‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 163 sur 280 · ORDER DE GRAMMONT · texte numérisé non relu

ORDER DE GRAMMONT

lui combattre les formes multiples du génie fantastique (jui mêlait les rêveries d'une imagination dévergondée ou d'une raison indocile au grand réveil intellectuel de ces temps? Dévoué à l'Eglise et à l'idéal qu'il s'en faisait, il sut, mieux qu'aucun autre, attaquer les désordres du clergé et du monde, papes, évêques et princes, ou leur prodiguer ses bienveillants conseils. Grâce à lui, Innocent II est reconnu, et Eugène III exerce une haute influence; l'ordre des Templiers reçoit la sanction de l'autorité pontificale ; grâce à lui une seconde croisade est prêchée avec une force irrésistible, et enfin les hérétiques sont ramenés au sein de l'Église. Que de choses accomplies par un seul homme ! Cependant ce puissant représentant de l'élément spirituel, cet ange de paix entre les peuples et les rois, ne tarda pas à suivre son ami Eugène III dans la tombe [20 août Ho3], et bientôt les pressantes demandes des nations obtiennent sa canonisation [1174]. Après sa mort, l'ordre de Cîteaux garda le premier rang parmi les congrégations religieuses et s'étendit dans toute l'Europe ; car, au pied de ses murs solilaires, les orages du monde venaient expirer; dans ces tranquilles cellules une foule de cœurs brisés trouvaient un repos consolateur. « Ah ! qu'il me serait bien plus doux, « écrit un moine de Cîteaux, de cultiver la sagesse comme « simple frère dans nos cabanes, que d'accompagner mon <( ami dans les cités les plus magnifiques ! »

§ 241 — Ordre de Grammont (Grand Mont).

Historia brevis prior. Grandimontensium; Historia prolixior prior. Grand, et Vita S. Stephani, ord. Grand, par Ger/tard, septième prieur de Grammont (Martene et Durand, Collect, ampliss., t. VI, p. 113 sq., 125 sq. et 1050 sq. Mabillon. Ann. ord. S. Bened., t. V, p. 65). Cf. miyot, t. VII, p. 470; Hurler, t. IV, p. 137 sq.

Etienne de Thiers, en Auvergne, naquit de parents qui l'avaient demandé à Dieu par plusieurs années de supplications [1046]. Aussi son éducation fut-elle extrêmement soi- 'gnée, et à l'âge de douze ans il accompagna son père en pèlerinage au tombeau de saint Nicolas, de Bari. Il tomba malade à son retour, et l'archevêque Milon, son conipa-

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