SECTES FANATIQUES
Relations des contemporains : Ebrardi Flandrensis, e Betunia oriundi. Lib, antihseresis , éd. I, Jacob. Gretseri (Max. Biblioth. PP., t. XXIV). Enneiigardi Opusc. contra eos qui dicunt et credunt mundum istum et visibilia orania non esse a Deo facta, sed a diabolo (ibid.). Alani ab Insiilis (moine de Clairvaux, -f- 1202) Libb. IV contra bsereticos ("Waldenses, Judaeos et Paganos) sui temp. libb. I et II, éd. Masson. Paris., 1612; libb. III et IV, éd. C.Vischius (Biblioth. script. Cisteriens. Colon., 1656, p. 411). Bonacursus (d'abord maître des Cathares, plus tard catholique), Vita litereticor. sive Manifestatio hœresis Catharorum (d'Achery, Spicileg., t. I, p. 208J. Rainera Sachon. d'abord Vaudois, puis catholique et Dominicain, -f- 1259), Summa de Catharis et Leonistis sive Paupeinb. de Lugduno (Martene et Durand. Max. Collect, t. V). Ejusdem vel alius Rainera lib. adv. Waldens. (Max. Biblioth. PP. t. XXV) Du Plessis d'Argentré, collectio judicior. de novis error. ab initio XI l saeculi usque ad ann. 1632. Paris., 1728, 3 t. in-fol. Fuesslin, Nouv. hist. impart, des hérésies du moyen âge. Francf,, 1770. Hahn, Hist. des hérés. du moyen âge, surtout du XI' au XIP siècle. Stuttg., 18-17, in-fol., 3 vol.
§ 233. — Aperçu.
L'Église, parvenue, comme nous l'avons vu, à l'apogée de sa puissance temporelle et de son influence politique, et, par là môme, à de grandes richesses territoriales, avait déjà souvent été fort injustement jugée, faute d'une véritable critique historique. Les intérêts lésés et l'esprit de parti fournirent bientôt un nouveau texte d'accusations triviales et exagérées; on lui reprocha ses richesses, qui, sans doute, avaient leur danger, et son alliance étroite avec le siècle, qui n'était pas non plus sans péril. On en fit sortir toute espèce de maux. Les voix isolées, les sectes
§ 234. — TANCHELME, EON, PIERRE DE BKUIS, ETC. â67
particulières qui, antérieurement, s'étaient élevées contre l'organisation de l'Égiise, et qui se multiplièrent d'une manière inquiétante, insistèrent, dans un langage passionné, et en donnant l'exemple d'une pauvreté volontaire et de mœurs austères, sur la nécessité d'en revenir à l'Eglise primitive, à l'Eglise apostolique, pauvre, libre et séparée de l't^tat. Ces sectes firent d'autant plus d'impression qu'elles parlaient contre un clergé en partie sécularisé, souvent peu soucieux de la sanctification du troupeau, et qu'elles s'autorisaient, en outre, des efforts, sous certains rapports analogues, et des prophéties menaçantes de hauts et saints personnages de l'Église, tels que saint Bernard, sainte Hildegarde, Malachie d'Armagh, Joachim de C,a.~ labre (1). L'opposition contre la constitution de l'Église, le mépris de sa doctrine, le dédain de toute science, un enthousiasme violent et sombre, et enfin certaines erreurs gnostiques et manichéennes, tels furent les caractères communs à toutes ces sectes, qu'on désignait en général sous le nom de Manichéens ou de Cathares.
§ 234. — Tanchelme, Eon, Pierre de Bruis, Henri de Lausanne, les Cathares et les Circoncis.
Les sectes, qui s'étaient propagées en silence, furent bientôt encouragées à la publicité par l'exemple que leur donnait l'opposition des empereurs et des grands contre l'Eglise. On vit paraître d'abord l'enthousiaste Tanchelme [H 13-24], qui avait formé une secte particuhère en Brabant ; il prétendait être le fils de Dieu, posséder la plénitude de la Divinité, méprisait les sacrements ainsi que la hiérarchie ecclésiastique et défendait de- payer la dîme.
(1) Bernardus,àQ Considérât, ad Eugen. III; Hildegardü abbatissa, sanctissima virgo et prophetissa, vitfe ejus in Bolland. Acta SS. ad 17 mens, septembr. Epp. et opusc. (Max. Biblioth., t. XXIII, p. 535 sq.); sur Malachie, cf S. Bernardi Lib. de vita et rebus gestis S, Malachiee et Sermo II in transita S. Malachiœ (0pp. Venet., t. II, p. 663; t. III, p. 326 sq.). La bibliographie sur ces prophéties, dans Fabricii Biblioth. med. et infim. latin., t. V, s. v. Malachias. Vaticinia Malachiae Hiberni de papis Romanis, dans Gfrœrer, prophetœ, vel. pseudepigraphi. Sur Joachim, voyez Bollandus, Acta SS. ad 29 mens, maii; sur ces écrits, voyez plus bas §. 238.