LES CARMES, ETC
conque mourrait revêtu du scapulaire n'encourrait point la damnation éternelle (1). Bientôt après, les Carmes furent compris dans les ordres mendiants [1243], et lorsque Eugène IV adoucit et développa leur règle [1-431], ils se divisèrent en Conventuels ou Chaussés ou Observants ou Béchaussés. Dans la suite, il se réunit à leur ordre une foule de confréries du Scapulaire, dont le but était d'honorer la sainte Vierge d'une façon toute particulière et de se livrer à des œuvres pies.
On peut rapprocher des Carmes l'ordre de Fontevrault, qui se voua aussi spécialement au culte de la Reine du ciel (2). Robert d'Arbrissel en fut le fondateur, en 1094. Il avait été professeur de théologie à Paris et coadjuteur de l'évêque de Rennes [1085], fonctions dans lesquelles il avait déployé la plus grande énergie pour la réforme ecclésiastique. Après la mort de l'évêque, Robert, désespérant d'amender les chanoines, reprit momentanément l'enseignement dans la ville d'Angers ; mais il l'abandonna bientôt pour se consacrer à une vie de pénitence et d'abnégation dans la sauvage forêt de Craon. Des racines et des herbes lui servaient d'aliments, et il n'avait d'autre couche que la terre. On accourut vers l'ermite pour partager son genre de vie : il se vit obligé de former trois divisions de frères qu'il distribua dans les forêts voisines. Lui-même bâtit un monastère à Craon, dans la profondeur de la solitude [1094], et lui donna la règle de saint Augustin. Le pape Urbain II envoya à Robert l'ordre de prêcher la croisade, et sa parole ardente ébranla toutes les âmes. A sa voix on abandonnait le vice pour commencer une nouvelle vie (3).
(1) Launoi, Diss. V. de Simon. Stockii vis., de Sabbathinai buUœ privil. et Scapularis Carmelitar. sodalitate (0pp. t. II, P. II).
(2) Mabillon. Ann. t. V, p. 314 sq.; Bolland. Acta SS. mens, febr., t. III, p. 593 sq. Cf. Hélyof, t. VI.
(3) Balderic s'exprime ainsi dans sa bioc^raphic (Bolland. Acta SS. d. 25 mens, febr.), c. IV, n" 23 : « Tantam prœdictionis gratiam Dominns donaverat ut, quum communem sermocinationem populo faceret, unusquisque quod sibi conveniebat, acciperet. » — Ibid. : « Ego audenter dico, Robertum in miraculis copiosum, super d;emones imperiosum, super principes gloriosum. Quis enim nostri temporis tot languidos curavil, tot leprosos mundavit, tot mortuos suscitavit? Qui de terra est, de terra loquitur et miracula in corporibus admiratur. Qui auiem spii-itiialis est, languidos et le prosos, mor-