [De la marche intérieure du Protestantisme, 2e édit., 1860 ; Dogmatique, 1861], et Baumgarten, de Rostock, d'abord disciple de Hengstenberg, puis attiré vers de Hofmann par
(1) Schwarz, pour servir à l'hist, delà théologie moderne, 3'édit., p. 88.