RÉALISE PAR MICHEL CERÜI,ARIUS
§ 208. — Le schisme réalisé par Michel Cérulainm
Ep. Nicolai patriarch. (Baron, ad an. 919). Luitprandi Legatio ad Niceph. Phoc. (Corpus scriptor. Hist. Byzant. Bonn., 1828, P. XI, Epp. Ceralarii et alior. (Cnnis.-Basnage, Lection. antiq. t. II!, P. I,
p. 5f81 sq.). Ep. Leonis IX dans Mansi, t. XIX; Harcluin, t. VI, P. I. p. 927 sq.).
Les successeurs du patriarche Antoine restèrent, durant le X*^ siècle, en communion avec Rome ; les autres patriarches d'Orient continuèrent aussi à porter les noms des évêques romains dans leurs diptyques et dans le canon de la messe. Cependant les deuxlÉglises n'avaient pas des rapports très-actifs. L'empereur Léon ayant, malgré les remontrances du patriarche de Constantinople, contracté un quatrième mariage, Nicolas le Mystique [896-925] l'excommunia, et il s'ensuivit une division momentanée dans l'Église grecque. Des légats du pape apaisèrent le différend et rétablirent l'harmonie. Mais les dissensions politiques et l'ambition des princes excitèrent de nouveau la jalousie, et firent renaître la désunion entre les deux Eglises, vers le temps où Ijuitprand, évêque de Crémone, fut envoyé à Constantinople comme légat de l'empereur Othon [968], au sujet d'une lettre du pape Jean XIII, qui nommait Phocas empereur des Grecs, et Othon empereur des Romains et auguste. Malgré le pressant besoin que, durant le XP siècle, l'Orient eut de l'Occident, on n'essaya aucune tentative sincère de réconciliation. Enfin, l'élévation de Michel Ce* rularius au patriarcat de Constantinople [1043], devint l'occasion de la séparation définitive.
De concert avec Léon d'Achrida, métropolitain de Bulgarie, le patriarche de Constantinople adressa une lettre encychque à Jean, évêque de Trani en Apulie (1), dans laquelle il ressuscita tous les reproches qu'on adressait à l'Eglise romaine, portant sur la procession du Saint-Esprit, du Père et du Fils, le célibat de îo'.is les ecclésiastiques, l'exclusion des ecclésiastiques du droit de donner le sacre-
(1) Baron. Annal, ad an. 1053, n' 22. Cf. Leo Allât., lib. III, c. 14.