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CHAPITRE IV

HISTOIRE DE L EGLISE CATHOLIQUE

§ 342. — Aperçu,

L'Eglise catholique était profondément ébranlée. On songea enfin sérieusement à remédier aux coups qui l'avaient frappée. La foi avait été attaquée, défigurée de mille manières. Des populations entières étaient tombées dans Terreur. Il fallait donc tout d'abord rétablir dans leur véritable jour les dogmes défigurés, altérés, corrompus ; puis détruire des abus manifestes et rétablir l'ordre sur des bases nouvelles.

Tout cela se fit, et l'Eglise catholique se montra grande et puissante, en proportion des dangers qui l'entouraient.

La foi fut raffermie, d'après l'antique usage, par un concile.

Plus tard elle fut expliquée, justifiée par les magnifiques travaux d'une science aussi forte que profonde.

Au dehors, la merveilleuse activité des Jésuites produisit les plus heureux effets.

Au dedans, d'anciens et de nouveaux ordres religieux réveillèrent la vie spirituelle et lui donnèrent un puissant essor.

Et les pertes que l'Église avait faites, dans tous ceux qui avaient passé au protestantisme, furent richement compensées par le fruit des héroïques travaux des missionnaires

TA

dans toutes les parties du monde. Tel est le rapide sommaire des faits que nous allons exposer dans ce chapitre.

§ 343. — Le concile de Trente.

Sarpi (P. Suave Pol.), Istoria dol Conc. di Trento. Lond., 1619, traduite en français et accompagnée de remarques historiques et dogmatiques, par te Courrayer. L'ouvrage de ce moine servite, malgré toute l'importance et l'esprit qui le caractérisent, est empreint de fiel et de tendances éminemment hostiles à la hiérarchie et se rapproche du protestantisme. Le jésuite, et plus tard cardinal Pallavicini, lui opposa un monument puisé aux sources les plus- authentiques, dans son Istoria del conc. di Trento. Rome, 1652, 2 vol. in-fol.; lat. redd. Gioltino. Antv., 1673, 3 vol. in-fol. Cf. Brischar, Critique des dissidences que renferment les deux histoires du concile de Trente, par Sarpi et Pallavicini. Tub., 1843. Salig, Hist. complète du concile de Trente, 1" part. Halle; 1741 et suiv., 3 vol. in-4. Le Plat, Monuments pour servir à l'Hist. du concile de Trente, 1781, 6 vol.; latine. Lovan., t78l sq ,7 vol. in-4. Gœschl, Expos, hist. du grand concile général de Trente. Ratisb., 1840. Wessenberg, les Grandes Assemblées ecclés. du xve et du xvi' siècle, livr., 3 et 4. Cf. aussi « le Catholique. » 1841, livr. de mai et de décembre. Canones et décréta conc. Trid., 1567, in-4; ed. Jod. le Plat. Lov. 1779, in-4. Gallemart, dans plus. édit. Lips., 1842, latine et germanise ed. Smets; Bielefeld, 1847, ed. Richter; Lips., 1832, cum déclarât, conc. Trid. interDretum et resolution, thesauri sacr. congreg. conc. Voyez aussi Philipps, Hist. ecclés., t. IV, p. 463.

Depuis longtemps on sentait le besoin, on réclamait vivement la tenue d'un concile ; mais les papes hésitaient. Ils craignaient de voir se renouveler les scènes de Bâle. Des obstacles extérieurs venaient aussi s'y opposer, comme les guerres entre Charles-Quint et François Ier, sous Clément VII. Ces délais eurent ce résultat heureux qu'ils laissèrent aux passions le temps de se refroidir, aux réformateurs celui de se prononcer peu à peu d'une manière claire et nette, et par conséquent à l'Église le moyen de les réfuter d'une manière positive.

Paul 111 [1534-1549], successeur de Clément, de la famille des Farnèse, humaniste habile, prit des mesures sérieuses pour la convocation du concile. Ce qui prouve combien la réforme de l'Église lui tenait à cœur, c'est que.

dès le commencement de son pontificat, il éleva au cardinalat des hommes d'une véritable piété, les chargea d'un projet de réforme et de la bulle de convocation du concile [mai 1537] (1). Il ne mérita d'autre reproche que d'avoir trop désiré conquérir des principautés pour ses parents, mais il l'expia durement. Il convoqua le concile à Mantoue; les protestants, invités à s'y rendre, refusèrent. Le concile fut transféré àVicence, sans obtenir plus de faveur. Enfin, après de longues hésitations, il fut ouvert à Trente, par les légats du pape, del Monte, Cervino et Pole, devant quatre archevêques, vingt évêques, cinq généraux d'ordres, et les députés de l'empereur et du roi des Romains [13 décembre 1545]. On fit d'abord, vu le petit nombre des Pères présents, les préparatifs « du saint concile œcuménique, » et l'on s'occupa de la manière dont se tiendraient les sessions. On devait, d'après l'exemple de conciles antérieurs, avant tout faire élaborer les matières à traiter par des théologiens et des canonistes dans les congrégations préparatoires , les soumettre à une congrégation générale d'évêques, qui rédigerait le décret, résultat de la délibération, votée, non comme à Constance, par nation, mais par voix. Gomme on n'était pas d'accord sur la question de savoir si l'on traiterait d'abord les affaires dogmatiques ou celles de discipline, on prit prudemment le moyen terme, en les discutant parallèlement, de sorte qu'à chaque session on rendît un double décret sur la doctrine et sur la discipline (de reformalione). Ce ne fut qu'àla quatrième session [8 avril 1546] qu'on entama à proprement parler l'œuvre importante pour laquelle on était réuni. On détermina d'abord, en vue de l'arbitraire avec lequel les protestants avaient adopte ou rejeté telles ou telles parties des Écritures, le canon de la Bible. On déclara, parmi les nombreuses traductions latines alors en usage, la Vulgate comme seule authentique, c'est-à-dire comme la meilleure, la seule parfaitement d'accord avec le texte original, en ce qui concerne la foi et la morale ; on indiqua les rapports de l'l\criture sainte avec la doctrine de l'Eglise, à travers tous les siècles (2). On

(1). Ad dominici gregis curam, dans Uaynald. ad ami. 1536, n°35. (2) Ut nemo suœ prudentiœ innixus, in rebus jidei et morum sa-

décréta aussi la manière dont les Livres saints devaient être publiés. La cinquième session traita du péché originel, dont la sainte Vierge Marie fut exceptée, et confirma les décrets de Sixte IV à cet égard. Le décret de réforme traite de la création d'une chaire d'exégèse sacrée et de littérature et de la prédication de la parole de Dieu. *

La sixième session [13 janvier 1547] donna, sur la justification, un traité qui est un parfait modèle d'exposition doctrinale (1). Le décret de réforme ordonne la résidence du clergé et la visite des églises. La septième session passa logiquement à la doctrine des sacrements en général, du Baptême et de la Confirmation en particulier. Le décret de réforme défend la pluralité des bénéfices. Malheureusement une divergence d'opinion entre l'empereur et le pape troubla la marche, jusqu'alors si paisible, du concile. L'empereur avait anéanti la ligue de Smalkalde par la bataille de Mühlberg. Le pape, craignant qu'il ne se servît contre l'Église de son autorité, renforcée par cette victoire, voulut rapprocher le concile de sa personne et le transférer à Bologne, avec d'autant plus de raison qu'il se répandait le bruit qu'une peste avait éclaté à Trente, et qu'en effet les médecins avaient déclaré en reconnaître les symptômes. La majorité des évêques se prononça, dans la huitième session [11 mars], pour le transfert, et se rendit à Bologne. Mais l'opposition de l'empereur et des évêques qui partageaient son avis empêchaient la continuation des travaux, et, après deux sessions insignifiantes, on se sépara. Paul III était mort au milieu de ce diffé-

cram scripturam ad suos sensos contorquens contra eum sensum quem tenuit et tenet saucta mater ecclesia., cujus est judicare de vero sensu et interpretatione scripturarum sacrarum, aut etiam contra unanimem consensum Patrum ipsam sacram scripturam mterpretari audeat. Conf. Alzog. Explic. catholic. systematis de interprétât, litterar. sacrar. Monast., 1835.

(1) On y définit, contrairement à Luther, la justification : translata ab eo statu, in quo homo nascitur filius primi Adœ, in statum gratiœ et adoptionis filiorum Dei per secundum Adam Jesum Christum. — Et le rapport de la foi avec la justification : fides est humanae salutis initium, fundamentum et radix omnis justijlcalionis, sine qua impossibile est placere Deo et ad filiorum ejus consortium -venire (sess. VI, cap. 8).

rend (1). Jules III [del Monte) [1550-55], ayant juré, dans le conclave, de réunir de nouveau et immédiatement le concile, et l'empereur ayant manifesté sérieusement le même désir, le concile fut reporté à Trente. Mais le pape avait à soutenir une déplorable lutte contre Henri II, au sujet du duché de Parme, et le roi de France ne permit point aux évêquesdese rendre à Trente. Cependant on s'y prépara, dans les onzième et douzième sessions, à la reprise des travaux [depuis le 1er mai 1551], et dès la treizième session le concile traita la grande question de l'Eucharistie, et définit qu'après la consécration le Christ est véritablement, réellement et substantiellement présent sous les espèces du pain et du vin, et qu'il est reçu, non pas seulement d'une manière spirituelle, mais d'une manière sacramentelle et réelle (2). Les discussions théologiques des Dominicains et des frères Mineurs sur la manière dont le Christ est présent, â savoir si cette présence est l'effet d'une production ou d'une adduction, n'eurent pas d'influence sur la décision des Pères. Dans le décret de réforme, il fut question de l'amélioration du clergé, des droits des évêques et des papes. La quatorzième session s'étendit sur les sacrements de la Pénitsnce et de l'Extrême-Onction, le décret de réforme sur la conduite des prêtres, l'ordination, l'administration épiscopale. La quinzième [25 janvier 1552] publia un décret pour la prolongation de la session, parce que plusieurs princes et États protestants avaient manifesté l'intention d'envoyer leurs théologiens au concile (3). Après de vains efforts pour s'entendre, le concile fut malheureusement encore une fois suspendu dans la seizième session, parce que Maurice de Saxe avait tout à coup trahi l'empereur et occupait les défilés du Tyrol. Avant de se sé-

(1) A. M. Quirini Imago opt. Pontif. expressa in gentis Pauli III. Brix., 1745, in-4.

(2) Sess. XIII, can. I : « Si quis negaverit in sanctissimae Eucha ristiœ sacramento conüneri verc, realiter et subslanHaliter corpus et sanguinem, una cum anima et divinitate Domini nostri Jesu-Christi, ac proinde totum Christum, sed dixerit tantummodo esse in eo ut irt signo, vcl figura aut -virtute, anathema sit. »

(S) Cf. l'écrit composé anparavant: Alberti Pighi Apologia indicti a Paulo III, Rom. Pontifice, concilii ad. lutheranse confœderationis rationesplerasque. Col., 1538.

202 § 343. — LE CONCILB

parer, on se promit mutuellement de reprendre le concile au bout de deux ans. Mais il s'en passa neuf, durant lesquels la paix religieuse d'Augsbourg fut conclue [1555]. Jules III et Marcel II (1) moururent, et Paul IV [1555-59] entra en démêlé avec l'empereur pour le royaume de Naples (2). Il eut d'abord la douleur de voir son autorité méconnue, au moment de l'abdication de Charles-Quint et de l'élévation de son frère Ferdinand, et le couronnement des empereurs, dès ce jour, n'eut pas lieu à Rome. La sévérité de Paul IV dans les mesures qu'il prit, pour l'amélioration des mœurs, contre ses parents et le peuple, dans ses États de l'Eglise, excita même une sédition contre lui.

Pie IV [1559-65] confirma l'élection de Ferdinand Ier à l'Empire et convoqua de nouveau le concile [2 juillet 1560] ; malgré les protestants, qui désiraient une ville plus rapprochée de l'Allemagne, il fut maintenu à Trente. Le légat du pape, Hercule de Gonzague, accompagné de plusieurs cardinaux, parmi lesquels Stanislas Hosius, évêque de Viarmie, devait le présider. Les cent douze Pères alors présents reprirent les discussions préparatoires de la dixseptième à la vingtième session, et dans la vingt et unième ils publièrent l'important décret sur la communion sous les deux espèces et la communion des enfants. Quant au premier point, le concile renouvela les décisions de celui de Baie ; la réception sous une espèce suffit, et l'Église, était-il dit, a le pouvoir de faire, suivant les temps et les circonstances, des changements dans la dispensation des sacrements, sans changer leur essence ; quant à la communion des enfants, elle n'est pas nécessaire. Le décret de réforme revenait encore sur diverses obligations de la charge épiscopale. La vingt-deuxième session s'occupa du saint sacrifice de la messe. Les décisions du concile sur ce dogme sont aussi sublimes que le sujet lui-même, et le catholique trouve autant de consolation et de certitude, en les méditant, qu'il éprouve de douleur en suivant les indignes discussions des protestants sur cette auguste matière.

(1) P. Polidori de Vita Marcelli II commentai'. Romee, 1744, in-4.

(2) A. Carraccioli, Collect, hist. de vita Pauli IV. Col., loi 2, in-4; F. Magii Disquisitio de Pauli IV inculpata vita. Neap., 1672. in-fol. Bromata, Storia di Paolo IV. Roma.1, 1748, 2 vol. in-i.

Le concile exprima le vœu qu'à chaque messe tous les assistants communiassent ; mais il autorisa en même temps les messes privées. Quant à l'usage du calice pour les laïques, le concile, après de longues discussions, en laissa la décision au jugement du pape. Qoiqu'on craignît généralement que le pape n'adhérât point à cette décision, il l'adopta sur les instances du cardinal Charles Borromée. Pie IV autorisa, par un bref d'une tendre piété à plusieurs évêques d'Allemagne, le pouvoir provisoire de distribuer la communion sous les deux espèces à des laïques (1). Le décret de réforme insiste sur la vie et les mœurs des prêtres, la distribution des bénéfices à des sujets dignes et capables, et l'administration régulière des biens de l'Église. La question de l'institution divine de l'épiscopat souleva de chaudes altercations dans la congrégation préparatoire de la vingttroisième session : la controverse élevée antérieurement à ce sujet (2) se ranima avec une grande vivacité entre les évêques espagnols, italiens et ceux de France, qui venaient d'arriver. Les Italiens soutenaient avec beaucoup de passion les principes du système papal, d'après lequel la mission et la puissance des évêques ne découleraient que de l'autorité du pape; mais ils ne purent l'emporter. Enfin, le concile décréta, après de longs délais, que le sacerdoce est d'institution divine dans l'Église, que l'Ordre est un sacrement qui imprime un caractère ineffaçable, et il détermina en même temps les degrés de la hiérarchie. Le décret de réforme ordonna l'érection des séminaires, traita de l'éducation du clergé et des intervalles nécessaires dans les ordinations. La vingt-quatrième session [11 novembre 156^ J traita dogmatiquement du Mariage. On eut égard, sur la demande de l'envoyé de Venise, à la situation des Grecs unis, et la solution qui exprimait l'indissolubilité absolue du mariage fut modifiée en ces termes, par le septième canon : « Quiconque accuse l'Église d'erreur quand, s'ap- » puyant sur l'autorité de l'Évangile et de la doctrine apos- » tolique, elle ne dissout par le mariage, même en cas d'a-

(1) Cf. Pallavicini Hist. conc. Tïid., lib. XXIV, ad fin; Dieringer Charles Borromée. Col., 18-1C, p. 172 ; Bwhholz, Hist. de Ferd. t. VIII, p. 660.

(2) Voyez t. II, § 272.

» dultère, qu'il soit anathème. » Cette déclaration était nécessaire contre les réformateurs qui avaient accusé l'Église d'erreur en ce point. Il fut déclaré aussi que l'Église seule a le pouvoir de déterminer les empêchements dirimants du mariage, et le mariage contracté par le propre pasteur, en présence de deux témoins, fut seul reconnu valide. Le décret de réforme engageait expressément le pape à élire désormais des cardinaux de toutes les nations de la chrétienté, et ordonnait la tenue annuelle des synodes diocésains, et celle des conciles provinciaux, tous les trois ans, déterminait le mode d'administration des diocèses, le siège vacant, et rappelait encore une fois les qualités nécessaires à celui qui doit être élevé à une dignité ecclésiastique ou jouir d'un bénéfice.

On désirait généralement voir la fin du concile, que la maladie de plus en plus grave du pape faisait souhaiter davantage encore aux membres les plus prudents de l'assemblée. Aussi fut-il terminé avec la vingt-cinquième session [3-4 décembre 1563], dont les décrets portèrent sur le purgatoire, le culte des saints, des images, des reliques et les indulgences. Le décret de réforme insiste sur la réforme des couvents, traite de la tenue à la fois digne et modeste des maisons cardinalistes et épiscopales, punit le concubinage, etc. En même temps, il ordonna que les travaux de la congrégation qui s'était déjà occupée de la rédaction d'un catéchisme, d'un missel, d'un bréviaire et d'un index des livres défendus, seraient achevés et publiés par les soins du souverain pontife. Les princes furent invités, au nom de Dieu, à tenir la main à l'adoption et à l'exécution des décrets du concile, et à donner les premiers l'exemple d'une fidèle observation. Les deux cent cinquante-cinq Pères présents, dont quatre légats, deux autres cardinaux, vingt-cinq archevêques, cent soixante-huit évêques, sept abbés, sept généraux d'ordre et trente-neuf procureurs, qui seuls n'eurent pas voix délibérative et ne signèrent pas, souscrivirent, tous, les décrets et décisions du concile en ajoutant : $ubscripsi deßniendo (1).

Pie IV confirma les décrets du concile, fit rédiger la Pro-

(i)Cf. là-dessus Pallavicini, 1. cit., lib. XXIV, c, 8, n° 13 sq.

fessio fidei ÎHdentina comme une loi obligatoire pour tous ceux qui reçoivent une charge ecclésiastique ou une dignité académique (1), et, dans la suite, sous Sixte-Quint, on in-

(2) Nous la donnons ici tout entière, parce qu'on y trouve la doctrine opposée aux nouveaux principes des protestants modernes : « Ego N. firma fide credo et profiteor omnia et singula quae continentur in symbolo fidei quo sancta Romana Ecclesia utitur, videlicet: Credo in unum Deum, Pâtre m omnipotentem, factorem cœli et terrae, visibilium omnium et invisibilium. Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum et ex Pâtre natum ante omnia seecula : Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero : genitum , non factum, consubstantialem Patri, per quem omnia facta sunt; qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu sancto, ex Maria Virgine, et homo factus est. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus et sepultus est. Et resurrexit tertia die, se'cundum Scripturas, et ascendit in cœlum, sedet ad dexteram Patris; et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et rnortuos; cujus regni non erit finis. Et in Spiritum sanctum Dominum et vivificantem, qui ex Pâtre Filioque procedit, qui cum Pâtre et Filio simul adoraturet conglorificatur, qui locutus est per prophetas. Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum, et exspecto resurrectionem et vitam venturi sœculi. Amen.

» Apostolicas et ecclesiasticas Iraditiones reliquasque ejusdem Ecclesia? observationes et constitutiones firmissimè admitto et amplector. Item sacram Scripturam, juxta eum sensum quem tenet sancta mater Ecclesia, cujus est judicare de vero sensu et interpretatione sacrarum Scripturarum, admitto, nec ea unquam nisi juxta unanimem consensum Patrum accipiam et interpretabor. Profiteor quoque Septem esse vere et proprie Sacramenta novse legis a Jesu Christo, Domino nostro, instituta atque ad salutem humani generis, licet non omnia singulis necessaria, scilicet Baptismum, Confirmationem, Eucharistiam, Pœnitentiam, Extremam Unctionem, Ordinem et Matrimonium; illaque gratiam conferre, et ex his Baptismum, Confirmationem et Ordinem sine sacrilegio reiterari non posse. Rcceptos quoque et approbatos Ecclesia; catholicae ritus in supradictorum omnium Sacramentorum solemni administratione recipio et. admitto. Omnia et. singula quœ de peccato originali et de justificalltione in sacrosancta Tridentina synodo definita et declarata fuerunt ■Umplector et recipio. Profiteor pariter in missa offerri Deo verum, .(proprium et propitiatorium sacrificium pro vivis et defunctis, atque in sanctissimo Eucharistie sacramento esse vere, realiter et substantialiter corpus et sanguinem un a cum anima et divinitate Domini nostri Jesu Christi, fierique conversionem totius substantia: panis in corpus et totius substantia; vini in sanguinem, quam conversionem catholica Ecclesia transsubstantiationem appellat. Fateor etiam sub altera tantum specie totum alque integrum Christum velu «

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