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S.V LUTTE AVEC LOUIS DE BAVIERE

pontife avait accordé le délai; mais lorsque Louis, d'un ton arrogant, s'emporta jusqu'à l'accuser de protéger l'hérésie, Jean l'excommunia, et cette mesure fut suivie de l'interdit [1" octobre 1324]. Dans sa colère, le prince se promit de suivre les traces de Henri IV et de Pilippe le Bel, et publia un mémoire où il traita le soi-disant pape Jean d'ennemi de la paix et de fauteur des troubles qui désolaient l'Allemagne et l'Italie. Il s'ensuivit de part et d'autre une ardente polémique (1 ), qui prouva bientôt à tous les yeux que la politique arbitraire, quelquefois injuste suivie par les derniers papes, mais surtout leur partialité en faveur de la France, avait porté un grand coup à la considération du Saint-Siège, et excité à son égard, dans toute la chrétienté, des sentiments d'indifférence et de méfiance.

Parmi les ennemis du pape, il faut compter les docteurs de l'université de Paris, Marsilius de l?SLäo\ie{de Baymundinis), mort en 1328; Jean deJandun [-j- après 1338], qui subirent vraisemblablement tous deux l'influence des Minimes du parti rigoriste {spiri(uales); Ubertino de Casai, Hangenœr d'Augsbourg, secrétaire intime de l'empereur; le cé-

(1) Lamauvai.se disposition à l'égard des deux pouvoirs, jusqu'alors réunis, se montre déjà dans Dante, Purgator. cant. XVI, v. 106-129; jEjidim de Columna [archevêque de Bourges, -f 1316], De potestate récria et pontificia; Joannes de Parrhisiis [Dominicain, -f- 1304], De potestate regia et papali (Goldasti Monarchia S. Rom. imp. Francof., 1611 sq. 3 vol. in-fol. t. II, p. 96 et 108). Bientôt on poussa jusqu'aux plus extrêmes conséquences la doctrine de la monarchie universelle de l'empereur, et Henri VII ne craignit pas de poser le principe suivant dans un concile tenu à Pise, 1312 : Divinis prfeceptis jubetur quod omnis anima Romanorum principi sit subjecta. » Dans la controverse qui s'éleva dès lors, on peut compter pour l'empereur : Marsilius Paduan. et Joannes de Janduno, dans leur écrit : Defensor pacis, et de translatione imperii tract. Guill. Occam, Disputatio de potestate ecclesiastica et sœculari; Quœstionum decisiones super potestate etdignitate surnmi pontificis; De jurisdictione imperatoris in causis matrimonialibus. Lupoldi de Babenberg. Tractatus de juribus regniet imperii, ad Balduinum, archiep. Trevir. {Schardii Syntagma tractatuum de jurisdictione irnperiali. Basil., 1566; Argent., 1609 in-fol.). Dante, Monarchia (ibid.); les autre écrits qui sont dans Goldasius, 1. cit., t. I et II. Cf. aussi Oiidiniis, Comment, de scriptor. ecclesiast. t. III. Pour le pape Aiujuslinus Triumphus, Summa de potestate ecclesiastica, ad Joh. Pap. XXII, Aug. Vind., 1473; Romœ, 1582. Alvarius Pelagius, De planctu Ecclesise, lib. II. Ulmae, 1474; Ven., 1560, in-fol.

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