‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 68 sur 332 · LE PROTESTANTISME DANS LES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

LE PROTESTANTISME DANS LES PAYS-BAS

lébrant un culte public à leur façon (1). Les nombreux calvinistes réfugiés de France, encouragés par les magistrats et les gentilshommes, se mirent à piller et détruire, même dans les grandes villes, les églises et les couvents ; la magnifique cathédrale d'Anvers ne fut pas à l'abri de leur fureur. Cependant la gouvernante était parvenue, après le renvoi du cardinal de Granvelle, à conclure, avec Guillaume d'Orange et douze gentilshommes, un accord qui devait calmer les réformés. Ils levèrent néanmoins l'étendard de la révolte, s'exposèrent aux chances d'une guerre difficile, furent complètement domptés, lorsque Guillaume d'Orange fut obligé de se réfugier en Allemagne et que le comte d'Egmont eut abandonné le parti protestant [1567]. Philippe II aurait dû se contenter de ce résultat, mais il remplaça la prudente et douce Marguerite par le rude duc d'Albe, qu'il envoya dans les Pays-Bas à la tête d'une nombreuse armée. Le duc commença par établir un Conseil des Troubles, composé de douze membres, chargés de la recherche et de la punition des hérétiques. Ce conseil immola de nombreuses victimes, parmi lesquelles les comtes d'Egmont et de Hoorne, exécutés tous deux à Bruxelles [6 juin 4568]. Ces cruautés excitèrent une nouvelle insurrection dans les provinces du Nord, qui nommèrent, en apparence pour le roi d'Espagne, le prince d'Orange gouverneur de Hollande, Zeelande et Utrecht. Le duc d'Albe, rappelé, fut remplacé par Requesens, homme modéré et plein de talent, dont la mort prématurée fut fort préjudiciable à la domination espagnole [1576] ; car son successeur, don Juan d'Autriche, se rendit odieux aux Flamands, et permit au prince d'Orange d'étendre l'influence des confédérés sur cinq nouvelles provinces, « unies pour se défendre contre » toute violence qu'on voudrait leur imposer au nom ou » dans les intérêts du roi. »

Mais Guillaume, infidèle à la déclaration par laquelle il avait antérieurement prétendu i prendre les armes pour » l'Évangile comme pour l'Église romaine, afin de conser- » ver aux deux partis la liberté religieuse [1568] et de main- » tenir les catholiques dans la pleine jouissance de leurs

(1) Augusti, Corpus librorum symbolicorura. p. 170-77.

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