‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 78 sur 332 · SECTES · texte numérisé non relu

SECTES

§34i. — Sectes parmi les protestants.

Gieseler, Manuel de l'hist. ecclés., t. III, P. II, p. 48-114. Erbkam, Hist. des sectes prot. dans le siècle de la réforme. Hamb., 1848. Cf. Mhœler, Symbolique, liv. II, p. 461 et suiv., 5e édit.

Nous avons déjà parlé des anabaptistes de Wittenberg, des Pays-Bas et de la Westphalie (1). Après leur terrible défaite de Munster, ils se divisèrent en plusieurs branches. La plus remarquable fut celle des Mennonites (2) ou baptistes, fondée par un ancien prêtre catholique nommé Mennon Simonis [-J-1561J. Grâce à l'activité de son fondateur, le mennonisme se propagea en Westphalie, dans les Pays-Bas et jusqu'en Livonie. Mennon était parvenu à changer le fanatisme des anabaptistes en un silencieux recueillement. Il donna à ses adhérents une organisation particulière, pour en former une société de saints, conforme à celle des premiers chrétiens. Ils rejetaient le baptême des enfants, toute plainte devant la justice humaine, le serment, la guerre, le divorce, sauf dans le cas d'adultère. Mais, du vivant même de Mennon, ils se divisèrent déjà, au sujet de l'excommunication, en fins (Flamands) et grossiers (patriotes), et, par rapporta l'élection de la grâce, en calvinistes et en arminiens. Les deux partis s'excommunièrent réciproquement. Ceux qui passaient d'un parti dans l'autre étaient rebaptisés.

Les schwenkfeldiens durent leur origine à Gaspard Schwenkfeld (3), né à Ossig en Silésie. Il avait, de bonne heure, attaqué divers points de la doctrine de Luther (-4), la marche de la réforme en général, disant qu'au lieu d'appeler

(1) Voyez t. III, § 317.

(2) Hunzinger, la Religion, l'Église et les écoles des mennonites. "Spire, 1831. •

(3) Ses écrits et ses lettres sont dans Walch, Biblioth. théolog., î. II, p. 67 et suiv.; Courte Biographie de Schwenkfeld et ses adieux à la ville d'Ossig, 1697. Doctrines essentielles de Gasp. de Schwenkfeld et de ses coreligionnaires. Breslau, 1776. Cf. A. Menzel, Nouv. Histoire des Allemands, t. I, p. 469-78. Dœllinger, Hist. de la Ré« forme, t. 1, p. 2^6 sq.

(4) Il considérait comme erronés les points suivants: 1° La foi

à la vie intérieure, à la vraie piété, elle ne produisait clans les adhérents qu'une foi morte et un christianisme extérieur. Il avait spécialement attaqué Luther sur la justification et la Gène, et prétendit gagner ce dernier à sa manière de voir, dans une entrevue à Wittenberg [1525], Il n'y réussit pas, n'en continua pas moins, à son retour, à répandre ses idées de concert avec Valentin Krachwald, prédicateur de Liegnitz, gagna beaucoup de cœurs par sa sincère piété, et s'attira de rudes persécutions de la part du clergé luthérien. Obligé de fuir, il resta cependant en bonne intelligence avec plusieursprinces protestants, etsoutintune active controverse contre les théologiens, qui le désignèrent comme un archihérétique et un eutychien. Ses opinions se propagèrent surtout en Alsace et en Souabe [1528]. Le principal caractère de sa doctrine était le rejet de toute autorité extérieure, de toute forme déterminée, pour n'estimer et n'admettre que la vie intérieure, la piété du cœur. La foi des luthériens, disait-il, est tout extérieure, sans esprit de vie, sans croix et sans souffrance, sans mortification des passions, sans renoncement au monde : la foi qui justifie, ajoutait-il, ne peut se reposer, elle agit toujours, elle opère par les œuvres extérieures, elle lutte contre toutes les mauvaises passions, elle modifie toute espèce de concupiscence. Il admettait dans l'Eucharistie une divinisation de la chair du Christ se donnante nous pour nourrir nos âmes (1), comme le pain matériel nourrit l'homme terrestre. Il avait aussi des vues particulières sur les rapports de la première et de la seconde création. La première, imparfaite d'abord, n'aurait été accomplie que par la renaissance de toutes choses dans le Christ. Ainsi, l'image divine n'était qu'ébauchée en Adam, l'homme n'était alors que charnel, et ne correspondait point encore à l'idée divine. Mais, par la renaissance, le fils naturel, le fils de Marie, s'élève au rang de fils divin, de fils de Dieu même. Cette opinion dépendait de sa concep-

seule justifie ; 2° l'homme n'a pas une volonté libre ; 3° l'homme ne peut observer les commandements de Dieu ; 4° ses œuvres ne sont rien ; 5" Jésus-Christ a satisfait pour nous,

(1) Il interprétait les paroles de la consécration de cette manière: « Quod ipse panis fractus est corpori èsurienti, nempe cibus, hoc est corpus meum, cibus scilicet esurientium animarum.

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