‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 7 sur 332 · CONTRE LES INDULGENCES · texte numérisé non relu

CONTRE LES INDULGENCES

Luther naquit le 18 novembre 1483 à Eisleben. Son père, d'abord mineur, puis conseiller à Mansfeld, lui fit donner une éducation libérale à Magdebourg et à Eisenach, pour le préparer à l'étude du droit. En Î501 Luther étudia la dialectique et les classiques latins à l'université d'Erfurt. En 1505 il obtint le grade de maître et soutint des thèses sur la Physique et la morale d'Aristote. Mais ces études ne répondaient point aux besoins religieux de Luther. Aussi, frappé de la mort subite d'un de ses amis, il se réfugia dans le couvent des Augustins, à Erfurt [17 juillet 1505], y fit, contre le gré de son père et de ses amis, une profession prématurée, et obtint bientôt après la prêtrise [1507]. Il se mit alors à étudier surtout l'Écriture sainte avec les commentaires de Nicolas de Lyre. Le provincial des Augustins de Meissen et de Thuringe, Jean de Staupitz, l'engagea à la lecture assidue de saint Augustin, et proposa Luther au prince électeur de Saxe, qui cherchait des professeurs pour sa nouvelle université de Wittenberg. Là [1508], Luther enseigna d'abord la dialectique, puis la théologie. Il se mit aussi, après une longue résistance, à prêcher. En 1510 il vint en Italie, pour les affaires de son ordre, visita avec une religieuse émotion les sanctuaires de Rome la sainte, ainsi qu'il la nomma, et déplora, pour ainsi dire, que ses parents ne fussent pas déjà morts, parce qu'il aurait pu travailler efficacement à les délivrer du purgatoire par les messes, les prières et les bonnes œuvres qu'il aurait offertes pour eux. La seule chose qui le scandalisa dans Rome fut ce qu'il entendit dire du peu de foi des ecclésiastiques romains. A son retour en Allemagne, il continua de professer la théologie et s'appliqua en particulier à expliquer les épîtres de saint Paul aux Romains et aux Galates, et le Psautier [1512].

Ce fut alors qu'on publia en Allemagne, au nom du magnifique et prodigue Léon X, les indulgences dont le produit devait être employé à achever la superbe basilique de Saint-Pierre de Rome, commencée par Jules II (1). C'était le prince électeur Albert, archevêque de Mayence et de Magdebourg, évêque de Halberstadt, aussi magnifique et

(1) La bulle est dans V. de Hardt, 1. cit., t. IV, p. 4.

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