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ENCORE AU SERVICE DE L'ÉGLISE

celli, publiée en 1555, sous Paul IV, qui lui valut le surnom d'Homère de la musique. Les fameux Improperia [en 1560] de ce maître ne sont pas moins sublimas; ce sont des reproches pleins de tendresse et de douceurs que le Christ adresse à son^ peuple ingrat et cruel, mêlés au Trisagion, « Dieu saint, Dieu puissant, Dieu immortel, » et qu'on chante, le vendredi-saint, en latin et en grec. Son plus grand triomphe, sans doute, fut d'obtenir par l'envoi de ses messes, de la congrégation de cardinaux réunie pour abolir la musique nouvelle en usage dans les églises qu'elle serait conservée dans le culte divin. La musique de Palestrina unit à la gravité solennelle du chant grégorien la vivacité du style moderne, sa richesse et son harmonie. En 1533, le Napolitain Luigi Dentice composa un Miserere qui eut de la réputation, jusqu'au jour où Allegri, appelé de Fermo à Rome par le pape Urbain VIII, publia son fameux Miserere à deux chœurs, l'un de quatre voix, l'autre de cinq, qui alternent, et finissent par former un chœur de neuf voix. L'Espagnol Morales et le Belge Orlando di Lasso ou Lassus, travaillèrent dans le même sens, et soutinrent la lutte élevée entre le style grave et religieux adopté par ces maîtres et celui de l'Opéra de Florence [1660]. L'influence mondaine du drame lyrique fut également combattue par l'école de musique que fonda saint Philippe de *Néri, dans la congrégation de l'Oratoire, et qui exécutait, surtout pendant le carême, des drames bibliques d'un caractère tour à tour gracieux et solennel : de là les oratorio des grands maîtres.

§ 353. — La vie religieuse.

Les vœux si sérieux et si fréquents émis dans les conciles du XV° siècle pour la réformation des mœurs cl le progrès de la science dans l'Église, se réalisèrent durant la période que nous venons de parcourir. En nous félicitant de ces résultats, nons accordons volontiers qu'ils n'auraient pas

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été obtenus si promptement, sans les attaques subites et violentes des prétendus réformateurs. Il n'en reste pas moins constant qu'aucune époque, peut-être, n'a été plus glorieuse pour l'Église par le grand nombre de personnages illustres, de papes pieux, d'évêques zélés, de saints fondateurs d'ordres, de savants docteurs, que celle qui compte un saint François de Sales, un saint Vincent de Paul, un saint Jean de la Croix, une sainte Thérèse, saint Thomas de Villeneuve (1), Dom Barthélémy des Martyrs [j 16 juillet 1590] (2), saint Ignace, saint François - Xavier , saint Louis de Gonzague, saint Stanislas Kotska, saint Philippe de Néri, saint Jean de Dieu, sainte Angèle de Brescia, et tant d'autres auxquels les sectes protestantes n'ont absolument aucun saint personnage à opposer. Le catholique fidèle sent sa foi singulièrement raffermie, quand il contemple tant de modèles héroïques de la perfection chrétienne, quand il s'arrête un moment à considérer, par exemple, la vie si active et si précieuse de saint Charles Borromée (3).

Né d'une illustre famille, au château d'Arona, sur le lac Majeur, le 2 octobre 1538, Charles Borromée donna, dès son enfance, des preuves d'une si tendre piété et d'un zèle si religieux qu'un prêtre de Milan, pressentant sa vocation, dit de lui : a Cet enfant sera un jour le réformateur » de l'Eglise et accomplira de grandes choses. » 11 étudia d'abord le droit à l'université de Pavie, puis s'adonna à la théologie. Ses vertus et sa prudence dans les affaires engagèrent son oncle, Pie IV, à l'attirer à Rome, et à le nommer, dès l'âge de vingt-deux ans, archevêque de Milan [1560]. Là, sous la conduite du Jésuite Jean Ribéra, se développèrent tous les trésors de cette âme prédestinée. Son activité infatigable, l'influence qu'il exerça sur la cour de Rome, sur les délégués du concile de Trente par ses synodes, parla réforme de divers ordres religieux, et surtout

(1) Maimbourg, Vie de saint Thomas de Villeneuve. Paris, 16G6.

(2) Cf. le journal le Siou, année 1841, janvier, i;Ce 10-13.

(3) Opp. Caroli Borrom., Mediol, 1747, 5 vol. in-fol. Homilue et alia, prtefat. et annot. J. A. Saxii. Aug. Vind., 1758, 2 vol. in-fol.; Giussano a écrit sa vie en italien; Godeau, Vie de Charles Borromée. Paris, 1747; Touron, Vie et esprit de saint Charles Borromée. Paris,

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