‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 215 sur 280 · IL · texte numérisé non relu

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478 § 267. — JEAN XXII ; benoît xii; clément vr,

lèbre nominaliste Guillaume Occam [1342], provincial des Minimes, et enfin Lupoid de Bebenberg, évêque de Bamberg, [f 1334], qui fit néanmoins de grands efforts pour ménager parmi les fidèles la foi encore si profonde en la toute-puissance pontificale. Dans l'ouvrage sophistique intitulé Defensor pacis, Marsilius, Jean de Jandun et quelques autres collaborateurs s'égarent déjà jusqu'aux dernières conséquences du calvinisme. Toute l'autorité législative et judiciaire de l'Eglise, disent-ils, réside dans le peuple, qui la confia d'abord au clergé. Les distinctions hiérarchiques ne doivent leur origine qu'à l'ambition de ce dernier : le privilège de primauté n'a été attribué que par convenance extérieure à l'évêque de Rome, par l'autorité du suprême législateur, c'est-à-dire l'assemblée des fidèles, ou de l'empereur, leur représentant. Du reste, ce privilège ne consistait primitivement que dans la faculté de convoquer les conciles généraux. Tous les biens ecclésiastiques appartiennent à l'empereur, qui seul a le droit de punir, et même d'instituer et de déposer le pape. Occam n'alla pas d'abord tout à fait aussi loin ; il s'en tint, en général, aux idées de la Monarchie de Dante [1321], et, fort de l'étude de l'antiquité, il développa la théorie du pouvoir politique opposé au point de vue chrétien. Il attaqua les droits des papes sur les États romains, en soutenant que l'empereur a hérité de l'autorité absolue dont jouissaient les empereurs l'omains sur le monde entier, et que cette puissance dérive immédiatement de Dieu. Occam foule aux pieds toutes les données de l'histoire pour démontrer l'idendité de la dignité du roi des Romains et de celle des anciens empereurs. L'élection, dit-il, transmet, par le fait, et sans le couronnement, un pouvoir illimité et souverain. Occam, voyant sa théorie frappée d'anathème, poussa sa polémique jusqu'à renoncer aux principes catholiques en déniant l'infaillibilité aux conciles œcuméniques. Lupoid de Bamberg, quoique plus raisonnable dans ses opinions, suit encore les mêmes tendances, et, dans son traité De juribus règni et imperii Romanorum, il cherche à prouver l'indépendance de l'empire romain.

De pareilles doctrines sur l'omnipotence impériale durent en faire naître d'oppsées sur celle des pontifes. L'er-

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