MODIFICATION OU RÈGLEMENT, ETC
à remettre, dans les 8 ou 10 jours qui suivent la distribution da schéma, à la députation compétente. Celle-ci revise et s'il y a lieu, réforme le projet en tenant compte des observations présentées, et c'est le projet ainsi revisé qui viendra en discussion devant le concile. Une disposition non moins importante était celle du paragraphe 11 : « Si après un mûr examen de la question, la discussion se prolonge outre mesure, les cardinaux présidents, sur la demande écrite de dix Pères aux moins, pourront consulter la congrégation générale, qui votera par assis et levés, sur la continuatiou des débats; ils mettront fin à la discussion si tel est l'avis de la majorité (1). » L'expérience des congrégations précédentes avait suggéré d'autres dispositions moins essentielles, prises en vue d'une marche plus méthodique des délibérations : tels sont les paragraphes 2 et 7, insistant sur le partage de la discussion en générale et particulière.
Mais ce groupe considérable d'évêques qui avait accueilli avec si peu de faveur la bulle du 27 novembre, parce qu'il jugeait humiliant pour le concile œcuménique de n'être pas admis à faire son règlement, s'émut bien plus du décret de février et des mesures nouvelles qu'il prescrivait. Elles donnèrent lieu à des représentations écrites, signées de plus de cent prélats de toute nation (2).
(1) Mgr Mannig (Hist. du concile du Vatic p. 41) justifie pleinement le § Il par cette judicieuse remarque : « Ce droit est essentiel à toute assemblée délibérante, qui a la double liberté d'écouter aussi longtemps que cela lui paraît convenable, et de refuser d'écouter lorsqu'elle juge qu'une question a été suffisamment discutée. »
(Note du traducteur)
(2) Voir Friedrich, Documenta. Plaintes sur l'impossibilité de se faire entendre dans la salle synodale par défaut d'acoustique (on y remédia), lre part. p. 2473 ; au sujet de l'ancien et du nouveau règlement, ibid. p. 258-263 et 2» part. p. 380-385 et 391-392. L'extrait suivant donnera une idée du ton qu'atteignaient parfois ces protestations: « Il nous suffit d'avoir ici déclaré ouvertement notre conviction. Nous n'ajouterons aucune prière; car notre dignité d'évêques, l'office que nous remplissons au concile, nos droits comme membres du concile, ne nous permettent pas plus longtemps de supplier, après que l'expérience nous a appris cà satiété que nos prières, non seulement ne sont pas écoutées, mais n'ont pas été une seule fois jugées dignes d'une réponse. Il ne nous reste plus désormais qu'à
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Pourtant un objet plus grave préoccupait vivement et agitait en sens divers la vénérable assemblée : dès les premiers jours de janvier, on avait répandu parmi les Pères, avec prière d'adhérer, une motion longuement motivée, signée de dix-huit évoques, de nationalités différentes, demandantla définition de l'infaillibilité pontificale. Ce postulatum fut bientôt suivi d'un autre (1) dans le même sens portant de plus nombreuses signatures, surtout de prélats italiens, pendant qu'au dehors bon nombre de journaux français, italiens et anglais, menaient avec une ardeur croissante la campagne en faveur de la définition (2) . D'autre part, aux postulata pour la définition, on opposa aussitôt des motions contraires, et 134 évêques signèrent une adresse, priant respectueusement le Saint Père que
élever nos protestations contre un règlement qui nous paraît également dommageable à l'Eglise et au siège apostolique, afin de décliner, devant les hommes comme devant le tribunal de Dieu, toute responsabilité dans les malheurs qui peuvent en résulter. Que celle déclaration nous serve à jamais de témoignage! » Ibid. p, 392- 397). On se plaignit aussi d'altérations arbitraires de textes (p. 400 sq).
(1) Voir document XII.
(5!) L'Univers disait dès le 3 février : « Il n'y a au fond qu'une seule question, devenue urgente et inévitable, dont la solution rendra aisé de débrouiller et de résoudre toutes les autres, dont le retard paralyserait tout. Sans celle-là rien n'est commencé. » L'abbé Margotti, le Veuillot italien, s'exprimait de même dans VUnita Cattolica du 24 mai : « Tout le monde comprend qu'en face de la calamité régnante de la liberté de la presse et du journalisme, l'infaillibilité pontificale est le seul moyen de guérison et de salut. Il nous faut un pape qui, exempt de l'erreur, puisse chaque jour enseigner, condamner, définir, et dont un catholique ne puisse jamais contester les oracles. » Nommons encore le Civilta, le Monde, la Correspondance de Rome, la Revue de Dublin le Tablel de Londres, le Vatican, etc. Sous leur influence, dans beaucoup de diocèses, le clergé et les laïques envoyèrent des adresses au Pape et au concile en faveur de la définition. Il y eut bon nombre de brochures et do livres dans le même sens, entre autres la Monarchie pontificale du bénédictin dom Guéranger. Pie IX honora cet ouvrage d'un hrof élogieux, et la Gazette dit Midi disait : « Parla publication du bref à dom Guéranger, la controverse dogmatique est, grâce à Dieu, terminée. La parole du Vatican, lumière pour tous les fidèles, devient l'éclair de la foudre pour les adversaires. Après ce jugement, toutes les illusions doivent cesser. » Friedbcrg a recueilli tous les brefs adressés à des auteurs écrivant dans le mémo sens, p. 485-95; 512 sqq.