‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 75 sur 332 · SES DROITS, SES RAPPORTS AVEC L'ÉTAT · texte numérisé non relu

SES DROITS, SES RAPPORTS AVEC L'ÉTAT

bliques changèrent le nom évangélique d'évêque en celui de surintendant. L'Angleterre seule conserva l'épiscopat comme une institution divine, tout en brisant la succession apostolique par sa séparation avec l'Église. Et, chose remarquable, les réformateurs, quoique sans mission ni succession légitime, continuèrent à instituer les membres de leur clergé. Luther en appela à une mission extraordinaire et toute divine; il n'avait pas été envoyé par les hommes, disait-il, mais par Dieu même et par une révélation immédiate du Christ. Mais il exigeait, « de quiconque préten- » dait être appelé à prêcher l'évangile, qu'il prouvât sa » vocation par un miracle manifeste. » Dans son ardeur impétueuse, Luther avait séduit les princes par l'espoir des biens des églises et des couvents. Ils se mirent vivement à l'œuvre, détruisirent tous les monastères, introduisirent ainsi la dépravation des mœurs en place de leur réforme, enlevèrent à l'innocence pieuse, au repentir sincère, l'asile fondé par la piété de leurs pères, et substituèrent les armées permanentes à la foule inofl'ensive des moines. Du reste, une bien légère partie de ces biens fut employée dans un but religieux et scientifique ou en faveur du peuple. Les nouveaux propriétaires trouvaient trop de jouissances dans ces biens si facilement acquis. En vain Luther gronda, se mit en fureur; il fut contraint de voir les ecclésiastiques de l'Évangile mourir de faim avec leurs femmes et leurs enfants, ou mendier leur pain et s'exposer au mépris et aux cruelles railleries de grossiers soldats et de chevaliers non moins barbares.

Luther et ses adhérents avaient, à l'aide des princes, détruit les privilèges sacrés de la hiérarchie. Ils accordèrent, de gré ou de force, la suprême autorité spirituelle à ces princes dont ils ne pouvaient plus se passer (césaropapisme). Car ces princes étaient les uniques appuis de la nouvelle Église contre les attaques du dehors, et formaient en même temps une sorte d'unité centrale au milieu des interminables dissensions, des continuelles divisions, qui s'élevaient parmi les protestants. Cette suprématie des princes était donc devenue comme nécessaire, pour mettre un frein au zèle révolutionnaire des démagogues et des anarchistes théologiens. Mais il n'en est pas moins étrange d'entendre

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