ET NOUVELLES SECTES
2. De même que les Baptistes, les Unitaires rationalistes, qui rejetaient la Trinité et l'Incarnation du Fils de Dieu, recrutèrent, dans ces dernières années, de nombreux adhérents en Amérique et en Angleterre. Le prédicateur Channing de Boston fut le principal apôtre de ce froid rationalisme.
3. Deux seùirg d'un tout autre esprit, les Hernhuters et les méthodistes, ont aussi conservé l'ardeur de leur foi et de leur désintéressement ; ils ont beaucoup contribué à réveiller et à entretenir la vie religieuse en Europe et en Amérique.
4. Le piétisme extrême se montrardans le Wurtemberg, sous un aspect nouveau et digne d'être signalé. L'un de ses adeptes, Hoffmann, bourgmestre et notaire àLéonberg, obtint du gouvernement l'autorisation de former, à Kornthal [1818], sur le modèle de l'église apostolique, une société religieuse dont les membres, persuadés que les grands bouleversements qui doivent précéder le dernier avènement du Sauveur, allaient arriver, voulaient à tout prix échapper à la colère de Dieu. Bengel, le savant exégète du Wurtemberg, alla jusqu'à assigner à ces événements la date de 1830. Christophe Hoffmann, inspecteur de l'école évangélique de Louisbourg, le candidat préféré à David Strauss lors de l'élection d'un député au parlement de Francfort (1), voulut réaliser les projets de son père. Désespérant de l'état politique et religieux de l'Europe, il donna rendez-vous auprès deMarbourg [1856], à tous ceux qui voudraient faire partie du peuple de Dieu. Son dessein était d'aller avec eux s'établir en Palestine, où, selon que l'avaient prédit les prophètes, pouvait seulement renaître à une vie vraiment chrétienne le peuple privilégié. A Wildenspuch, dans le canton de Zurich, Marguerite Peter poussa le piétisme jusqu'au crucifiement. Elle était la fille d'un paysan. Ses rapports avec des « ressuscites » et la lecture des livres mystiques lui firent croire à l'arrivée trèsprochaine de grands événements. Elle n'en montrait que plus de zèle pour son salut et celui des personnes qui l'entouraient. Bien qu'elle fut reconnue comme adultère, elle
(1) Jœrg, Hist. du protestantisme, t. II, p. 203-280, iv, m