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TENTATIVES POUR ARRETEE

science pour parvenir à la foi. Pulleyn l'exposa avec plus de force que jamais, en s'appuyant sur des considérations théoriques et sur l'autorité traditionnelle des saints Pères, et en employant, ce qui est assez remarquable, la forme syllogistique dans l'exposition des preuves et des objections. Saint Bernard, du reste, vanta lui-même la pureté de son enseignement.

Pierre Lombard marcha d'une manière plus décidée encore dans cette voie. Il était né à Novare en Lombardie, de parents pauvres; mais ses heureuses dispositions portèrent un homme de bien à l'envoyer à Bologne, pour y recevoir une éducation libérale. Plus tard il fut recommandé

saint Bernard, qui le fit placer à l'école de Reims, et il acheva ses études sous Abélard, après s'être spécialement famiharisé avec les Pères de l'Église, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Jérôme et saint Augustin. A son tour il professa la théologie à Paris et y composa le célèbre manuel dogmatique qu'on étudia et commenta pendant des siècles {Libri IV Sententiarum, 1140), et qu'il compare humblement lui-même à l'obole que la veuve jeta dans le trésor du Temple. Tout en marchant sur les traces des Pères, Pierre T.ombard conserva une véritable originalité dans sa méthode d'exposition aussi bien que dans ses recherches, et joignit la plus grande modération à une érudition et une sagacité peu communes (1).

La division de son ouvrage repose sur celle qu'adopta saint Augustin, quand il distingua tous les objets de nos connaissances en deux grandes classes ; les choses et les signes. Les choses se subdivisent elles-mêmes : on jouit des unes, on se sert des autres (/rwz et uti). Les premières nous rendent heureux ; les dernières contribuent à nous faire obtenir le bonheur. Jouir selon Lombard, c'est s'attacher à

(1) Pétri Lombardi Sententiarum libb. IV. Ven., 1477; rec. J. Aleaame. Lovan., 1546; Antv., 1647. Dans les prineipos de divisions indiqués plus haut, il traite: au liv. I", de la Trinité; liv. II, delà création et des rapports de la créature avec Dieu; liv. III, de la rédemption, de la foi, de l'espérance et de la charité ; des sept dons de l'Esprit saint, des vertus et de leurs relations entre elles, du péché; liv. IV, des sacrements et des fins dernières. Pierre montre surtout ses tendances dans le prologue : Quo (zelo domus Dei }einardescente, fulera nostram adversus errores carnalium atque

une chose par amour de soi-même. Les sujets capables de cet attachement sont ou les anges ou les hommes. Se ser- Tir d'un objet, c'est l'employer pour atteindre ce dont on veut jouir. Or, l'être dont nous devons jouir, c'est Dieu, la Trinité ; ce dont nous devons nous servir pour arriver à cette jouissance, c'est le monde. Donc la doctrine se divise naturellement en deux parties : 1° la Trinité, 2" le monde et ses rapports avec Dieu (la théologie et la cosmologie). Les signes ce sont les sacrements (1). Quant à la méthode, il expose l'enseignement de l'Église sur chaque point, l'appuie de passages tirés des saintes Écritures et des Pères de l'Église ; puis il y ajoute quelques pensées, quelques vues plus approfondies sur les objections, les opinions des contemporaine ; et résout enfin les questions par l'autorité, celle de saint Augustin surtout, et par des arguments tirés de la raison.

L'opinion publique porta Pierre Lombard à l'évêché de Paris [1159]. Un nombreux parti voulait y voir le prince Philippe, frère du roi de France ; mais, dès que celui-ci entendit parler de Pierre Lombard, il se retira respectueusement des rangs. Le nouvel é\êque conserva si bien sa simplicité, que sa mère, pau^^*e paysanne italienne, lui ayant été présentée dans des vêtements magnifiques. Lombard ne voulut la reconnaître et lui témoigner son respect filial que lorsqu'elle eut repris son costume habituel. A sa mort, en 1164, Hugues, archevêque de Sens, envoya une lettre de condoléance au chapitre de Paris. « J'ai « perdu, disait-il, une partie de mon âme, le bâton de ma

animaliura hominum Davidicfe Uirris clypeis munire, vel potiusmunitam ostendere, ac theologicarara iiiquisitionum abdita aperire, nec non et sacramentorum ecclesiasticorum pro modulo intell igentiee nostrae notiliam tradere studuimns. — Lucernam veritatis in candelabro exaltare volantes, in labore multo ac sudore hoc volumen (Dec pnestante) compegimus, ex testimoniis veritatis in ceternum fundatis, in quatuor libres distinctum. In quo majorum exempla doctrinamque reperies, in quo per dominicEe fidei sinceram professionem I viperese doctrinœ fraudulentiam prodidimus, aditum demonstrandce I veritatis coinplexi, nec, periculo impiae professionis incerti, tempe- ! rato inter utrumquc moderamine utentes. Sicubi vero patrum vox I nostra insonuit, non a paternis discessit limitibus. » Pour un résumé I de tout l'ouvrage, voyez Raumer, t. VI, p. 251-278. {1} Cf. lib. I, diitinctio i.

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