ET LES SŒURS DU LIBRE-ESPRIT ; LES FRERES APOSTOLIQUES
Los trois âges du monde forment le fond de sa doctrine, analogue à cet égard à celle desMontanistes (1) : le premier âge est celui du Père, qui veille surtout sur le peuple juif; le second est celui du Fils, durant lequel l'Église romaine se développe. Mais la doctrine du Christ et des apôtres contenant l'Évangile du royaume terrestre, au lieu de celui de la vie contemplative, but véritable de l'homme, et ne pouvant, par conséquent, complètement satisfaire le besoin de l'esprit, il faut que le Christianisme disparaisse devant une manifestation plus haute et plus pure de la vie et de la science religieuses, et cette ère nouvelle commence juste en l'an 1260, c'est le troisième âge du monde, celui du Saint-Esprit, de l'esprit pur, tandis que le premier est celui de la chair, le deuxième celui de l'esprit et de la chair. Le faux mysticisme de toutes ces sectes atteint le plus haut degré d'enthousiasme dans le fameux et intelligent Maître Eckard [1300-1329], qui expliquait allégoriquement toute la partie historique de la révélation divine, pour la faire correspondre à sa théosophie panthéiste (2).
dans Argentré, Collect, judicior. de novis erroribus. Paris, 1728, t, I, p. 103, et dans Eccard, t. II, p. 849, Postula super Apocal.. dont les extraits dans Baluz. Miscell., lib. I, p. 213 sq.
(1) Terlull. de Origin. veland. c. I. Cf. aduxor.,lib. I, c. 1'.
(2) Cf. Slaudenviaier, Philosophie du christianisme, t. I, p. Cil.