‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 38 sur 332 · SYSTÈME DE ZWINGLE · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE ZWINGLE

foi, enseignée par Luther, est seule admissible, ce que Zwingle renforce encore par son système de la Providence (de Providentia) qui aboutit droit à la plus rigoureuse prédestination ; c'est à ce point de vue que Zwingle se place pour mettre au nombre des élus, en société avec le Christ et ses saints, les Hercule, Thésée, Socrate, Numa Pompilius, les Gaton et les Scipion. Enfin, comme Luther (aux yeux duquel cependant il passait pour un vrai païen), Zwingle tire de tout ce qui précède le rejet de toutes les œuvres qui ne sont pas animées par la foi, des vœux des moines, des indulgences et du purgatoire. L'Église, selon lui, est la grande communauté, connue de Dieu seul, de tous les chrétiens qui ne reconnaissent pour leur chef que Jésus-Christ, qui n'a pas de représentant visible sur la terre. Aussi le pouvoir spirituel de l'évêque de Rome, des évêques et des curés n'est qu'un pur envahissement. Les sacrements ne sont que des signes de la grâce, qu'on possède déjà d'avance (1) : le baptême n'est qu'une forme d'initiation ; la Cène n'est qu'une simple commémoration de la mort expiatoire du Christ ; les paroles de l'institution eucharistique doivent s'entendre au figuré ; surtout, dit Zwingle, répondant d'avance à l'interprétation calviniste, il ne faut pas écouter ceux qui disent : Nous mangeons, en vérité, la chair du Christ, mais spirituellement ; car il y a contradiction dans les termes. La confirmation, l'extrêmeonction ne méritent pas qu'on s'y arrête, et l'ordination des prêtres n'est qu'une introduction au ministère de la parole, qui ne confère ni grâce ni caractère sacramentel. Du reste, Dieu seul agissant en tout et partout et absolument, toutes ces institutions extérieures sont parfaitement inutiles, et Jésus-Christ n'a institué les deux signes de la nouvelle alliance, le baptême et la Cène, que pour l'accommoder à notre faiblesse. Ce sont les propres paroles de Zwingle. Zwingle ne se distingue pas moins de Luther (2), par ce

(1) « Ex quibus hoc colligitur sacramenta dari in sigum publicum ejus grause, quae cuique privato prius adest. »

(2) C'est pourquoi Luther donna aux envoyés suisses le congé suivant : « Il faut bien que l'une des parties soit au service de Satan; il ne peut donc s'agir ici de discussion ni de moyens termes. » Walch, t. XII, p. 1907.

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