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LES ALBIGEOIS

alors qu'Innocent fit prêcher une croisade contre les Albigeois par Arnauld, abbé de Cîteaux ; le brave et fidèle Simon, comte de Montfort, la termina avec bonheur. Raimond, réduit à toute extrémité, promit obéissance à l'Église, donna sept forteresses en gage, fit publiquement pénitence, et se joignit lui-même à la croisade. On se tourna alors contre Roger, vicomte de Béziers et de Carcassonne, et contre le comte de Foix. La ville de Béziers fut prise d'assaut [1209] et beaucoup d'habitants furent tués, sans distinction de croyance, de sexe ni d'âge (1). Puis on attaqua les vassaux du comte Raimond, qui malgTé le couitoux qu'il manifesta, obtint des légats la cession du pays conquis qu'il avait demandé avec instance à Rome, et que le pape Innocent lui avait accordé, s'inquiétant plus de la destruction de l'hérésie que du sort de ses fauteurs. Raimond, malgré la clémence de Rome et les premiers avertissements qu'il avait reçus, soutint secrètement les Albigeois assiégés dans Lavaur [1211], et fut enfin complètement vaincu dans une nouvelle et cruelle croisade. Montfort obtint au concile de Montpellier, comme vaillant soldat du Christ et invincible défenseur de la foi catholique, le pays conquis , et le quatrième concile de Latran [1215] confirma la donation. Innocent apprit avec une vive douleur les cruautés inouïes qu'on avait commises, à son insu (2), dans cette sanglante croisade, où les partisans de l'erreur, comme ceux de la vérité, agirent avec la même inhumanité.

(i) Ou prétend que l'abbé Arnauld s'écria : Tuez tout; Dieu connaît les siens ; » mais les chroniques qui racontent tout ce qui peut être défavorable aux prélats de l'armée catholique n'en disent rien, et le crédule Césaire de Heisterbach, qui a fait circuler mille contes imaginaires, est seul à en parler. Cf. Gazette de Bonn, nouv. série, ann.lv, livr. ]", p. 161-164.

(2) Hurler, Innocent III, t. II, p. 692 : « Quels que soient les excès qui furent commis pendant six ans, dans le sud de la France, contre l'humanité et la justice, quoique les forces envoyées pour rétablir l'autorité et la foi de l'Église fussent employées a une guerre de rapines et de caprices, on ne peut reprocher ni l'un ni l'autre à Innocent. Ses ordres ne furent point exécutés, ou bien de faux rapports lui firent prendre des mesures qu'il n'aurait jamais prises s'il avait connu l'état des choses.

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