RELIGION DES GERMAINS
(( présenter sous la forme humaine ; ils leur consacraient « des bocages et des forêts, et invoquaient, sous des noms <( divins, cet être mystérieux que leur révélait le sentiment (' respectueux de leur âme (1). » Aussi n'avaient-ils point un culte pompeux comme celui des Gaulois (2).
Cependant on ne peut pas faire une application générale de ces descriptions de Tacite et de César. Tacite lui-même mentionneun templede/aw/anadanslepaysdes Marses(3), et les rapports postérieurs des missionnaires chrétiens en citent plusieurs. César et Tacite parlent de l'adoration d'une triade divine, à laquelle ^celui-là donne les noms romains de Soleil, Lune et Vulcain, celui-ci ceux de Mercure, Hercule et Mars. Les missionnaires chrétiens parlent aussi de trois divinités germaines, Colomban trouva au lac de Constance trois idoles, et le même nombre trois se présente dans la formule d'abjuration du VIII° siècle. En jtête des divinités germaines, se trouve Wouton, qui tantôt, du haut de son trône, considère par une fenêtre la terre et les occupations des hommes, tantôt dirige une chasse sauvage à travers les airs, dispose des batailles, etc. A ses côtés se place la chasseresse Hulda, qui tour à tour fait paître de paisibles troupeaux, parcourt les nues avec Wouton, rappelle les femmes aux soins domestiques, effraye celles qui s'endorment dans la paresse; puis les fils de Wouton, Donar (/'Ao?^ Thunae-r), qui lance le tonnerre et précipite du sein de la nue le marteau de la guerre sur la terre [Donnerstag, Jeudi) ; Ziu, à lamain unique [Ti/r, Ir, Erich)^ le dieu de la guerre {Erichs- Z instag- Dienstag , Mardi). Après ces dieux terribles apparaît une famille de divinités'plus douces qui veille à la fertilité des champs. C'est Ingo, puis Nerthus (terre maternelle), et ses enfants Frouvo [Freya), l'aimable compagne de Wouton {Freitag, Vendredi); la déesse Ostare {Costra), qui fait triompher le printemps de Thiver.
Autant les Germains se montraient superbes et intraita-
(1) Tacit. Germ. c. 9. Conf. Agath. Hist. I, 7.
(2) Cœsar, de Bello Gall. VI, 21 : « Germani miiltum ab hac (Gallorum) coasuetudine differunt: aam neque druides habent, qui rebus divinis prtEsint, neque sacrificiis student. »
(3) Tacit. Annal. I, 51. Cf. Grimm, loco cit., p. 55. liellbcrg, Ilist. ceci, de TAH., t. II, p. 57G.