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354 § 227. — PUISSANCE temporelle et spirituelle

depuis longtemps, par les dérrétales du faux Isidore et par le recueil de lois rédigé par Ives de Chartres (1). Elles le furent davantage encore lorsque le célèbre Bénédictin Gratien fit, par son zèle et ses travaux, pour le droit canon, ce qu'Irnérius fit pour le droit civil et Pierre Lombard pour la scolastique (2). Gratien était professeur à l'école du couvent de Saint-Félix à Bologne, lorsqu'il publia son célèbre Manuel de droit ecclésiastique {Decretum Gratiani, vers 1152), après l'avoir d'abord soumis à l'examen des plus savants professeurs de droit de Bologne (3). Il mit dans un ordre scientifique toutes les lois ayant autorité à son époque, expliqua chaque matière par une introduction sur les principes généraux du droit, et développa le texte par des remarques. Le goût du droit ecclésiastique, étude alors nouvelle, devint si général et exerça une si grande influence, que non-seulement il menaça d'absorber la science du droit civil dans les Universités, mais que les empereurs euxmêmes furent obligés d'y avoir égard et menèrent à leur suite des docteurs en droit canon. Aussi Gratien, comme Justinien jadis, eut-il un grand nombre de glossateurs (4). Son Décret est, du reste, une compilation défectueuse et qui est loin d'exphquer toutes les contradictions du vieux droit ecclésiastique et du nouveau. Les papes furent donc obligés de donner beaucoup de décisions nouvelles, que Grégoire IX fit rassembler en un code, pai^ le Dominicain Raymond de Pennafort {Decretalium Gregorii IX lib. V,

(1) Petit recueil d'Ives de Chartres en VIII liv. Panormia, éd. Melch. de Vosmediano. Lovan., 1557. Recueil plus complet en XVII livr., Decrelum in opp. éd. Pronto. Paris., i6i7, 2 tom. in-fol. Theiner, sur le prétendu Decretum d'Ives, élève de forts doutes sur l'authenticité de ce decretum. Mayence, 1832. Cf. Walter, Hist. ecclés., p. 190-193.

(2) D'après une tradition, Pierre Lombard, Gratien et Pierre Comestor, le célèbre auteur de l'Historia scholastica, doivent avoir été trois frères (Antonii Lib. hist., P. III. tit. 18, c. G). Sur Irnerius, cf. Savigny, Hist. du droit romain, t. IV, p. 9-62.

(3) Le titre le plus complet, Concordia discordantium canonum, libb. III. Sur la littérature, cf. Walter, 1. cit., p. 193 sq.; Savigny, 1. cit., t. III, p. 514.

(4) Cf. Savigny, 1. cit., t. III, p. 537 sq; Guido PanctVoiMS, De Claris leg. interpretib. Lipsiae, 1721, in-4. Le plus important est Jean. Semeca, prévôt de Halberst., magister Teutonicus [+ 1343].

1234). Ce fut sur le système de ce code que s'appuya le nouveau recueil du pape Boniface VIII, publié à la fin de cette période {Liber sextus Bonifacii VIII, 1298, en V livres)^ qu'on appelle le Sexte, et qui fit un peu oublier le Décret de Gratien (1).

(1) Sur les decretales Gregorii IX et Bonif. VIII, lib. VI, voyez Walter, 1. cit., p. 201-7; Buss, sur l'influence du christianisme (Gaz. de Frib., t. IV, p. 298),

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