INFLUENCE DES ORDRES MENDIANTS
qui combla dejoie toute la chrétienté en le canonisant [15234]. Les Frères-Prêcheurs prirent une rapide extension en Eu rope. LesBoIonnais, poussés par une pieuse reconnaissance, se plurent à orner le tombeau de Guzman, et les plus célèbres artistes, depuis Nicolas de Pise jusqu'à Michel-Ange Buonarotti, y portèrent le tribut de leurtalent et associèrent leur gloire àcelle de Dominique. L'austère Dante lui-même glorifia les deux fondateurs en les présentant comme les véritables héros de leur siècle (1).
§ 248. — Influence des ordres mendiants ; opposition soulevée contre eux.
Lorsque ces moines, forts de leurs privilèges et plus encore de l'arde'ite foi que leur avaient léguée leurs fondateurs, se mirent à travailler au salut des âmes, on crut d'abord voir l'Église revenir ù sa jeunesse primitive. Une vénération universelle suivait leurs pas (2), Les ordres mendiants devinrent en même temps un des plus fermes appuis de la papauté qui leur avait accordé de grands privilèges ; celui qui leur donnait le plus d'influence était le droit d'enseigner, dont les Dominicains surtout profitèrent avec un grand succès. Ils avaient, en effet, reconnu de bonne heure que le seul moyen de conquérir la considération publique était de s'illustrer par la science et de prendre place dans les universités. Ils obtinrent une chaire à Paris en 1230; bientôt les bons offices de l'évêque et du chancelier leur procurèrent deux chaires de théologie à la place des prêtres séculiers qui les remplissaient avant eux. Les nouveaux titulaires furent les frères Roland et Jean de Saint-Gilles. En même temps, les Franciscains élevèrent des prétentions semblables, et le grand théologien de leur ordre, Alexandre de Haies, fut pourvu de la première chaire de l'université (3). Aux XIIP et XIV^ siècles, les ordres mendiants occupèrent le rang le plus élevé dans la
(1) Dant. Parad. c. XI, v. 38-40.
(2) Malh. Paris ad 1243-1246. Cf. Emm. Roderici nova Collectio privilégier, apost. Regulär, mendicant. et non mendicant. .A ntv., 1G23, in-fol.
(3) Bulœi Hist. univers. Parisiens., t. III, p. 244 sq. et 838 sq. II. 23.