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CONGRÉGATION DE CLUNY

jouissait la vie monastique lui donna une telle extension et des formes si variées, qu'Innocent III se crut obligé de défendre l'établissement de nouveaux ordres. Le choix restait libre entre ceux qui existaient. Néanmoins cette prohibition ne put empêcher la fondation de plusieurs congrégations, qui se dévouèrent, avec une incroyable énergie et avec un succès non moins extraordinaire, à combattre les ennemis les plus dangereux de l'Église et de l'État, c'est-àdire les hérétiques de l'époque. Le secret de leur force était dans la sévérité de la règle et dans la sainteté des fondateurs ; malheureusement on vit trop tôt naître une contradiction flagrante entre le vœu de pauvreté et la possession des grandes richesses que ces ordres acquirent, et qui imphquait une décadence plus ou moins prochaine. L'appétit pour les jouissances sensuelles une fois éveillé, la vocation monastique perdit bientôt son caractère sacré, et les moines tombèrent dans des vices cachés ou dans des scandales publics. L'ordre le plus célèbre de l'époque précédente comme de celle-ci fut encore

la Congrégation de Cluny. — V. § 199.

Le costume de l'ordre était noir et fort simple. La discipline avait subi déjà une profonde atteinte sous la vicieuse direction d'un abbé Ponticus, qui mourut en 1122. La science et les hautes vertus de Pierre le Vénérable [1122-1136] relevèrent et étendirent la réputation de ce monastère. Nous l'avons déjà remarqué, tous les établissements bénédictins reconnaissaient pour chef suprême l'abbé de Cluny, qui nommait les prieurs des autres couvents (1). Chaque année

fling est moins riche; toutefois, on y rencontre un Homère. Etait-ce un original ou simplement une traduction latine? C'est ce qu'on ne dit pas. A la même époque, Beuedictbeuren vantait son Lucain, son Horace, son Virgile et son Salluste. Ce monastère possédait en tout deux cent quarante-sept volumes. Sous l'abbé Wolfram, celui de Saint-Michel, près de Bamberg, reçut une l'iche collection de livres, parmi lesquels figurent la plupart des poètes latins, sans compter beaucoup d'autres auteurs appartenant à l'antiquité païenne ou chrétienne. » Hurter, t. III, p. 582. (1) En général les couvents de l'ordre étaient sur de hautes col-

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