TRANSLATION DU SAIXT-SIÉGE A AVIGNON, ETC
le pape [1309] avait confirmé dans la royauté deNaples. Clément voulut mettre fin à cette lutte en exhortant les deux princes à lui obéir. L'empereur lui répondit fièrement qu'il était le protecteur de l'Église, mais qu'il ne tenait d'elle aucun fief, et qu'ainsi il ne dépendait pas, comme le roi de Nalples, du Saint-Siège pour le temporel, Henri dépassa dès lors toutes les bornes de son pouvoir en prononçant contre Robert un arrêt de bannissement et de mort. Il mourut lui-même peu de temps après [24 août 1313]. Pressé d'un autre côté par les exigences du roi Philippe qui poursuivait à la fois la mémoire de Boniface VIII et l'ordre des Temphers, Clément convoqua, par la bulle Regnans in cœlis, à Vienne
le quinzième Concile œcuménique,
où S6 réunirent cent quatorze archevêques et êvêques [16 octobre 1311 — 6 mai 1312 (1). Le pontife refusa de flétrir la mémoire de Boniface comme entachée d'hérésie, mais il fut obhgé d'abandonner les Templiers à Philippe (2) (voyez
(1) Voyez l'introduction à ce concile dans la bulle du 27 avril 1311, apudRaynald. ad an. 1311, n''26sq. Les actes sont dans Mansi, t. XXV, p. 367-426; Hai-duin, t. VII, p. 1321-61.
(2) Voyez la bulle de suppression dans Mansi, t. XXV, p. 389 sq.; Harduin, t. VII, p. 1340 sq. Le pape dit : « Ordiuis statum, habitum atque nomen, non sine cordis araaritudine et dolore, et sacro approbante concilio, non per modum definitse sententiae, quum eam super hoc, secundum inquisitiones et processus super his habitos, non possemus ferre de jure, sed per viam provisionis seu ordinationis apostolicce, irrefragabili ac perpétue valitura sustulimus sanctione, ipsum prohibitioni perpetuae supponentes, etc., etc. » Les contemporains attribuèrent la suppression à la cupidité (/. Bulœi, Hist. univ. Paris., t. IV, p. HO); elle fut aussi considérée comme injuste par le elU'oniqueur Antonius Florent, [-f- 145&] dans Raynald. ad an. 1307, n» 12, et Tfitheinius [-f 1517]. P. Dupuy, Hist. de la condamnation des Templiers. Paris, 1650, in-4. Brux. 1751, in-4. Raynouard, Monuments historiques relatifs à la condamnation des chevaliers du Temple, etc. Paris, 1813. Hammer-Purgstall, Mysterium Baphometis (nom d'un symbole des Templiers) revelatum, seu fratres militise Tempil. Viennre, 1818. Raynouard répondit à cet écrit, dans le journal des Savants, 1819, ainsi que Sylvestre de Sacy. Mais les nouvelles sources françaises auxquelles on a puisé de nos jours ne sont pas favorables à l'ordre. Cf. Theiner, dans la Revue trim. de Tubin-