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INNOCENT VI

rentra dans Rome au milieu des acclamations générales [1367]. Cependant quelques cardinaux étaient restés à Avignon ; d'autres croyaient aller en exil en revenant dans la cité sainte.

Sur ces entrefaites, Charles IV arriva en Italie et détermina Bai^nabo à accepter les conditions qu'on lui offrait. Un instant les deux puissances parurent sur le point dese rapprocher encore une fois pour le bien général (1) ; on avait même vu Jean Paéologue, l'empereur grec, venu à Rome pour rétablir l'union entre les deux Églises et réclamer du secours contre les Turcs. Mais, après le départ de l'empereur, la position du pape devint de nouveau critique, et la nomination de six cardinaux français [1368] fit derechef prédominer leur influence dans le sacré collège. Ni les supplications et les larmes du pieux Franciscain Pedro, prince d'Aragon ni celles de sainte Brigitte, ne purent empêcher le pontife (2) de revenir à Avignon pour y mourir bientôt, selon la prédiction delà sainte [1370]. Les vertus d'Urbain, qui lui ont mérité la réputation d'un saint, auraient été dignes de temps meilleurs.

Le cardinal Roger, jeune encore et parent de Clément VI, succéda à Urbain, sous le nom de Grrégoire XI. Dix-huit nouveaux cardinaux fiançais signalèrent son avènement et promirent peu de consolation à l'Église. Cependant le soulèvement de Barnabo et de son frère Galéazzo qu'il fallut

(1) Ce fait ressort de la prière faite par Charles au pape suivant de choisir son fils Wenceslas pour roi des Romains : « Qunm autem ad hujusmodi electionis celebrationem nobis vi^entibus procedi non valeat sine vestri beneplacito, assensu, et gratia ac favore, Beatitudini Vestrse reverenter et humiliter supplicaraus, quatenus quum dicti electores dispositi sint de nostro consensu electionem hujusmodi de rege celebrare, prœfato, etc. » Grégoire répond : «Nos super prœmissis saepins cogitavimus et cum fratribus noslris coUationem habuimus diligentem : et licet electio hujusmodi te vivente minime de jure possit aut debeat celebrari, sperantes tamen publicam utilitatcm ex hujusmodi electione et ejus effectu (dante Deo) proventuram, ut electio prœdicta modo prsemisso hac vice duntaxat valeat celebrari, nostrum beneplacitum, assensum, ac favorem et gratiam, auctoritate apostoiica, tenore praesentium impertimur. » Raynald. ad an. 1376, n° 13.

(2) Cf. Brùjitke [f 1373] Revelationum lib. IV, c. J»9-143, éd. et recogn. Joaim. de Turrecremata. Romœ, 1488, I52i,

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