LES AUTRES MEMBRES DE LA HIÉRARCHIE. ADMINISTRATION DES DIOCÈSES
§ 228. — Le clergé dans ses rapports avec l'État.
Les luttes violentes de l'Église et de l'État portèrent leurg fruits : toute victoire est le fruit d'un combat. La féodalité avec ses liens nombreux fut un des principaux obstacles aux progrès de l'indépendance de l'Église. Les seigneurs fondaient, en général, sur les droits féodaux les droits régaliens et les droits de dépouilles {jus regaliœ,jus spoHiseu exiwiarum), si onéreux à l'Église.
L'opposition des papes ne fit abolir ces droits qu'en Allemagne ; les seigneurs conservèrent aussi fort longtemps l'influence sur la mise en possession des bénéfices ecclésiastiques par le jtis primarum precum. Il fallut toute l'autorité des papes pour protéger et garantir le clergé contre les impôts arbitraires et violents de la puissance séculière, que combattirent surtout Urbain II, au concile de Glermont (can. 2), et Alexandre III au troisième oncilede Latran (can. 19). Dans des cas urgents seulement les dons volontaires du clergé furent autorisés, quoiquetoujours soumis à l'autorisation papale, d'après le décret d'Innocent III au quatrième concile de Latran (1218, can. 46).
Le clergé s'efforça également de conquérir ses anciennes immunités, et particulièrement le privilège du forum dans les affaires concernant les personnes. Mais ici la féodalité engendrait de fréquents conflits entre les juridictions ecclésiastique et séculière. Malgré les menaces des papes et des conciles, les membres du clergé étaient souvent traînés de-