RAPPORTS DES CATHOLIQUES ET DES PROTESTANTS
§ 354. — Tentatives d'union.
Hering, Histoire des tentatives d'union faites depuis la réforme. Leipzig, 1836 et années suiv.. 2 vol. Neudecker, les Principaux essais de pacification des Églises évangél. et protest. d'Allemagne. Leipzig, 1846. Gieseler, Manuel de l'hist. ecclés., t. III, sect. II, p. 449.
On a peine à concevoir qu'après tous les événements que nous avons rapportés, après une lutte si vive, une polémique si passionnée, un ébranlement si universel, et l'inutilité avérée de tant d'efforts faits, avant et pendant le concile de Trente, pour se rapprocher, on ait encore, des deux côtés, cherché à rétablir l'union entre l'Eglise catholique et les églises luthérienne et réformée. Il est évident qu'il n'y avait point de base commune pour appuyer un pareil accommodement. En effet, lorsqu'à la conférence de Worms [1537] Jules de Pflug, qui présidait la réunion, proposa aux membres luthériens de prendre pour point de départ fixe de la discussion la confession d'Augsbourg, parce que les catholiques ne pouvaient les suivre dans tous leurs systèmes vagues et vacillants; sur douze théologiens de la confession d'Augsbourg présents, il y en eut sept qui rejetèrent la proposition et empêchèrent par là même toute conférence ultérieure. Cependant, la vue des dangers dont ces divisions religieuses menaçaient les familles et l'État, excita dans beaucoup d'esprits sages et pacifiques, le désir de renouveler les tentatives de rapprochement et d'union. Ferdinand Ier d'Autriche insistait en particulier. George Cassander [f 1566] avait ainsi qu'Erasme, dans son écrit De ami-