‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 186 sur 280 · LA. SCOL ASTIQUE ET LA MYSTIQUE · texte numérisé non relu

LA. SCOL ASTIQUE ET LA MYSTIQUE

sion d'un sentiment profond qui s'élève, plein d'amour et d'ardeur, vers le Très-Haut avec l'élan de Fenthousiasme ? L'esprit soupire dans Togive des cathédrales comme dans les pages de Thomas à Kempis. Mais sans la scolastique la mystique eût bientôt dégénéré, car elle ne voyait trop souvent qu'un côté des cboses; n'appréciant que la pratique, elle méconnaissait la valeur réelle de la science, et tomljait plus facilement et plus fréquemment dans l'erreur que la scolastique. Mais celle-ci, à son tour, avait besoin de la mystique et de sa réaction pour ne point s'écarter tout d'abord de la vie positive. » Elle aussi se trouve comme mat'Srialisée dansles vieilles cathédrales; car ces dômes, construits sur d'inébranlables bases, soutenus par des piHers solides, et dont les arceaux hardis, les sveltes colonnes s'élancent dans les hauteurs de l'espace pour se perdre en ramifications délicates, en figures presque imperceptibles et néanmoins achevées avec un soin exquis, n'est-ce pas l'image du système scolastique, bâti sur le fondement solide et sacré des Écritures, étayé de la parole des Pères, développé par une raison subtile et hardie qui s'élance et se perd en thèses et antithèses, termes et syllogismes, questions et réponses, sections et articles ? L'un et l'autre, l'architecte et le théologien, construisent, avec autant d'art que de science, une onivre complète et grandiose pour glorifier le Seigneur; et pour que l'analogie soit entière, ni l'un ni l'autre n'oublie le moyen païen, que la cathédrale rappelle dans ses innombrables et bizarres figures, dans les mythologiques allégories de ses murs extérieurs, comme la scolastique dans les emprunts qu'elle fait à ces deux grands maîtres de la philosophie antique, aux idées de l'un, à la dialectique de l'autre (1). » C'est pourquoi le véritable théologien réunit en lui deux tendances : la profondeur du sentiment avec la clarté de la conception et la perspicacité de la pensée. Et dans le fait, il en fut ainsi des grands personnages du moyen âge tels principalement que Hugues de Saint-Victoi', Bonavcnture et tant d'autres.

Parmi les hommes qui, les premiers, exprimèrent clairement cette double tendance dans leurs ouvrages, il faut

(1) Slciudenmaicr, Dogmatique chrétienne. Fribourg. 1844, t. I, p. 235.

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