‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 25 sur 332 · LES NOUVEAUX PRINCIPES · texte numérisé non relu

LES NOUVEAUX PRINCIPES

d'écrire : « Qu'on dise à Dieu : Je te promets de t'offenser » toute ma vie ; ou qu'on lui dise : Je te promets de garder » toute ma vie la pauvreté et la chasteté, afin de devenir » juste et saint, c'est tout à fait la même chose ! Il faut donc, » disait-il, non-seulement rompre des vœux pareils, mais » punir sévèrement ceux qui les föntet détruire les couvents, » pour empêcher de les faire. »

Les moines ne comprirent que trop bien les sermons de Luther. On les vit en masse abandonner leurs couvents, prendre des femmes et devenir d'ardents luthériens. Luther s'aperçut bientôt que ces moines, poussés par les passions du ventre et de la chair, « corrompaient singulièrement la » bonne odeur de l'Évangile. » Mais il ne pouvait plus s'arrêter. Il travaillait avec ardeur à abolir la messe, parce que son esprit n'admettait pas l'idée du renouvellement du sacrifice. « Vous n'avez envie, dit-il au chapitre de Witien- » berg, qui résistait à ses instances, en conservant la messe, » que de tenir tout prêt îe moyen de former des sectes et des » schismes nouveaux. » Ses adhérents allaient plus loin : » La prêtraille, les diseurs de messe méritent la mort tout » aussi bien qu'un profanateur ou un blasphémateur public, » qui maudit Dieu et ses saints dans la rue. >) Ce fut par des violences inouïes que Luther parvint à abolir le canon de la messe [novembre 1525] : il ne conserva que l'élévation.

Cependant les écrits allemands de Luther remuaient non-seulement les prêtres et les moines, mais encore les masses populaires. Les nouveaux prédicants fanatisaient le peuple, politiquement opprimé sous certains rapports, par leurs idées sur la liberté évangélique. « Je les vois, dit » Érasme, sortant de leur prêche, les traits hagards, le » regard menaçant, comme des gens échauffés par des » discours sanguinaires. Ce peuple évangélique est toujours » prêt à en venir aux mains ; il aime les batailles non moins » que les disputes. »

Luther avait appelé le peuple à secouer le joug des prêtres et des moines. Les paysans appliquèrent le conseil, en refusant de payer les redevances dues aux évêques et aux couvents. En vertu delà liberté évangélique, ils se croyaient autorisés à rejeter toute institution gênante ou pénible, à s'insurger contre les princes, qu'on leur représentait, sur-

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