‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 121 sur 280 · II · texte numérisé non relu

II

peine élu, il est maltraité et emprisonné par sa propre famille, les Frangipani; le peuple s'émeut et le délivre; on le sacre à Gaëte, Henri Vie poursuit; le pape fuit et meurt à Cluny [1119]. On lui donne pour successeur, sur ses propres indications, le courageux archevêque de Vienne, Guido, prince de Bourgogne. Le parti de l'empereur oppose au nouveau pape, Galixte II [1119-24], l'anti-pape Grégoire VIII (Bourdin, archevêque de Braga) (1), qui ne peut se soutenir contre les Normands et le peuple romain, et meurt en prison. L'Allemagne et l'Italie désolées, dévastées, réclament enfin la paix entre l'Église et l'État.

Déjà le moine Hugues de Fleury avait, au sujet des querelles nées entre les archevêques de Canterbury et les princes normands d'Angleterre, réclamé avec force cette réconciliation entre l'empire et le sacerdoce, dans un livre qui soutenait l'institution divine de la royauté, condamnait les conséquences forcées du système de Grégoire VII, tout en demandant la liberté des élections et l'abohtion de l'investiture par la crosse et l'anneau (2). Alors aussi Godefroy de Vendôme, le critique sévère des actes du pape Paschal, éleva une voix réconciliatrice, indiqua (3) comme moyen certain de pacification la distinction essentielle entre l'investiture de la dignité spirituelle et la transmission des biens temporels; mais ce qui lui paraissait le plus important, c'était la liberté de l'élection canonique ; celle-

(1) Vita Burdini (Baluz. Miscell. Paris., 1680, lib. III, p. 471 sq.).

(2) Hugo Floriacens. lib. II, De regia polestate et de sacerdotali dignitate ad Henricum I (Baluz. Miscellan. t. IV. Paris., 1683) : « Scio quosdam nostris temporibus, qui reges autumant, non a Deo, sed ab bis habuisse priiicipium, qui, Deum ignorantes, superbia, rapinis, homicidiis et poslremo pœne universis sceleribiis in mundi principio, diabolo agitante, supra pares homines dominari cœca cupiditate affectaverunt. Quorum sententia quam sit frivola, liquet apostolico documente : Non est potestas nisi a Deo, etc. »

(3) Godofrcdi Vindonic. Opusc. III, De simonia et investitura laicor. ad Calixt. II, et Tractatus de ordinationeepiscopor. et de investitura laicor. ad Petr. Leon, cardinal. (Max. Bibliotb. t. XXI) : « Ali a est investitura, quae episcopum perficit, alla vero quae episcopum pascit. Possunt itaque sine offensione reges post electionem canonicam et liberam consecrationem per investituram regalem in ecclesiasticis possessionibus concessionem, auxilium et defensionem, episcopo dare. »

Page 1