‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 122 sur 280 · GELASE II ; CALIXTE II · texte numérisé non relu

GELASE II ; CALIXTE II

ci accûrdée, la consécration accomplie, il n'y avait plus rien de choquant dans l'investiture royale, car, d'après la volonté du Christ, le glaive spirituel et le glaive temporel doivent l'un et l'autre servir à la défense de l'Église et s'associer dans ce but.

Ainsi se préparaient la solution de cette longue et pénible querelle et la réconciliation du pape et de l'empereur. Calixte II avait fait des propositions très-modérées à Henri V, dans le concile de Reims [1119] ; l'empereur les refusa et fut menacé derexcommunicatipn. L'agitation de l'Allemagne devenait inquiétante, il craignit le sort de son père et finit, après de longs pourparlers, par admettre le concordat de Worms [H22j. Ainsi fut terminée pour l'Allemagne la querelle des investitures, qui avait duré un demi-siècle. Alors Calixte II, sûr de son indépendance, convoqua le premier concile de Latran, ou

le Neuvième Concile œcuménique [1 123],

auquel assistèrent trois cents évêques, six cents abbés, en tout mille prélats. Le concile confirma les dispositions du concordat de Worms, d'après lesquelles, conformément à ce qui se passait déjà en Angleterre, il fut décrété ce qui suit : « L'empereur abandonne à Dieu, aux saints apôtres » Pierre et Paul et à l'Église catholique, toute investiture » parla crosse et l'anneau, et consent à ce que, dans tou- )) tes les Églises de l'Empire, l'élection et la consécration se » fassent librement, selon les lois ecclésiastiques ; par con- » tre, le pape consent à ce que l'élection des prélats alle- » mands se fasse en présence de l'empereur, mais sans » contrainte ni simonie ; à ce que les élus reçoivent l'in- » \estiture pour ce qui concerne les fiefs d'État, en Alle- » magne avant, en Italie et en Bourgogne après la consé- M cration, non par la crosse et l'anneau, mais par le scep- » tre, et s'acquittent ainsi de leurs obligations envers l'em- » pereur. » En même temps, le concile s'occupa de la triste position des chrétiens d'Orient et d'Espagne, renouvela les indulgences accordées aux croisés par Urbain II,

300 § 218. — HONORius II ; innocent ii, etc.

et décréta différents canons relatifs à la restauration de la discipline ecclésiastique (1).

Ainsi, on commença à prendre un terme moyen entre les exigences extrêmes des deux partis. Jusqu'alors les empereurs, sans égard à la position ecclésiastique des évoques, leur avaient donné l'investiture par les insignes de la puissance spirituelle, comme si l'autorité épiscopale eût été une émanation de la puissance politique. Les papes, de leur côté, depuis Grégoire, méconnaissant la position politique des évêques, avaient souvent prétendu exclure les princes temporels de toute participation aux élections épiscopales. Le concordat conciliait les deux partis et commençait à donner à l'Église ce qui appartient à l'Église, à l'Etat ce qui revient à l'Etat ; mais dès lors aussi s'introduisirent entre l'Eglise et l'Etat la défiance et l'hostilité. Néanmoinsla joie jut si grande, si universelle que, dans beaucoup de documents de l'époqfte, l'année H22fut marquée comme une ère nouvelle. On n'avait rien décidé à l'égard de l'hommage, qu'Urbain II et Paschal II avaient défendu. Calixte II n'en avait rien dit, probablement par prudence, et le même silence mit fin aux prétentions de l'empereur relatives à l'élection des papes; c'est un fait significatif qu'il importe de remarquer.

B. Depuis Honoiius II jusqu'à la mort d'Eugène III [1153] .

Lei nouvelles républiques. Arnaud de Brescia . La seconde croisade. Saint Bernard et son traité sur la considération,

Mansi,t. XXI, p. 319 sq. Harduin, t. VI, P. II, p. 1117. Vita ep. Roman, pontificum laudator. et acta concilior. Néander, Saint, Bernard et son siècle. Berlin, 1813. Ratisbonne, Histoire de saint Bernard, 2« édit. 2 vol. Paris, 1843. Néander, Hist. ecclés., t. V, p. 189-211. Katerkamp, Hist. ecclés., t. V, p. 355-470. Staudenmaier, de l'Essence de l'Église cath. Frib., 1845, p. 130 sq.

(1) Cf. Mansi, t. XXI, p. 274.87; Harduin, t. VI, P. II, p. 1109-18; voy. aussi Muratori, t. III, P. I, p. 421. Quelques zélateurs seuls furent mécontents de cette conclusion, comme Conrad, archevêque de Saltzbourg, qui dit : Cela « est nefas et instar sacrilegii, manus chrismatis unctione consecratas sanguineis manibus subjici et homagii exhibitione poUui, » Voyez sa Vita dans Pez, Tliesaur. anecdot. t. II, P. III, p. 227.

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