LA VIE RELIGIEUSE
par ses séminaires, en firent incontestablement le réformateur le plus important de l'Église à cette époque; sa douceur envers les hommes et son abnégation donnèrent l'impulsion à de nombreuses institutions de charité : sa sévérité envers lui-même et le clergé de son diocèse rappelèrent les prêtres à tout le sérieux de leur sainte vocation ; sa vie tout entière fut l'idéal accompli de la vie sacerdotale [f 1584] (1).
La vie, les exemples de ces saints et illustres' personnages agirent puissamment sur les masses populaires, dont les progrès furent soigneusement cultivés par les divers ordres religieux qui se partagèrent alors l'instruction et l'éducation du peuple, et se consacrèrent avec un inaltérable désintéressement au salut des pauvres, des ignorants, des malades, pendant que les Jésuites, les Piaristes, les Ursulines et d'autres, se livraient avec une charité toujours sereine à l'éducation de la jeunesse. Corn. Loos de Mayence [f 1593], le Jésuite Tanner [f 1632], et surtout le Père Frédéric Spée (2), luttèrent avec succès contre la folie et l'inhumanité des procès de sortilège et de magie. Enfin, en aucun temps, à aucune époque de l'histoire, le clergé ne fit plus pour le développement religieux et moral du peuple, qu'au moment même où les protestants se séparèrent de l'Eglise qui les avait élevés et instruits, et à laquelle ils étaient redevables de ce qui leur restait encore de vérités et de convictions religieuses.
(1) Sailer, Saint Charles Borromée. Augsb., 1824.
(2) (Fr. Spèe) Gautio criminalis sive de processibus contra sagas ; liber ad magistratus Germ, hoc tempore necessarius, etc. Rinthel., 1G31. Ce même Spée s'est rendu célèbre comme poëte ; voir son Truz- Nachtigall (la fleur de l'esprit et du sentiment religieux dans la première moitié du XVIIe siècle), publié par Willmes. Leipzig, 1841. Avec une introduction et des éclaircissements ; l«r édit., Cologne, 1649; édit. par Ilnouen. Munster, 1841.